Carnet de bord

Cette section du site est dédiée à l'expérimentation. Nous partagerons avec vous les différents éléments de recherche qui inspirent nos spectacles. Cette page, en constante évolution, sera nourrie régulièrement. Revenez-y souvent!


Inspiration pour l’écriture et la création de la trilogie

Le 30 Septembre 2014 - NTE

Dans les dernières années de sa vie active, mon père, le journaliste Louis Martin, était l’un des rédacteurs du projet télévisuel de Radio-Canada : «Le Canada, une histoire populaire».
Je me souviens d’avoir parler souvent avec lui des prémisses de ce projet : notamment, mon père s’interrogeait sur la façon de traiter l’histoire du continent, mais sans passer par les canaux habituels, en évitant l’historiographie officielle, convenue. Mon père cherchait une façon de raconter de façon concrète l’histoire de cet immense territoire, une forme de récit qui pourrait toucher le public très large de Radio-Canada, tout en restant collée aux faits…

C’est alors qu’il m’a parlé, un soir glacé de novembre dans son bureau à l’étage, l’ancienne chambre qu’un de mes frères et moi avions partagé longtemps; je me souviens qu’il m’a parlé de raconter cette histoire du pays, mais en suivant le fil… des rivières. Il fallait raconter l’histoire du Canada à partir des rivières, disait-il; oui : leur occupation, leur aménagement, leur situation géopolitique. Tout devait pouvoir s’expliquer à travers les cours d’eau, ces voies royales de pénétration dans un pays neuf… du moins pour les Européens ! Plus tard arriveraient le chemin de fer et l’automobile, mais à cette étape, je compris qu’il envisageait une exploration géophysique, un récit inspiré par la géographie comme point de vue déterminant, principal, de l’œuvre.

C’est un peu cette optique que nous avons choisi, Daniel et moi, pour construire la trilogie de «L’histoire révélée du Canada français 1608-1998».
Le premier volet s’articule autour du chauffage (le climat) ; le deuxième comprend les rivières (les voies d’échanges) et le troisième l’alimentation (le corps et le sang). Bien sûr, il ne s’agit jamais d’inventaire ou de parcours exhaustif ; il s’agit au contraire de stimuler l’imagination et la pensée métaphorique, associative. Le spectateur n’est pas convié à une dégustation encyclopédique mais à une élucubration, une fabulation inspirée par un thème précis, où faits avérés, « historiques », et développements intempestifs se mêlent dans un ballet imprévisible !

Alexis MARTIN


Entrez dans les coulisses de la trilogie

Le 9 Juin 2014 - NTE


La trilogie… aucun répit pendant les pauses !

Le 2 Juin 2014 - NTE


Une présence scénique incroyable… un magnétisme fou !

Le 21 Mai 2014 - NTE

Pour ses nombreux admirateurs, voici quelques secrets sur Shaddy, la chienne qui accompagne les acteurs de la trilogie depuis le tout premier volet.


Shaddy
est une Labrador/bracque âgée de 7-8 ans.
Pierre-Antoine Lasnier, comédien dans la trilogie, est son troisième maître à vie. On ignore ce que sont devenus ses deux premiers maîtres et l’on s’inquiète un peu pour Pierre-Antoine…  Blague à part, Shaddy est une grande pacifique. Plus joueuse que chasseuse, elle n’a jamais fait de mal à un chat, ni même à un écureuil.

L’hiver dernier, elle s’est perdue pendant toute une nuit près du Mont-Royal.D’aucuns l’auraient aperçu monter les marches de l’Oratoire… Elle a finalement été retrouvée, saine et sauve, sur le paillasson d’un 2e étage, chemin Queen Mary.

Ses parcs préférés : le Mont-Royal bien sûr, et le parc Lafontaine (sans laisse).
Son met favori : peau de saumon, bio ou pas, selon le portefeuille du maître.

Shaddy adore venir travailler au théâtre.
Au départ, elle a eu maille à partir avec Luc Guérin (male alpha?) lors des répétitions du spectacle « Invention du chauffage… ».  Par contre, elle s’est très rapidement entichée de Jacques L’Heureux, grand complice du NTE.  François Papineau peut aussi se targuer d’avoir un fort ascendant sur Shaddy, même si Alexis Martin la courtise continuellement. Quant à Steve Laplante, il est, parait-il, un peu blessé par l’indépendance de Shaddy. Domique Pétin, qui se méfiait des chiens depuis sa tendre enfance à cause d’une expérience traumatisante, est tombée sous le charme de Shaddy : « une chienne loyale, docile, sensible et intelligente, qui m’a donné envie d’adopter Baptiste, un Border Collie vif et brillant avec lequel je partage maintenant mon quotidien ».

Voilà pour la petite histoire.
Longue vie à Shaddy !


Histoire: un théâtre de l’oubli et de la mémoire

Le 26 Mars 2013 - NTE

Dans tout récit national, Mémoire et Oubli entretiennent une relation complexe, qui varie au fil des ans, des générations et des événements : des faits tombent dans l’oubli, d’autres sont rappelés à la conscience, dans un ballet incessant, trouble et difficile à décrypter. L’on sait bien que l’histoire nationale est instrumentalisée chaque jour, à la veille de chaque décision importante, rappelée cavalièrement ou discrètement ignorée, que l’on y trouve des exemples inspirants ou encore des dettes impayées, des crimes occultés et des espoirs déçus. Chez nous, au Québec, notre rapport à l’histoire semble marqué par une forme de nonchalance, pour ne pas dire d’indifférence, de sorte que le théâtre québécois a, sauf exception, peu traité de sujets qui puisent leur matière dans le matériau historique national. Prophylaxie involontaire de la part d’un peuple vaincu une fois de trop?

Le philosophe allemand F. Nietzsche nous dit bien, dans sa Seconde Considération inactuelle, que l’oubli est essentiel à la santé, celle d’un individu comme celle d’un peuple : en effet, quel intolérable régime serait celui de vivre dans une espèce d’hypermnésie, incapable de dormir, de respirer, de s’affranchir du poids du passé; de sorte qu’en effet, le passé peut, d’une certaine façon, devenir le « fossoyeur du présent », s’il contamine toutes les sphères de notre conscience et de notre identité. On a vu tant de guerres récentes où une mémoire exacerbée, furieuse, sans repos, peut devenir un terrible instrument entre les mains de fanatiques. Pour reprendre la belle formule du philosophe Héraclite et qui recoupe notre thème de ce soir (les cours d’eau), il y a danger de « perdre pied dans la rivière de l’histoire ».

Pourtant, le diagnostic se complexifie toujours chez Nietzsche : en effet, un oubli inconsidéré, aliénant, sans nuance, n’est pas, non plus, la Santé! Un peuple doit se souvenir de ses bonnes comme de ses moins bonnes aventures; en fait, le philosophe nous dit qu’il faut apprendre à voir le passé et ses événements sous l’angle historique, c’est-à-dire, si je ne m’abuse, comprendre en quoi certains événements ont été décisifs dans la formation de la conscience ou du caractère d’un groupe donné. Mais quel est donc le critère fondateur d’une telle recherche?

Notre interprétation du passé, notre réitération dans les forêts denses des choses enfuies, sur quel impératif doit-elle se fonder pour ne pas devenir vaine interrogation ou même instrumentalisation mesquine en vue de glorifier un parti ou l’autre, un groupe ou un autre? Ici, le philosophe nous donne une réponse à la fois lumineuse et lourde de sens :
« C’est seulement quand il peut utiliser l’histoire et le passé au service de la Vie, que l’homme devient homme. »
Non seulement l’histoire et son interprétation doivent-elles mener à l’amour de la Vie, mais de surcroît l’accomplissement de ce qu’il y a de plus humain en nous serait lié à notre rapport au passé… Ouf! Lourd programme! Essayons ensemble, ce soir, de ne pas décevoir Monsieur Nietzsche, et de comprendre un peu mieux ce qu’il veut nous dire et ce vers quoi il fait signe.

Alexis MARTIN
(texte publié dans le programme de la pièce “Les chemins qui marchent”)

Photo du spectacle: Gilbert Duclos


Extraits du spectacle « Les chemins qui marchent »

Le 5 Mars 2013 - NTE


Vidéo “Les chemins qui marchent”

Le 14 Février 2013 - NTE


Papiers perdus… retrouvés

Le 11 Décembre 2012 - NTE

Voici une collection de feuilles volantes, qui sont le reposoir de notes, pensées, lubies de l’écrivain au cours de son travail d’élaboration de la trilogie sur l’histoire du Canada français. Des notes adressées à lui-même, comme si l’Autre qui est l’œuvre, tendait l’oreille et exigeait des éclaircissements

Alexis Martin

 


Alexis Martin partage sa bibliographie pour “Les Chemins qui marchent”

Le 23 Octobre 2012 - NTE

Pour écrire ce deuxième volet de l’Histoire révélée du Canada français, Les Chemins qui marchent, j’ai eu recours à une multitude de sources historiographiques.  J’aimerais, comme je le fis pour la pièce précédente, Invention du chauffage central en Nouvelle France, vous tracer une liste des titres importants qui ont meublé ma recherche :

Je ne saurais dire à quel point la maison d’édition Septentrion, a été une source profuse d’informations, oui, il y a là un trésor de mémoire dont tous les Québécois(es) devraient être fier(e)s !

L’on verra en consultant cette liste partielle des ouvrages consultés pour la confection de la pièce Les Chemins qui marchent, qu’il y a, à la fois un fil, (ténu par moment c’est vrai man !…), et une grande tentation centripète, comme si le dramaturge engagé dans son travail de synthèse historique était lui-même happé par l’extraordinaire variété de lumières et de tons qui s’offrent à lui en parcourant la matière hétérogène de l’Histoire. Cette tension entre le centre de gravité et la prolixité de cette même histoire, le fait qu’elle soit la même et jamais semblable, cette liste bibliographique en donne un aperçu ! Un jeu de saute-mouton mental incroyable, super trippant, et comme dit le philosophe, la tâche de la pensée, (et du dramaturge !), n’est-elle pas de relier des singularités apparemment sans lien, et de créer un nouvel aspect du monde et les attachant l’une à l’autre ?

– Alexis Martin

Liste des ouvrages :

Empire et métissages, Gilles Havard, Septentrion, Sillery 2003.

Relations des Jésuites 1611-1636, Tome 1, Éditions du Jour, Montréal 1972.

Les Voyageurs d’autrefois sur la Côte-du-Sud, Gaston Deschênes, Septentrion, Sillery 2001.

Le Saint-Laurent, Jean-Claude Lasserre, Hurtubise, Montréal 1980.

Croyances et rituels chez les Innus 1603-1650, Jean-Louis Fontaine, GID, Québec 2006.

La forêt vive, Rémi Savard, Boréal, Montréal 2004.

Carcajou et le sens du monde, Rémi Savard, BNQ, Montréal 1971.

Les transformations du paysage et de la société au Québec sous le régime seigneurial, Colin M. Coates, Septentrion, Sillery 2003.

Maisonneuve, Pierre Benoît, Éditions Mame, Tours 1960.

Critique et Clinique, Gilles Deleuze, Éditions de Minuit, Paris, 1993.

Frontenac, W.J. Eccles, HMH, Montréal, 1962.

Champlain’s dream, D.H. Fischer, Vintage Canada, Toronto, 2008.

La civilisation de la Nouvelle-France 1713-1744, Guy Frégault, Fides, Montréal 1969.

Écrits en Huronie, Jean de Brébeuf, Leméac, Montréal, 1993.

La paix de la foi, Nicolas de Cues, Téqui éd., Paris 2008.

Au secours de l’Amérique française, S. de Champlain, Septentrion, Sillery 2011.

Voyages en Nouvelle-France, S. de Champlain, Cosmopole, Paris 2001.

Louis Jolliet, Véronique Larin, XYZ, Montréal, 2002.

Chronologie du Québec, Jean Provencher, Boreéal éditeurs, Montréal, 2008.

Voyages du père Marquette

Iroquoisie, T. III et IV, Léo-Paul Desrosiers, Septentrion, Sillery.

L’Eau et les Rêves, Gaston Bachelard, José Corti, Paris 1942.

Les Innus et le territoire, Jean-Paul Lacasse, Septentrion, Sillery 2004.

Jugement du Juge Albert H. Malouf dans la cause des Cris contre le gouvernement du Québec, Cour supérieure du Québec, Montréal 1973.

Les Rébellions de 1837-1838, Jean-Paul Bernard, Boréal, Montréal 1983.

Les Réformistes, Éric Bédard, Boréal, Montréal 200…

Confessions d’un mangeur d’opium anglais, Thomas de Quincey, Gallimard, Paris 1990.

Anthologie de la poésie chinoise classique, NRF, Gallimard, sous la direction de Paul Demiéville, Paris, 1962.

Histoires extraordinaires, E. A. Poe, traduction C. Baudelaire, Gallimard, Paris, 1973.

Strangers devour our land, Boyce Richardson, MacMillan Canada, 1975.

Histoire sociale des idées au Québec, Yvan Lamonde, Fides, Montréal, 2000.

Commission royale d’enquête chargée d’enquêter sur les événements qui se sont produits à Arvida, P.Q. en juillet 1941, Imprimeur du roi, Ottawa, 1941.

Le trust de l’aluminium et Arvida, par Burton Ledoux, traduit de l’anglais, L’Action nationale, Montréal, 1943.

Epigenetics, How environment shapes our genes, R. C. Francis, Norton, new York, 2011.

Communauté et société, F. Tönnies, PUF, Paris, 2010.

L.-J. Papineau, un demi siècle de combats, choix de textes Yvan Lamonde et Claude Larin, Fides, Montréal, 1998.

Henri Bourassa, Robert Rumilly, éditions Chanteclerc, Montréal, 1953.

Deux voyages sur le St Maurice, Napoléon Caron, Septentrion, Sillery, 2000.

William Price, Louise Dechêne, Université Laval, Québec, 1964

*Photo Alexis Martin  ©Michel Ostaszewski


Les chemins qui marchent: la bande-annonce

Le 17 Octobre 2012 - NTE