Carnet de bord

Cette section du site est dédiée à l'expérimentation. Nous partagerons avec vous les différents éléments de recherche qui inspirent nos spectacles. Cette page, en constante évolution, sera nourrie régulièrement. Revenez-y souvent!


«Camillien Houde, le p’tit gars de Sainte-Marie»

Le 5 Juin 2017 - NTE

Espace Libre et le Le Nouveau Théâtre Expérimental vous convient à la rencontre avec un personnage politique plus grand que nature, «Camillien Houde, le p’tit gars de Sainte-Marie», un spectacle présenté en collaboration avec Voies culturelles des faubourgs, à l’occasion des festivités du 375e de Montréal 2017.


Bibliographie commentée d’EXTRAMOYEN par Pierre Lefebvre

Le 6 Mars 2017 - NTE

La classe moyenne: un sujet d’actualité et d’intérêt!
Pierre Lefebvre, co-auteur de la pièce Extramoyen, propose et commente quelques ouvrages qui ont inspiré son processus d’écriture. 

Bandeau Bibliographie

*La fabrique de l’homme endetté
Maurizio Lazzarato, Éd. Amsterdam, Paris, 2011

« Le crédit n’est pas seulement une mesure économique. C’est aussi un instrument de contrôle politique et social. Lazzarato nous explique, comme pas un, comment la dette module nos façons d’être et de voir le monde.»

*Les cols blancs, Essai sur les classes moyennes américaines
Charles Wright-Mills, Éditions François Maspero, 1970

« C’est LE livre sur la classe moyenne. Mills a tout vu et anticipé avant tout le monde. C’est d’autant plus étonnant que cet ouvrage a été écrit au début des années cinquante, alors que la classe moyenne contemporaine commençait tout juste à prendre son essor.»

*Que faire des classes moyennes?
Nathalie Quintane, Ed. P.O.L, Paris, 2016

« Le dernier livre de Nathalie Quintane est tour à tour tendre et violent envers la classe moyenne. Entre l’enquête et la réflexion, l’écrivaine française pose une terrible question : Et si la classe moyenne était le seul véritable ennemi de la démocratie.»

*Revue Liberté, N° 302 | Hiver 2014

« L’une des bizarreries de la classe moyenne est qu’elle est désormais le seul groupe dans notre société à être encore qualifié de « classe ». Les riches et les pauvres, pour leurs parts, ne sont plus que des riches et des pauvres. La notion de classe est-elle encore pertinente pour comprendre notre société ? La société sans classe est-elle à nos portes ? Ce numéro de Liberté fait le tour de la question. À noter tout particulièrement, le texte de Julia Posca qui dépeint la classe moyenne comme une avant-garde malgré elle. »
À lire ici :

http://www.revueliberte.ca/ content/grandeur-et-misere- dune-avant-garde-involontaire

 


Visionnez la réclame vidéo d’EXTRAMOYEN !

Le - NTE

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Coin Fullum et Parthenais devient EXTRAMOYEN… Pourquoi ?

Le 5 Décembre 2016 - NTE

À l’origine, EXTRAMOYEN, splendeur et misère de la classe moyenne devait s’appeler Coin Fullum et Parthenais… Qu’est-ce qui a bien pu pousser les créateurs du NTE à changer le titre de ce nouveau spectacle? Pour mieux comprendre ce coup de théâtre, on vous invite à lire l’allocution prononcée par Alexis Martin lors du lancement de saison du 22 août dernier:

« Dans toute création, il y a des moments de bascule importants ; avons-nous le bon sujet? Si oui, avons nous trouvé la meilleure forme pour l’exprimer? Si non, comment redresser la barre et préciser l’horizon formel et dramatique dans lequel notre sujet se déploierait le plus efficacement possible…C’est l’un de ces moments « pivotal » qui est tombé sur le spectacle Coin Fullum et Parthenais. Alors que j’étais au chalet prêté par un ami qui fait beaucoup de télévision, j’ai été en proie au doute, ce doute, disait Robet Gravel, que s’il ne te tue pas, il te rend plus… dans la « marde ». Mais… ne dit-on pas « Marde ! », au théâtre, quand on souhaite la meilleure des chances???

Pierre Lefebvre, Daniel Brière et moi voulons parler de la « classe moyenne », cette expression qu’on emploie sur toutes les tribunes, qui sert à désigner la majorité de la population, mais dont au fond, on a jamais de définition très satisfaisante. Cette classe moyenne dont on prédit la disparition prochaine. Disparition qui paverait la voie à l’apocalypse sociale dont parle le Lévitique 21 :1.

On voulait créer une fiction qui se déploierait ici, dans le quartier Ste-Marie ; une fiction qui met en scène des enfants de la classe moyenne qui reviennent aux racines ouvrières de leurs grands-parents. L’idée faisait son chemin, tranquillement, la scénarisation se « capillarisait » au bon rythme, quand soudain, des éclairs de lucidité nous ont réveillé en pleine nuit : parlons-nous vraiment de notre sujet de la bonne façon?

La réponse : non! Il faut changer l’horizon dramaturgique. On est au théâtre expérimental, jouons le jeu ! Le sujet reste le même, mais la gangue qu’il le sertit s’affine et devient plus transparente ; on plonge au cœur du sujet même, on en fait un objet de recherche sociologique ludique, on ne fafouine plus… on score!

Coin Fullum et Parthenais devient désormais EXTRAMOYEN, splendeur et misère de la classe moyenne. Le libellé fait foi du contenu ; What you see is what you get… »!

– Alexis Martin


Extramoyen: entretien avec Alexis Martin et Pierre Lefebvre

Le 28 Novembre 2016 - NTE

Alexis Martin et Pierre Lefebvre, les deux auteurs d’ Extramoyen, splendeur et misère de la classe moyenne , témoignent de leurs collaborations précédentes et des enjeux de cette nouvelle création. En prime, Alexis nous offre un extrait du livre Les confessions d’un cassé que Pierre a publié en 2015.


Entretien avec Alexis Martin au sujet de « Sounjata »

Le 20 Septembre 2016 - NTE

Entretien avec Alexis Martin

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© Karine St-Arnaud

Q. Comment est né le projet d’une pièce créée en collaboration avec des Africains ? Est-ce dans la continuité de l’ouverture du Nouveau Théâtre Expérimental aux différentes communautés culturelles?
« C’est le directeur du festival de théâtre de rue de Marrakech, Khalid Tamer, qui m’a invité et fait connaître le travail du marionnettiste Yaya Coulibaly, pour ensuite me proposer de faire un spectacle en commun. C’est un projet motivé par la découverte d’une altérité qu’on ne voit pas souvent ici, car les Africains sont vraiment peu présents sur nos scènes ! C’est un peu la mission du NTE d’aller vers des territoires moins explorés et de travailler avec des gens qui ont un autre bagage théâtral. Le spectacle raconte donc l’histoire de Sounjata, fondateur de l’Empire du Mali, mais c’est aussi un prétexte pour provoquer un dialogue entre deux cultures. Ainsi, on compare des notions comme l’accueil et l’hospitalité, qui existent en miroir dans le mythe de Sounjata. »

Q. Pouvez-vous nous parler un peu du mythe de Sounjata?
« C’est un poème épique, une épopée de libération qui se déroule au XIIIe siècle, lorsque Sounjata abolit l’esclavage (qui existait bien avant les Européens !). Il fait une déclaration, cinq siècles avant les États-Unis, comparable à une charte des droits et libertés : le « Serment des chasseurs du Manding ». Au fond, c’est une façon de dire que l’Afrique a une histoire qu’on ne connaît pas, qu’il y a là une société complexe au plan social. Sounjata, c’est une histoire archi-connue pour les Maliens alors que nous ne connaissons même pas son existence. Sounjata nous rejoint pourtant de façon troublante. Il naît paralytique, alors que Jésus est un nouveau-né sans défense. Par contre, Sounjata devient roi et triomphe politiquement, contrairement à Jésus. Ce que je trouve beau dans ce mythe, c’est que le méchant, Sumanguru, ne meurt pas. Il fait partie de l’équilibre, il exerce une pression sur les autres, les triomphateurs, et devient un contre-pouvoir essentiel. »

Q. L’histoire de ce roi né paralytique dont personne ne veut, renvoie à un enjeu majeur du monde dans lequel on vit, confronté aux migrations de populations et à l’intégration des étrangers?
« En effet, on n’accepte pas le fait qu’accueillir l’étranger comporte un risque. Nous vivons dans des sociétés qui n’acceptent plus le risque, preuve en est l’essor de l’industrie de l’assurance et les fantasmes de cryogénisation ! Les gens veulent être accueillants mais sans que ça les dérange. Ça va bientôt devenir l’enjeu majeur de notre monde, parce qu’il y aura beaucoup de déplacements de populations avec les changements climatiques. »

Q. La pièce raconte le voyage de deux agronomes québécois qui débarquent au Mali et vivent un choc culturel qui les confronte à eux-mêmes. On peut dire que c’est une pièce sur l’altérité?
« En effet, le voyage est toujours un révélateur, surtout pour les couples, parce qu’il nous plonge soudain en-dehors de notre zone de confort et jette un nouvel éclairage sur nos gestes, actions et réflexions. Je me sers de ça pour essayer de faire éclater la perception que le couple a de lui-même et des autres, en m’inspirant de mes propres préjugés. Il y a le cliché des Occidentaux qui arrivent en Afrique bardés de médicaments, ce qui fait rigoler les Africains, mais ce sont surtout deux conceptions de la vie humaine qui se heurtent, deux attitudes par rapport à la maladie et la mort, au destin humain. À Bamako, j’ai rencontré un pharmacien diplômé de l’université de Grenoble croyant à la chiromancie, à la numérologie et à la géomancie animiste. Il a dressé tout un profil de ma vie, dont je ne révélerai pas ici les contours… j’ai droit à ma vie privée!
À l’inverse des Africains, notre pensée mythologique est dévitalisée, notre imaginaire est plutôt inspiré par la rationalité technoscientifique et le progrès. Ceci dit, il y a encore une frange importante de la population nord-américaine qui vit de foi et de rituels. »

Q. Le couple québécois sera initié à la légende malienne. La pièce raconte une initiation?

« À travers la rencontre de l’autre et en participant à la représentation du mythe, le couple se trouve en effet à s’impliquer dans le récit. Sounjata, roi libérateur, suscite une réflexion sur le couple comme prison plus ou moins tolérable selon qu’on est plus ou moins capable de communiquer et de reconnaître ce fait-là, sans faire semblant que c’est un épanouissement sans heurt. Ils sont aussi confrontés à leur incapacité à sortir de l’anecdote, du donné immédiat pour entrer dans un temps autre. On s’y raccroche comme si on n’était plus capable de voir la dimension symbolique des choses. »

Q. Manquons-nous de symbolisme dans notre société?
« Oui, je pense qu’on est dans une dictature de la réalité, une réalité des processus de liquidation du monde, de sa « mise en marché » globale et sous l’égide d’un « progrès indéfini ». Notre temps est vide et homogène, menant toujours vers un progrès, mais lequel? C’est notre mythe, notre croyance. Comment définir le progrès humain? Je crois que la force du symbolisme nous échappe. C’est d’ailleurs pourquoi la culture est souvent considérée comme un produit de consommation comme un autre : parce qu’on nie le fait qu’il y ait autre chose que la réalité immédiate. La culture, c’est l’humain qui transforme la réalité pour en faire autre chose. C’est la force du négatif, une force de révolte envers le donné qui imprime du sens aux choses et au devenir. »

Q. La pièce rassemble des artistes québécois et maliens. Comment se sont intégrées les deux équipes?
« Nous travaillons dans un climat très bon enfant et il y a une bonne communication dans l’équipe. On joue deux Canadiens qui débarquent en Afrique, ce qui donne lieu à une rencontre où l’on essaie de construire quelque chose ensemble. Yaya Coulibaly montre aux autres comment manipuler les marionnettes et l’on entre dans une forme d’apprentissage désinvolte. C’est amusant parce qu’on joue avec la maladresse. On ne fait pas semblant d’être expert. Les Maliens dirigent les mouvements de marionnettes, avec la participation de Karine St-Arnaud qui est marionnettiste, et moi je modifie beaucoup le texte en rajoutant des trucs dans leur langue. Ça été un travail d’atelier pour lequel on a eu peu de temps. Il faut dire que les canaux entre l’Afrique noire et le Canada ne sont pas très développés, c’est le moins qu’on puisse dire ! »

Propos recueillis par Elsa Pépin, été 2016

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Alexis Martin, en résidence de création pour «Sounjata» à Marrakech, septembre 2016 © Karine St-Arnaud


L’équipe de « Sounjata »

Le 16 Septembre 2016 - NTE

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Alexis Martin, co-concepteur du projet, auteur et metteur en scène (Montréal).
Alexis Martin est un comédien, metteur en scène et auteur de théâtre, issu du Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Il a écrit plus de vingt-cinq textes originaux et joué dans plus de 45 productions. Il est le codirecteur artistique du Nouveau Théâtre Expérimental avec Daniel Brière. L’Afrique lui est tombée dans l’œil en 2000, lors d’un voyage au Cameroun, pour la présentation du film Un 32 août sur terre, de Denis Villeneuve. Depuis, il n’a cessé de penser à ce continent comme à une sorte de dernière frontière artistique, l’échappée du calendrier ordinaire, le 32e jour du mois qu’on attend en vain depuis si longtemps, mais qui est là, pourtant, au bout du cœur!

Yaya Coulibaly : co-concepteur du projet et marionnettiste (Mali).
Yaya Coulibaly est le dépositaire et le passeur d’une tradition de marionnettistes qui remonte au XIe siècle. Il a grandi dans une famille où l’on fabrique des marionnettes de père en fils. Après des études à l’Institut National des Arts (INA) de Bamako puis à l’Institut de la Marionnette en France, il forme, en 1980, la compagnie Sogolon pour promouvoir le théâtre de marionnettes d’influence Bamana, Somono et Bozo. Depuis, il est devenu le gardien de la tradition Bambara, la plus vieille et la plus riche d’Afrique, tradition qu’il fait découvrir au monde entier grâce aux tournées de sa compagnie.

Khalid Tamer, directeur artistique du projet (Maroc).
Danseur et chorégraphe de formation, Khalid Tamer est aussi un metteur en scène et un créateur dynamique qui a mis sur pied plusieurs organismes artistiques. En 1998, il crée la compagnie Graines de soleil et en 2004, le Festival au Féminin, un festival multidisciplinaire tournant autour de la créativité artistique féminine et de la diversité culturelle. Il dirige également le Collectif Éclats de Lune, créé en 2005 par des artistes français et marocains. Éclats de Lune produit des spectacles, organise des formations, accompagne des projets culturels innovants qui visent à nourrir la création contemporaine marocaine et africaine. En 2007, il crée le projet qui réunit l’ensemble de sa démarche : Les Rencontres Artistiques Internationales en Places Publiques Awaln’art.

Habib Dembélé, interprète (Mali).
Habib Dembélé dit « Guimba National » est un comédien, écrivain et humoriste malien. Après des études à l’Institut National des Arts à Bamako (INA), il devient porte-parole de la Jeunesse Francophone, en 1985, en Côte d’Ivoire. De 1986 à 1987, il travaille au Kotéba national, une troupe de théâtre publique au Mali. En 1992, il crée une compagnie privée, la Compagnie Gouakoulou avec Ousmane Sow et Michel Sangaré, puis crée sa propre compagnie, Guimba national, en 1997. Il est aussi membre fondateur, avec Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Sotigui Kouyaté, de la compagnie Le Mandeka Théâtre, une structure de promotion et de création littéraire et artistique. En 2005, il entame une collaboration active avec le Théâtre des Bouffes du Nord et Peter Brook. Il participe à deux spectacles majeurs : Tierno Bokar et Sizwe Banzi est mort. Ce dernier spectacle a été présenté plus de 600 fois à travers le monde entier.

Karine St-Arnaud, interprète (Montréal).
Comédienne diplômée du Collège Lionel-Groulx, marionnettiste, Karine St-Arnaud signe également des mises en scène et agit en tant que directrice artistique du Théâtre sous la main. Elle a participé à plus d’une quarantaine de productions montréalaises dont: D pour Dieu ? de Simon Boudreault (Théâtre d’Aujourd’hui et Ateliers Jean-Brillant), Unity 1918, mise en scène de Claude Poissant (Espace go et Denise-Pelletier), La voix humaine 9, mise en scène de Stéphane St-Jean (Théâtre Lachapelle), Paul Flou, de Karine St-Arnaud (salle Claude-Léveillé de la Place des Arts), puis en tournée au pays, avec entres autres, le Théâtre PàP, le Théâtre Motus, le Théâtre sous la main, le Théâtre des petites âmes, Voltage création et Vis Motrix. Pour le quintette à vent Pentaèdre, elle conçoit, met en scène et interprète deux contes musicaux illustrés en marionnettes : Les aventures de Pinocchio et Max et les Ogres, tous deux finalistes aux Prix Opus dans la catégorie Concert jeunesse de l’année. Prochainement, on pourra aussi la voir, entre autres, dans Le Banc à manivelle de David Magny et Karine St-Arnaud et dans Mémoire de Lou de l’Avant-Pays

Steve Laplante, interprète (Mntréal).
Steve Laplante est formé en interprétation à l’École nationale de théâtre du Canada. Dès sa sortie, il est engagé coup sur coup par Wajdi Mouawad et obtient le prix OFQJ-Rideau pour son interprétation dans Littoral. Par la suite, il a joué sous la direction de plusieurs grands metteurs en scène, dont Claude Poissant, Frédéric Blanchette, Daniel Brière et Yves Desgagnés. Il a également participé à quatre productions de la Manufacture, dont Coma Unplugged, par Denis Bernard, qui lui vaut une nomination aux Masques. Au cinéma, il a, entre autres, interprété le personnage principal dans l’adaptation cinématographique de Littoral de Wajdi Mouawad. Aussi auteur, l’Académie québécoise du théâtre a attribué à sa pièce Entre deux le Masque de la meilleure production de théâtre privé. Sa pièce Le long de la principale, publiée chez Dramaturges Éditeurs, a été présentée en lecture au Théâtre du Rond Point à Paris et au Centre National Dramatique des Alpes à Grenoble.

Zakariae Heddouchi, concepteur musical et musicien (Maroc).
Diplômé en scénographie de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique de Rabat, Zakariae Heddouchi se spécialise dans le patrimoine musical marocain. En 1999, il fonde le groupe Afouss, qui se distingue par son métissage du répertoire marocain avec d’autres cultures et musiques du monde. En 2001, il rencontre la compagnie Graines de Soleil, avec laquelle il collabore depuis. En 2010, il joue dans Profils Atypiques, mis en scène de Khalid Tamer et Julien Favart. Son expertise musicale l’amène à concevoir la musique de nombreux spectacles de rue et de cirque. Il bénéficie d’ailleurs d’une résidence à la Cité des Arts de Paris, ce qui lui permet de collaborer avec de multiples compagnies œuvrant dans ces disciplines.

Virginie Chevalier, scénographe et conceptrice de costumes (Québec et Maroc).
Formée par le voyage et détentrice d’une formation à l’UQÀM en arts visuels, la plasticienne Virginie Chevalier s’intéresse d’abord à la matière et aux formes. Mêlant sculptures, dentelles, vidéos, ses productions se situent au confluent de la performance et du tableau vivant. Elle est cofondatrice, en 2003, de la coopérative Les ViVaces dont le travail s’appuie sur la transformation des déchets. Elle se joint ensuite au Collectif Éclats de lune en 2008, où elle trouve un espace de prédilection pour poursuivre son dialogue avec la matière, tout en mettant à profit ses talents de scénographe, marionnettiste et costumière sur toutes les créations du collectif.

Étienne Boucher, concepteur d’éclairage (Montréal).
Depuis sa sortie de l’École Nationale de Théâtre du Canada en 1999, Étienne Boucher est très sollicité pour ses conceptions d’éclairage tant pour le théâtre et la danse que pour les comédies musicales et l’opéra. Il a participé à près d’une centaine de productions. Fidèle complice de metteurs en scène tels que René Richard Cyr, Brigitte Haentjens et Martin Faucher, il collabore depuis 2004 avec la compagnie Ex Machina et le metteur en scène Robert Lepage. L’association avec ce dernier a débuté avec La Celestina (Espagne), et s’est poursuivie avec Lipsynch en tournée internationale, The Rake’s Progress (présenté en coproduction à Bruxelles, Lyon, San Francisco, Londres, Madrid et Milan) et Le Rossignol et autres fables (Toronto et festival d’Aix-en-Provence en 2010). Au fil des ans, Étienne Boucher a accumulé de nombreuses accolades, récoltant plusieurs nominations à la Soirée des Masques et réalisant un doublé, en 2007, en recevant le Masque de la conception des éclairages pour Du vent entre les dents et La Dame aux camélias.

Renaud Pettigrew, directeur technique et de production, régisseur (Montréal).
Renaud Pettigrew cumule plus d’une quarantaine de conceptions à son actif. Il collabore aux côtés de plusieurs auteurs et metteurs en scène québécois dont Michel Lefebvre, Phillipe Lambert et Jean-Phillipe Lehoux, Marie Brassard, Alexandre Fecteau et Frédéric Dubois. Très en demande dans le milieu de la tournée, on lui confie la régie d’éclairages d’Ex Machina (887, Lipsynch,Jeux de cartes, La Face cachée de la Lune), de Sibyllines (Woyzeck), du Théâtre d’Aujourd’hui (Belles-Sœurs), du chanteur Pierre Lapointe (Sentiments humains en tournée) et du Festival Juste pour rire (Les Fourberies de Scapin). Plus récemment, il a travaillé sur les productions Coco, présentée à La Petite Licorne, Simone et le whole shebang, à la Salle Fred-Barry et sur le dernier spectacle de la chanteuse Fanny Bloom ( Fanny Bloom solo – Dare to care).


Genèse du projet « Sounjata »

Le - NTE

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Ce projet de théâtre est né de la rencontre entre un Marocain, un Québécois et un Malien, lors du festival de théâtre de rue Awaln’art à Marrakech en 2011. Le directeur de ce festival, Khalid Tamer, a eu la bonne idée de présenter le metteur en scène et dramaturge québécois, Alexis Martin, au marionnettiste malien, Yaya Coulibaly. De cette rencontre, naquit l’envie de créer un spectacle en commun. L’idée maîtresse : donner un point de vue québécois sur une période de l’histoire africaine, et plus spécifiquement, celle du Mali : comment un Nord-américain peut-il interpréter une histoire à laquelle il n’a pas pris part, à laquelle il n’est pas lié, autrement que par son humanité? Pour le Québécois, l’Afrique est une altérité réelle, fondamentale : il n’y a pas plus étrange que ces gens qui parlent le français, mais sont radicalement différents dans leur façon d’habiter le monde… de le chanter, de l’animer. Les liens qui existent sont tous modernes, récents, à peine pensés.

Alexis Martin, « débarque » au Mali et s’inspire de l’histoire du pays pour donner sa version des événements ; le marionnettiste Coulibaly reprend le récit au vol et lui donne chair avec ses accents à lui, module le chant premier, et la toile dramatique qui naît est unique : un Québécois qui, en conjonction avec son interlocuteur africain, interprète une partie de l’histoire infra ou postcoloniale africaine. Voilà la prémisse essentielle du projet. Deux comédiens québécois, trois maliens et un musicien marocain forment l’équipe de spectacle, sous la houlette d’Alexis Martin. Ces artistes sont tour à tour manipulateurs des marionnettes, conteurs et musiciens, une polyvalence assez répandue au Québec, comme au Maroc et au Mali d’ailleurs! Ce qui importe, au fond, c’est de mêler les expériences et surtout, les regards : entre colonisés ; entre Américains et Africains ; entre blancs et noirs ; entre dramaturge et marionnettiste. Il s’agit d’aller à la rencontre de la tradition de storytelling malienne et de créer un conte en commun, québécois et malien, pour le présenter à Marrakech et à Montréal. L’Afrique est un territoire sous-représenté dans nos imaginaires, si peu d’échanges théâtraux ont été engagés. Pourtant, et plus que jamais, l’Afrique nous semble le véritable vecteur d’échanges marqués au sceau de l’altérité.

Le NTE se consacre à l’expérimentation, sous toutes ses formes : quelle soit formelle, culturelle ou sémantique. Le fait d’aller vers des territoires culturellement exogènes, voilà qui nous remplit d’aise, qui conforte notre désir de marcher ailleurs, hors-piste. L’Afrique noire est certainement l’un des derniers lieux de dépaysement, de mise en question des repères identitaires usuels. La rencontre avec le matériau culturel et culturel africain donne au NTE une autre posture soudainement : nous ne sommes pas à tenter de brouiller les codes habituels du théâtre occidental ; mais bien plutôt de les comprendre à travers le filtre totalement hétérogène d’une vision africaine, si différente, de la vie et du destin terrestre. C’est une forme d’auto examen des codes de la représentation que provoquent la rencontre du répertoire, des habitus et du substrat folklorique malien! Nul doute que le NTE en ressortira grandi, agrandi et métissé!

Depuis 2005, soulignons l’ouverture marquée du NTE vers les communautés culturelles de Montréal. Le NTE provoque la rencontre avec l’autre et tisse des liens actifs, affectifs et transculturels en créant des spectacles qui mettent en scène des personnages issus de diverses communautés culturelles. Ainsi, La nouvelle télé communautaire de Montréal invitait des Bulgares, des Vietnamiens, des Haïtiens, alors que la culture indienne était à l’honneur avec La marche de Rama, le Salon international du théâtre contemporain et Rêvez, Montagnes!

Aujourd’hui, la compagnie tourne un regard curieux et avide vers l’Afrique : quel territoire neuf, riche et fertile pour les créateurs à l’imaginaire débridé que sont les artisans du NTE!


«Camillien Houde»: la conférence de presse

Le 29 Août 2016 - NTE

Le 22 août dernier, Espace Libre accueillait les invités de renom, Denis Coderre, maire de Montréal et de Serge Postigo (commissaire adjoint aux célébrations du 375e de Montréal), dans le cadre du dévoilement du spectacle «Camillien Houde, le p’tit gars de Ste-Marie». Le spectacle qui sera présenté à l’été 2017 dans le cadre des festivités du 375e, est une coproduction Espace Libre et Le Nouveau Théâtre Expérimental.

Le comédien Pierre Lebeau portera le rôle de l’ancien maire de Montréal, Camillien Houde. Josée Deschênes l’accompagnera sur scène dans le rôle de l’épouse du maire.

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Photo ÉquipeDe gauche à droite: Serge Postigo, commissaire adjoint aux célébrations du 375e anniversaire, Daniel Brière (cometteur en scène du spectacle), Pierre Lebeau (qui incarnera l’ancien maire de Montréal, Camillien Houde), Alexis Martin (auteur de la pièce), Josée Deschênes (qui jouera l’épouse du maire), Denis Coderre (maire de Montréal) et Geoffrey Gaquère, cometteur en scène du spectacle. © Pascale Gauthier-Dionne


«Camillien Houde, le p’tit gars de Ste-Marie»

Le 25 Août 2016 - NTE

Spectacle Camillien Houde

UNE FRESQUE THÉÂTRALE HISTORIQUE POUR CÉLÉBRER MONTRÉAL ET SES HABITANTS!

Texte : Alexis MARTIN
Mise en scène : Daniel BRIÈRE et Geoffrey GAQUÈRE
Avec Pierre LEBEAU, Josée DESCHÊNES, six autres interprètes
et une trentaine de citoyens du Centre-Sud.
Une production d’Espace Libre et du Nouveau Théâtre Expérimental

Espace Libre et le Nouveau Théâtre Expérimental (NTE) s’associent aux acteurs culturels, commerçants et communautaires de leur quartier pour créer un spectacle déambulatoire gratuit autour de la vie de Camillien Houde, personnage marquant de l’histoire politique municipale et provinciale. Camillien Houde, « le p’tit gars de Sainte-Marie », un spectacle de la programmation officielle du 375e anniversaire de Montréal, sera présenté du 22 août au 2 septembre 2017.

Écrit par Alexis Martin (codirecteur artistique du NTE), Camillien Houde, « le p’tit gars de Sainte-Marie » sera mis en scène par Daniel Brière (codirecteur artistique du NTE) et Geoffrey Gaquère (directeur artistique d’Espace Libre). Ces derniers auront le privilège de diriger huit comédiens de renom, dont Pierre Lebeau dans le rôle-titre et Josée Deschênes qui incarnera son épouse. De plus, une trentaine de résidents du Centre-Sud seront mobilisés pour interpréter les concitoyens de l’ancien maire. Pour ce faire, ils seront accompagnés, pendant tout le processus de création, par des professionnels en théâtre et ils participeront à de multiples ateliers préparatoires.

Lundi dernier (22 août) au théâtre Espace Libre, c’est en présence du maire de Montréal, Denis Coderre et de Serge Postigo, commissaire adjoint aux célébrations du 375e de Montréal que nous dévoilions les détails entourant le spectacle. Voici l’allocution d’Alexis Martin et l’extrait lu par Pierre Lebeau lors de cette conférence de presse:

Camillien HOUDE, ou Monsieur Montréal ; Camillien HOUDE, ou le p’tit gars de Sainte-Marie…
Aujourd’hui, pour la plupart des Montréalais, Camillien Houde, c’est une bonne côte pour se faire des mollets en bicycle à pédales. Mais c’est oublier que l’homme Houde, c’est un des maires qui a régné le plus longtemps sur la ville, un des hommes politiques les plus aimés (et contestés) de l’histoire politique montréalaise.

Mais surtout, Camillien Houde, et c’est ce qui m’a touché le plus dans son histoire, est le premier politicien d’envergure nationale issu d’un milieu très défavorisé, un monde ouvrier qui ordinairement n’avait pas voix au chapitre ; dont on n’attendait pas que les fils et les filles puissent briller sur la scène politique ou économique.

D’ailleurs, les élites politiques de l’époque ne vont pas se gêner pour le moquer, l’insulter, le railler ! Lui, le fils d’ouvrier anonyme, dont la famille a été décimée par la tuberculose, qui a vécu dans les pires taudis de la ville, lui, il OSE parler de politique, d’économie, il OSE prétendre gouverner ?

Ce qu’il y a d’exemplaire chez Houde, c’est l’émergence des gagnepetits, cette classe de la population qu’on ne voyait pas, qu’on n’entendait pas, parce qu’au fond, elle ne comptait pas dans l’équation politique. Mais Houde comprend vite l’importance déterminante de ceux qu’ils représentent. Et la crise économique des années trente va le confirmer dans ses convictions : on peut plus faire de politique en faisant l’économie de ces voix-là, de ceux qui sont sans voix, justement… leur silence est assourdissant en 1932 ! Le monde occidental vacille sur ses pieds, le colosse capitaliste, somme toute, est un épouvantail à moineaux, comme disaient mes grands-oncles du Kamouraska.…

Mais entendons-nous : il ne s’agira pas ici d’une hagiographie, n’est-ce pas, « une vie de saint ». Houde, ce n’est pas Gandhi… Au fond, Houde c’est le collimateur d’un certain Canada français : un précipité de valeurs et de préjugés qui, – et c’est facile de juger l’histoire a posteriori, non ? – un bouillon salé de préjugés tenaces qui tiennent à l’enfermement et une certaine bigoterie dont nous avons reçu l’héritage empoisonné à la fin des rébellions de 1837-38. Houde sera fasciné par le fascinateur européen par excellence, le toxique Mussolini ;  Houde ne sera pas exempt des tentations populistes, des solutions faciles, des raccourcis détestables qui font oublier un moment que la délibération démocratique est une tâche harassante, infinie, toujours recommencée.
Son refus de respecter la loi sur l’inscription et son refus d’envisager tout engagement  dans la guerre européenne de 1940 témoigne plus d’une ignorance crasse des enjeux terribles de la pire guerre de l’histoire humaine que d’une réelle malévolence, d’un réel choix politique fascisant.
Et puis, entre vous et moi, de plus instruits, oui, de plus éclairés que lui ont aussi rejeté l’engagement et la clairvoyance en 1940…

Enfin, j’espère qu’à travers cette pièce qui rend compte des actions du maire Camillien Houde, on retiendra surtout, et c’est notre défi !, l’extraordinaire engagement d’un homme pour ce qu’il appelait le bon peuple, celui des sans voix, des sans statut. Denis, M. le maire, je vous souhaite dans votre carrière à la tête de la Ville de trouver tous les jours le même cœur et le même souci pour les plus démunis d’entre nous, le même acharnement que Houde a montré, dans son refus du fatalisme, ce fatalisme détestable qui veut nous faire croire que certains sont nés pour un petit pain, et d’autres pour être assis à la grande table ; ce monde, cet univers et cette ville sont le patrimoine commun de tous et de toutes, et Houde dirait que, tant qu’il restera un démuni, un refusé, un négligé parmi nous, notre tâche n’est pas finie, notre bonheur n’est pas sans tache.

Merci.
-Alexis Martin

 

Extrait lu par Pierre Lebeau:

LE BANQUET DU STADIUM.
Coin Ontario et De Lorimier, à deux pas d’ici, il y avait un stade de baseball.  Le 15 décembre l928, Houde convie la population de la ville.  Il va offrir à ses commettants : 250 gallons de soupe, 2000 livres de porc, 2000 livres de jambon, 1000 livres de poulet, 10 quintaux de choux, 35 gallons de mayonnaise, 13 500 petits pains, 13 500 carrés de beurre, 5 000 briques de crème glacée, pour 4 000 convives !

Et il va leur parler :


HOUDE, tribun.

… mes amis… mes amis. Ce modeste banquet pour vous dire MERCI !

Pour remercier tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à mes succès politiques alors que la population de Montréal daignait m’élire par la plus grosse majorité qu’aucun maire de Montréal ait jamais obtenue auparavant ! C’est pourquoi j’offre ce banquet aux électeurs de Montréal, et l’on m’affirme que celui d’aujourd’hui fera époque dans les annales politiques de la province! Maintenant parlons un peu de … politique! Oui, oui, c’est cela; parlons des événements récents. Monsieur Taschereau…

 Taschereau, mon élection de 1927, vous me l’avez volée. « Ah? Camillien Houde, il est mal pris. Moi, j’ai tout l’argent de la province à ma disposition; je vais le combattre jusqu’au plus haut tribunal de l’empire. Et lui, ce pauvre hère, ce pauvre gueux, qu’est-ce qu’il va faire? Il va céder. »

  1. Taschereau, vous avez ri de ma pauvreté, vous vous êtes moqué dans Sainte-Marie de la modicité de mes ressources et vous avez dit : « Le candidat dans Sainte-Marie aura besoin d’ici quelques années de l’Assistance Publique; je la mets à sa disposition.» Voyons, M. Taschereau, voyons; depuis que le premier des Taschereau a mis le pied sur le sol canadien, c’est l’Assistance Publique qui les engraisse, ils n’ont jamais vécu autrement!

Quand j’étais jeune, ma bonne vieille maman me prenait sur ses genoux et elle me disait : « Quand tu rencontreras un honnête homme, ôte ton chapeau bien bas, ça n’arrivera pas souvent, il n’y en a pas beaucoup, mais jamais ne te laisse impressionner par l’habit ! et quand tu rencontreras des gentlemen-cambrioleurs, conte-leur leur fait ! »

Je n’ai peut-être pas tout ce qui a été donné à l’honorable Premier ministre, et nous ne sommes pas partis du même endroit et nous n’avons pas suivi le même chemin. Si l’honorable Premier ministre était parti de la même place que moi-même, il ne serait assurément pas là où il est rendu, pas plus qu’il serait où je suis arrivé aujourd’hui. Je suis le commencement de ma race, lui est simplement la fin de la sienne. Je remonte d’un meunier, d’où descend le premier ministre…
-Fin de l’extrait

 

Maire de Montréal pendant les années 1930 à 1950, issu des milieux ouvriers, Camillien Houde a incarné le grand
courant populiste de la politique municipale et provinciale, tout en traversant les grands bouleversements qui ont
façonné le XXe siècle. Pendant la dure dépression de 1932, alors que le chômage atteint des sommets, sa femme et lui
ont transformé l’Hôtel de Ville en véritable centre de secours pour les déshérités, distribuant nourriture et vêtements.
Houde a toujours eu à cœur le «petit peuple», allant jusqu’à se faire interner pour avoir dénoncé la conscription. De la
première à la seconde guerre mondiale, en passant par la naissance des médias de masse comme la radio et le
cinéma, c’est un pan entier de l’humanité, prise dans la tourmente du siècle dernier, qui sera raconté sur la scène du
théâtre Espace Libre et dans ses rues avoisinantes.

Ce grand spectacle déambulatoire gratuit sera présenté en soirée pour dix représentations exceptionnelles. Les
spectateurs seront d’abord convoqués à 18 heures à la place Joseph-Venne (coin des rues Ontario et Poupart) pour
assister au numéro d’ouverture du spectacle. Ils se déplaceront ensuite dans la salle principale d’Espace Libre, située à
quelques pas de marche. La représentation culminera ensuite un peu plus à l’ouest, au Parc des faubourgs (coin des
rues De Lorimier et Ontario) où un grand banquet populaire et diverses animations seront proposés à tous. Événement
festif et rassembleur, Camillien Houde, le « p’tit gars de Sainte-Marie » promet de laisser des souvenirs indélébiles dans
le cœur de tous les Montréalais!

ATELIERS PRÉPARATOIRES
La sélection des figurants pour le spectacle continue! Si vous habitez Centre-Sud et que vous souhaitez participer à
cette grande aventure humaine et artistique, contactez Marie Semel, la responsable des publics et de la médiation
culturelle d’Espace Libre.
pcommunications@espacelibre.qc.ca
514 521-3288 poste 5

Suivez-nous pendant toute la saison pour tout savoir sur les activités entourant le spectacle et les modalités de réservation!
espacelibre.qc.ca
nte.qc.ca


Extrait du texte de ≪Septembre≫

Le 9 Mai 2016 - NTE

Titre

Evelyne de la Chenelière

je veux maman, et puis, à qui s’adresse-t-il exactement,
à qui réclame-t-il sa mère, pas à moi, il ne me regarde pas,
ni personne d’autre, d’ailleurs personne ne l’écoute,
à force, il n’est que musique maintenant, je veux maman, il pleure abondamment, mais les enfants pleurent si facilement,
toujours des larmes à portée des yeux,
il ne faut pas s’émouvoir outre mesure quand pleure un enfant,
je me le répète souvent, un jour l’enfant ne sera
plus enfant, sa mère sera morte depuis longtemps,
et il la réclamera pourtant, contre toute attente,
comme les soldats au front appellent leur mère,
comme les vieux sur leur lit de mort appellent leur mère,
les blessés et les mourants appellent leur mère, c’est connu,
il n’y a que Jésus, sur sa croix,
qui a eu l’idée saugrenue d’appeler son père,
mais ne sait-il pas que les pères sont impuissants devant
la douleur, ne sait-il pas que seule une mère peut bercer les chairs saignantes, que seule une mère peut mettre fin aux calvaires,
il faudrait le lui dire, à Jésus, lui expliquer que les pères
ne savent pas comment sauver

*Le texte est publié aux Éditions Théâtrales -2015


Visionnez la bande-annonce de «Septembre»

Le - NTE


Photos du spectacle « Animaux »

Le 14 Mars 2016 - NTE

Photos: Marlène Gélineau-Payette

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La pièce «Animaux», un montage d’extraits

Le - NTE


Entretien avec Daniel Brière et Alexis Martin autour de la création «Animaux»

Le 3 Mars 2016 - NTE

Entretien avec Daniel Brière et Alexis Martin

Q. D’où vous est venue l’idée de créer un spectacle avec de vrais animaux sur scène ? Est-ce né d’une volonté d’établir un véritable dialogue entre l’humain et l’animal ?

DB : « C’est moi au départ qui ai lancé l’idée, il y a longtemps, de faire un spectacle avec des animaux. On se questionne toujours au NTE sur la présence de l’acteur sur scène. L’animal impose véritablement une autre présence. »

AM : « Les vieux acteurs disent toujours : ne joue jamais avec un chien ou un enfant, parce qu’il va te voler ta présence. Pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que les animaux ont cette densité ? Probablement parce qu’ils ne sont pas dans l’état de conscience de la représentation comme les humains. On fait donc un essai. Les acteurs jouent un sketch avec une vache sans savoir ce qui va se passer. Il y a une part d’aléatoire. »

DB : « La notion du temps n’est pas la même pour les animaux. Il faut gérer cette présence indomptable avec tout ce que cela implique. Il y a tout une part d’incontrôlable qui est fascinante. Le spectacle va bien au-delà de l’heure et quart de la représentation. C’est aussi accueillir les animaux qui vivent ici, avoir une équipe de spécialistes qui s’occupent d’eux. Il faut respecter le cycle jour-nuit des animaux (ce pourquoi les représentations sont présentées le jour), baisser la température du théâtre, s’assurer de la gestion et de la récupération des déchets organiques. On ne peut pas ignifuger le décor du théâtre, parce que les animaux pourraient s’empoisonner. On doit collaborer avec les pompiers. Ça nous oblige à voir le théâtre autrement, ce qui est dans nos préoccupations au NTE. »

Q. Animaux se révèle être un conte philosophique sur l’humanité. À travers l’étude de l’animal et de notre rapport aux bêtes, c’est un peu notre humanité que vous interrogez ?

AM : « Au fond, si on fait l’anthropologie de l’Occident, c’est une immense machine à discriminer, à tracer une ligne entre ce qui est animal et ce qui est humain. Il y a des populations qui sont tombées de l’autre côté de la limite et qu’on a éliminées. Le juif, le tzigane, l’indien, la femme, l’enfant, le noir en ont souffert. Peut-être que le projet politique à venir, comme plusieurs philosophes le suggèrent maintenant, c’est d’éliminer cette distinction. L’anthropologue français Philippe Descola a écrit un livre extraordinaire qui s’intitule Par-delà nature et culture, où il avance l’idée selon laquelle il serait temps de réfléchir au-delà de cette ségrégation, de cette limite entre animalité et humanité. Le projet politique à venir se trouve peut-être dans la possibilité de sortir de cette polarité qui est mortifère et qui justifie toutes les exclusions. Il y a d’ailleurs dans la Bible une prophétie, dans le livre d’Isaïe, qui dit qu’à la fin des temps, l’agneau va être ami avec le loup, les justes vont régner sur le monde et auront des têtes d’animaux. On trouve déjà ce vieux fantasme humain de réconciliation avec la nature animale. C’est très ancré en nous. En Occident, on nie l’animalité alors qu’ailleurs, en Amazonie par exemple, les Indiens vivent en partenariat avec la nature, parlent aux plantes et aux arbres. C’est peut-être une des avenues politiques les plus intéressantes, de reconsidérer notre rapport avec les animaux. »

Q. Parmi les penseurs que vous avez lus pour créer cette pièce, vous citez l’Allemand Jakob von Uexküll qui développe le concept de multiplicité des espaces-temps selon les animaux et les humains. Pour lui, le déchiffrement du monde dépend des espèces. En quoi cette pensée a-t-elle nourri votre création ?

AM : « Le baron Jakob von Uexküll est un peu le fondateur de l’écologie moderne. Il démontre qu’on ramène tout à notre échelle, que chaque espèce vit un peu dans sa bulle et qu’on n’a pas le droit de dire que les animaux ne vivent pas dans notre monde. Ils vivent dans leur monde. On coexiste avec eux. Mais c’est insécurisant de penser que les animaux ou les gens ne perçoivent pas la réalité comme nous. »

DB : « Même les êtres humains, entre eux, parfois, ont des perceptions différentes. La perception des sons, des couleurs est différente pour certains animaux. Il y a des spectres qu’on ne voit pas. Pourquoi prétend-on que ce qu’on voit est la réalité ? On a fait plusieurs lectures intéressantes et on a aussi rencontré des gens pour nous imprégner du sujet. On fait souvent ça au NTE. On a rencontré un éthologue, doyen de la Faculté des sciences de l’UQAM, qui disait justement que le monde du chien est un monde d’odeurs inimaginables pour nous. Le chien peut détecter jusqu’à neuf cellules cancéreuses à l’odeur. Il vit dans un monde d’odeurs. »

AM : « Le chien compose des odeurs dont on n’a pas idée : un mélange de pluie, de pénicilline et de quelqu’un qui a bu. Il reconnaît cette odeur dans son répertoire composé de milliers d’odeurs. J’ai lu un article dans le New York Times sur les chiens utilisés pour traiter le syndrome du choc post-traumatique qui dorment avec leur maître, sentent sa sueur et le réveillent avant qu’il ne fasse des cauchemars. C’est fou ! Aucune machine ne pourrait faire ça ! Une étude a démontré qu’il existe des cellules de sociabilité très fortes dans le cerveau du perroquet. Il peut nourrir des petits d’une autre espèce. Comme quoi on n’a pas inventé la charité… »

Q. La pièce explore donc le décalage qui existe entre l’Homme et l’animal, entre nos différents modes de perception ?

DB : « Effectivement. Les animaux vivent dans un monde qu’il est difficile pour nous de concevoir. On a tendance à faire de l’anthropomorphisme en imaginant des pensées aux animaux, des raisons pour lesquelles ils agissent de telle façon, en ramenant tout à nous tout le temps. Mais on connaît peu de choses sur eux finalement. Avec le NTE, on aime beaucoup aller à la rencontre de l’autre, s’ouvrir à la différence, et pour nous, les animaux, c’est comme convoquer des extra-terrestres sur scène ! Et pourtant, ils vivent, pour certains, dans nos maisons. »

AM : « On est coupé du monde animal de nos jours. Au milieu du XIXe siècle, 80 % de la population était des agriculteurs, en contact avec les animaux. Aujourd’hui, ça représente 2 % de la population. On a mis des murs entre nous et la réalité des animaux. Il y a des enfants, ici, dans le quartier, qui n’ont peut-être jamais vu une vache de leur vie ! Pour nous, c’est comme si on accueillait une troupe très spéciale qui venait d’un pays étranger. Il faut donc se plier à leurs usages. »

Q. À quelle genre de dramaturgie doit-on s’attendre avec cette pièce insolite où cohabitent animaux et comédiens ?

AM : « Il y a une narration assurée par les voix d’Anne Dorval et de Pierre Lebeau qui expose une réflexion sur la relation de l’Homme à l’animal, des projections d’images et des personnages qui surgissent en petits sketchs. Parfois, on illustre l’exposé avec des comédiens, parfois la voix continue… On a le choix d’écouter ou de se concentrer sur les animaux, leurs interactions avec les humains. Il y a aussi des moments de silence. C’est une forme dramatique assez inusitée. »

DB : « Il est possible que la présence des animaux prenne le dessus sur la compréhension de la narration. C’est là où se situe l’inconnu. C’est ce que je trouve assez beau : l’opposition entre ce discours assez complexe et l’action très concrète entre les humains et les animaux. Il y a un contraste intéressant et étonnant qui reflète peut-être un pari perdu d’avance, celui de mettre des humains et des animaux sur scène. On n’est pas dans les mêmes mondes. Les animaux ne seront pas en représentation. »

AM : « On doit respecter l’inconnu, au fond, qui est l’animal. »

Animaux est une pièce sur l’humilité de l’homme face à l’animal, une sorte de pied de nez à la prétention humaine face à l’animal ?

AM : « Je pense qu’au fond, les Hommes sont jaloux des animaux qui sont dans le cosmos, alors qu’on en est sorti. On est perdu, à cause de notre conscience et de notre prétendue supériorité. C’est quand même délirant. Tout ce qu’on a bâti d’édifice de prestige et de prétendue supériorité. Un arbre est aussi complexe qu’un être humain. Avec la destruction de la biosphère aujourd’hui, on voit qu’on a fait fausse route. Notre rapport avec la nature est complètement tordu. On devrait être des partenaires, mais c’est tout le contraire. C’est drôle de constater que les gens qu’on trouvait sauvages et primitifs étaient souvent mieux adaptés à la biosphère que nous et avaient des notions d’écologie étonnantes. Les Amérindiens ne chassaient jamais au même endroit. Ils se déplaçaient pour ne pas exterminer les animaux. Ils savaient qu’il fallait laisser la nature se régénérer. Quand Champlain s’installe en Nouvelle-France, au bout de quelques saisons, il n’y a plus de gibier. Il découvre pourquoi les Amérindiens se déplacent. Avant qu’il ne soit trop tard pour la planète, par-delà nature et culture, il faut peut-être transcender cette vieille limite de l’animal et de l’humain. Comme le dit Heidegger, au lieu de provoquer la nature, il faudrait peut-être la convoquer et être dans une relation de respect avec elle. Robert Bourassa a dit dans les années 70 : “Quand je pense à toutes les rivières qui coulent en vain”, se référant aux cours d’eau pas encore harnachés par des barrages. Il voyait ça comme du gaspillage. C’est de là qu’on part. Mais la rivière ne coule jamais en vain. »

Q. Il est aussi question de liberté dans la pièce. Vous vous interrogez sur la domestication de l’homme vivant dans la ville, « devenue un camp de travail où chacun s’exploite lui-même jusqu’à la mort ». Croyez-vous que c’est un leurre de nous croire plus libres que les animaux ?

AM : « Le pire et le plus grand triomphe du capitalisme est le fait qu’on n’a même plus besoin d’imposer la discipline ; on se l’impose nous-mêmes. On se dit qu’on n’en fait pas assez, qu’on n’a pas assez réussi, qu’on n’est pas assez riche. On est auto-intoxiqué à la réussite. Je pense que c’est pour cette raison que les gens dépriment, parce qu’ils ne peuvent même pas se révolter contre un ordre disciplinaire. Notre insatisfaction est un abîme, un vertige. C’est un signe troublant de notre époque. »

Entretien réalisé par Elsa Pepin


”Animaux” prend place à Espace Libre

Le 29 Février 2016 - NTE

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Photos: Marlène Gélineau-Payette


Casting Extrême

Le 14 Décembre 2015 - NTE


Photos coulisses de « Septembre »

Le 8 Septembre 2015 - NTE

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1436 (1)Crédit photos: Marlène Gélineau-Payette


Toute première bande-annonce « Septembre »

Le 17 Août 2015 - NTE


Entretien avec Evelyne de la Chenelière et Daniel Brière

Le 12 Août 2015 - NTE

Entretien avec Evelyne de la Chenelière et Daniel Brière autour de la pièce «Septembre»

crédit photographe: M. de la Chenelière
crédit photo: M. de la Chenelière

Septembre traite de la relation mère-enfant et de la cruauté des rapports qui se tissent dans une cour d’école. Comment est née la pièce, quelle en a été l’inspiration?

EDC: «Le début de l’écriture a coïncidé avec mon éloignement des cours de récréation, notre plus vieil enfant quittant l’école primaire. Cela m’a fait me rendre compte à quel point mon regard était attiré depuis ma propre enfance par l’enceinte de la cour d’école. Pour moi, c’est un lieu qui enferme toutes les forces et les tensions qui unissent les humains entre eux : la domination, l’exclusion, les alliances, la tension sexuelle. Je trouve que c’est très vibrant. Il faut dire aussi que le fait d’avoir côtoyé ce paysage dans la durée est emblématique de ce qui s’est passé dans notre histoire contemporaine et constitue un point de non-retour. On a vu concrètement les effets de la sécurité et de toutes les précautions qui sont prises depuis que, dans l’imaginaire collectif, ce qui était inenvisageable est devenu envisageable, c’est-à-dire une menace à l’intérieur de cette enceinte. Pour moi, c’est très fort dans notre histoire contemporaine. J’ai vu l’accès à la cour d’école devenir interdit ou difficile, versus l’accès complètement libre, poreux, qui était la norme avant. En soi, c’est anecdotique, mais ce que ça signifie pour moi est immense. Les enfants aujourd’hui sont tout de suite élevés dans la conscience de ce potentiel violent.»

DB: «J’ai toujours vu Evelyne fascinée par la cour d’école, ce microcosme où l’on retrouve en miniature ses thèmes de prédilection. Il est question des rapports humains, mais aussi de la protection. C’est un lieu où l’on devrait être protégé, mais les enfants aujourd’hui sont hyper conscients de la menace. Ils font des exercices de tuerie à l’école. On assiste à une sorte de perte d’innocence. Est-ce que la menace que s’imagine la mère dans la pièce est réelle ? Je ne pense pas, mais elle fait partie de la société et on y pense. On a tous peur et on oblige les enfants à y penser.»

Le personnage de la mère dans la pièce s’imagine des scénarios à partir des enfants qu’elle observe dans la cour d’école. On y découvre son rapport ambivalent avec sa fille et la violence de son imaginaire. Croyez-vous que ce sont des sujets tabous?

EDC: «Oui, c’est un peu tabou, parce qu’on est encore dans une sorte de «propagande» d’une maternité qui ne serait qu’épanouissement, ou alors dans la caricature de mère indigne, qui nie aussi l’ambiguïté du rapport maternel. La violence sourde et quotidienne de la maternité est encore taboue. Pour moi, la mère de la pièce, pour avoir cet imaginaire en elle, porte une grande violence. À mes yeux, Septembre traite de l’ambiguïté de la maternité, mais aussi de l’être humain dans un contexte social et organisé et du déploiement de l’imaginaire. La pièce questionne notre imaginaire, à savoir s’il nous appartient complètement, parce que la mère fait sous nos yeux une espèce d’invention qu’elle contrôle en partie, mais qui lui échappe parfois et glisse vers l’horreur.»

DB: «Comme si, inévitablement, elle allait vers un drame. On est un peu dans le couloir de la tragédie. La mère ne peut pas s’empêcher d’y penser. Quelque chose l’emmène vers la violence. Ça devient presque risible, parce qu’il y a quelque chose d’absurde dans ce trajet-là.»

ED: «Mon intuition est que la pièce elle-même va jusqu’à permettre ce sourire dans le désespoir, dans l’écriture. Je ne prétends pas que c’est une comédie, mais on donne cette permission-là aussi, parce que tout un chacun peut se reconnaître dans certains aspects des personnages.»

 La pièce Septembre a été publiée en mai 2015, quelques mois avant sa représentation. Comment cette parution en amont de la création influence-t-elle votre travail ?

EDC: «J’en suis vraiment contente, parce que, d’une part, ça m’évite le stress qui accompagne un dévoilement global du texte et de la proposition théâtrale en même temps et, d’autre part, parce que ça met en valeur la création théâtrale, l’écriture de plateau qui est un objet en soi et qui ne sera pas forcément exactement tout le texte qui existe dans sa vie littéraire. Ça donne la priorité au plateau et permet de considérer le texte comme un matériau. Bien sûr, dans un texte à la dramaturgie soignée, il y a une structure à respecter, mais un metteur en scène de talent va en tirer profit de toute façon, même s’il déconstruit, même s’il considère le texte comme un matériau, et parce qu’il usera de toute sa liberté, il fera un meilleur spectacle. Pour moi, le spectacle est le déploiement d’une écriture en elle-même qui est dans une temporalité, dans une partition scénique qui doit avoir de l’espace pour naître, pour vivre, pour exister, et c’est pour ça qu’on dit du théâtre que c’est un art vivant. Ça réaffirme la pleine existence de l’objet littéraire et la pleine existence de l’objet théâtral.»

DB: «D’autant plus que Septembre est un monologue et qu’Evelyne, comme seule interprète, a besoin de se libérer de la publication. Moi aussi, ça me permet d’être plus libre de couper des passages, parce que le texte existe en soi. Evelyne m’a donné dès le départ la liberté de jouer avec le texte, même si la pièce est très structurée. C’est bien d’avoir cette liberté qui réaffirme notre respect mutuel, l’équilibre qu’on a développé avec le temps, parce que ça fait plusieurs spectacles qu’on fait ensemble. Il y a deux écritures qui se rencontrent : celle d’Evelyne et celle du spectacle. Le texte devient ainsi une matière brute qui m’appartient.»

 Daniel Brière, pouvez-vous nous dire quelques mots sur la mise en scène et la scénographie de la pièce?

 DB: «Assez rapidement, on a exclu de tomber dans quelque chose de très réaliste. Ce que le personnage nous raconte passe à travers son filtre et son imaginaire, alors je ne trouvais pas intéressant de déployer réalistement une cour d’école et de faire vivre les personnages devant nous. Il y a donc chez la mère une transformation, mais ce n’est pas un spectacle de composition réaliste. On est plutôt dans une installation, avec un seul élément réaliste, qui est une partie de clôture, et un immense mur de post-it, comme des pixels ou des fragments de mémoire. J’avais envie de faire un travail plastique de recherche photographique, pour qu’il y ait aussi une partie d’écriture et de création qui m’appartient dans l’image et dans les photos, pour élargir mon implication au-delà de la direction d’Evelyne.»

Comment le fait d’être un couple dans la vie influence-t-il votre travail ?

DB: «C’est complexe, surtout pour le rapport du metteur en scène et de l’actrice, plus que celui à l’auteure, parce qu’il y a toujours une distance entre la mise en scène et l’écriture. On peut toujours discuter d’un texte, mais c’est plus délicat avec le jeu, qui est extrêmement fragilisant, surtout pour un monologue. Je pense que ça marche si je suis aussi fragile qu’Evelyne et me permets d’avoir des doutes sur mon travail comme j’en ai sur ce qu’Evelyne fait. En plus d’être un couple dans la vie, on est aussi un couple de créateurs et on s’est habitué, on a trouvé une façon de faire où l’on peut se dire les vraies choses tout en faisant attention l’un à l’autre. On gagne du temps lorsqu’on travaille ensemble, parce que lors d’une première rencontre avec des concepteurs, comme acteurs, on est toujours un peu en représentation, ce qui n’arrive pas quand on travaille ensemble. Il y a aussi un grand respect envers ce qu’on fait, nos forces et nos faiblesses. On s’aide et on se connaît. Ce n’est pas terrorisant, au contraire. On a toujours hâte de travailler ensemble. Notre dernière collaboration date de quatre ans et l’on se dit déjà qu’on ne veut pas attendre quatre ans pour la prochaine.»

EDC: «Je vais dans le même sens que Daniel, et particulièrement concernant la direction d’acteur qui implique une intimité plus complexe que le rapport au texte, où les visions peuvent facilement se confronter. Quand on parle du jeu, c’est ma voix, mon cœur et mon corps et c’est fragilisant, mais jusqu’à présent, j’essaie de le concevoir malgré tout comme la fabrication commune d’un objet de théâtre et je crois que j’y arrive, en partie parce que la démarche est privilégiée et longue dans le temps. Je ne suis pas arrivée avec la nervosité de l’actrice qui veut être bonne à la première répétition, parce que les choses sont rapides et bousculent dans un processus habituel de création, tandis que là, c’est une construction très lente. Ma fabrication sous la direction et le regard de Daniel est en dialogue avec d’autres fabrications. Je souhaiterais moi aussi dans l’absolu collaborer plus souvent avec Daniel, mais je trouve bien qu’on soit engagé chacun séparément dans notre pratique parce que ça nous nourrit et permet d’être un vrai choix artistique quand on travaille ensemble.»

Les fantasmagories de la mère éclairent des facettes sombres de la maternité et de l’enfance, représentées dans ce qu’ils ont de dur, cruel et bancal. Y a-t-il selon vous une cruauté à l’enfance ?

EDC: «Complètement. Dans le souvenir que j’en garde, l’enfance est un état de dépendance, de vulnérabilité et d’apprentissage assez brusquant. Je trouve que la vie nous brusque, mais particulièrement l’enfance et je le dis sans regret, comme un état de fait : je n’ai pas du tout vécu l’état d’insouciance qu’on associe à l’enfance, même si je crois qu’il existe. Je regarde mes enfants et je suis fatiguée pour eux. Il y a cependant un paradoxe à cela, parce que je trouve aussi très beau le potentiel de dureté et de tension sexuelle qui existe dans une cour d’école à l’insu des enfants. C’est magnifique parce que c’est la vie, la vulnérabilité. C’est pour ça que je parle d’ambiguïté de la maternité : être parent, c’est choisir de mettre quelqu’un dans un monde brutal et en plus, de lui donner un peu de soi. La maternité implique aussi d’essayer de maîtriser toutes les pulsions qui font partie de nous dès l’enfance. Pour moi, je vois la cour d’école comme une espèce d’organisme respirant où tout à coup, des choses s’échappent qu’il faut contenir. En classe, l’enfant est contraint, mais protégé. Dans la cour d’école, il est encore contraint, mais quelqu’un peut lui cracher au visage.»

DB: «Comme parents, on a beau vouloir ménager nos enfants, on ne peut leur éviter les difficultés, la dureté. Je trouve qu’il y a beaucoup de violence contenue dans la pièce : une violence envers les femmes et une menace masculine. Il y a quelque chose de très judéo-chrétien chez la mère qui s’offre en sacrifice aux caïds pour son fils. Il est question de grand déchirement et de culpabilité. Malgré ce que prétendent nos filles, qu’il n’y aurait pas de différence entre les gars et les filles, nous voyons les différences depuis la cour d’école. L’énergie n’est pas la même et les tensions sexuelles sont là.»

Comment Septembre s’inscrit-elle par rapport à vos précédentes cocréations ?

 DB: «D’abord, c’est le premier monologue qu’on fait ensemble. J’y vois des thèmes récurrents chez Evelyne (l’enfance, la maternité, les rapports humains) et j’ai l’impression que cette pièce est charnière. Tout comme le point de départ était que nos enfants ont terminé l’école primaire et qu’on ne fréquentera plus la cour d’école, c’est peut-être aussi la dernière fois qu’Evelyne va parler de ce sujet. C’est pour ça que je lui ai demandé de jouer la pièce, alors que ce n’était pas prévu au départ. Je trouvais que ça avait plus de sens. Ce n’est jamais pareil de voir l’auteur sur scène, surtout seule, qui joue son propre texte. Je ne peux pas faire fi de la charge que cela implique et dont j’avais envie. Il restera toujours une part de grand mystère quand on interprète son propre texte. Le mystère du passage de l’écriture à la scène, du fait de se livrer entièrement. À chaque fois que je vois un auteur jouer son texte, ça me touche beaucoup.»

Evelyne de la Chenelière, comment vivez-vous le fait d’interpréter votre propre texte ?

 EDC: «Je crois que dans le processus de répétition, j’ai tendance à toujours m’éloigner du texte et à vraiment déployer à nouveau mon imaginaire d’interprète. Je trouve important que la créativité de l’interprète existe aussi qu’elle ne soit ni bâillonnée ni dominée. Encore là, c’est le plateau qui compte. Mais quand je joue, j’ai conscience qu’il y a plein d’interprètes magnifiques et parfois, ça peut devenir vertigineux de penser à toutes ces autres qui pourraient jouer à ma place. Le fait d’avoir écrit le texte, ça me donne une espèce de solidité parce que je suis consciente que parce que ça vient de moi, personne d’autre ne peut le jouer comme moi. Quelque part, ça me protège un peu, mais ça vient aussi avec une plus grande responsabilité par rapport au propos!»

 Vous travaillez ensemble depuis longtemps. Septembre est votre 5e création commune au NTE, après Henri et Margaux; Ronfard nu devant son miroir; Nicht retour, Mademoiselle et Le plan américain, qui étaient toutes cosignées. Ce projet diffère-t-il de vos précédents, du fait qu’il est signé par Evelyne seulement?

 EDC: «C’est complexe. On avait choisi de cosigner les quatre précédents spectacles créés au NTE, parce qu’on considérait que même si ce n’était pas comme tel une écriture à quatre mains, j’avais écrit le texte, mais dans une démarche d’écriture tellement en résonnance avec nos échanges qu’il était plus juste de parler d’écriture commune. Dans ce cas-ci, Daniel avait l’impression que j’irais plus loin sans sa participation.»

 DB: «Je ne me suis jamais considéré comme un auteur, bien que j’ai collaboré étroitement à l’écriture des précédentes pièces, en lançant des idées, des synopsis. Cette fois-ci, j’ai eu envie de laisser Evelyne écrire seule, de ne pas l’influencer ni l’emmener vers où j’aurais été spontanément. Ça donne un texte très intime et personnel. On est dans un univers de femme avec un rapport aux hommes particulier. Si on en avait discuté ensemble, peut-être qu’elle serait allée ailleurs.»

Concernant la culpabilité des parents, avez-vous l’impression qu’elle s’est transformée avec le temps, qu’elle est vécue différemment aujourd’hui?

EDC: «Oui, je crois qu’elle est vécue différemment. La psychologie a avancé dans l’histoire, ce qui est une bonne chose, mais provoque aussi une conscience aiguisée des causes et des effets des comportements parentaux, dont on n’avait aucune idée auparavant. On a aussi une vision beaucoup plus étroite de la réussite qui semble n’avoir qu’un seul visage. Projeter son enfant dans la réussite, c’est rêver de sa propre réussite parentale. Tout ça est extrêmement tordu.»

DB: «Les enfants sont beaucoup plus conscients qu’avant et ne posent pas le même regard sur leurs parents. Ils sont tellement informés. Aussi, le fait qu’il y ait beaucoup de couples séparés et de familles reconstituées provoque une culpabilité chez plusieurs parents, ce qui crée un nouveau rapport où les parents veulent compenser pour ce qu’ils ont fait subir à leurs enfants.»

Propos recueillis par Elsa Pépin

 

 

 


Coup d’œil sur la saison 2015-2016 du NTE!

Le 4 Mai 2015 - NTE

Saison 15-16

Le lundi 5 mai, le NTE et la grande famille d’Espace Libre dévoilaient, en présence des médias et des abonnés du théâtre,  les spectacles qui figurent au menu de leur prochaine saison théâtrale. Sans plus tarder, levons le voile sur les nouvelles pépites théâtrales de notre compagnie:

Du 8 septembre au 3 octobre 2015 à Espace Libre

SEPTEMBRE

Texte et interprétation: Evelyne de la Chenelière
Mise en scène: Daniel Brière

Aujourd’hui, 12 septembre, une femme travaille. Un coup de téléphone de l’école l’interrompt : sa fille a mal au ventre ; il faut venir la chercher. Malgré la canicule qui accable la ville, la femme prend sa voiture, se gare devant l’établissement, puis s’abandonne à la contemplation de la cour de récréation : les jeux rituels des enfants conduisent son imaginaire sur les chemins d’une rêverie ambivalente. À la réalité que ses yeux perçoivent se superposent peu à peu maints scénarios possibles, des plus ludiques aux plus morbides : dans cette intense activité fantasmagorique, elle va jusqu’à entrevoir l’irruption d’un tueur transformant cette journée en carnage. Pourquoi cette femme introduit-elle la mort au cœur même de ce que sa pensée a généré ? Est-elle aveugle ou visionnaire ? Peut-être est-ce une façon pour elle d’incarner ses craintes les plus sourdes, de donner corps et formes à son chaos intérieur.

Daniel Brière s’attache à démêler  les fils de cette délicate cohabitation d’une auteure, d’une actrice et d’une mère à l’intérieur d’un seul corps. Avec cette nouvelle production, le codirecteur artistique du Nouveau Théâtre Expérimental retrouve la comédienne Evelyne de la Chenelière, qui signe également le texte. Dans la lignée de leurs recherches précédentes (pensons notamment à Henri & Margaux, Bashir Lazhar et Ronfard nu devant son miroir), ils utilisent  les artifices de la représentation pour rendre sensible ce qui se déploie dans l’imaginaire, dans le souvenir ou dans le fantasme.

En coproduction avec le Théâtre français du C.N.A.
Réservations: 514.521-4191
Achat en ligne

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Du 3 au 20 mars 2016 à Espace Libre

ANIMAUX

Conception et mise en scène: Daniel Brière et Alexis Martin
Interprétation: Sophie Cadieux, Hubert Proulx et de nombreux animaux

Fascination, crainte, affection, dégoût, protection, exhibition, anthropomorphisme… force est de constater que notre relation à l’animal est toute pétrie d’ambiguïté. Or, est-il possible de mettre des animaux en situation de représentation ? Peut-on, par exemple, mettre en scène un chien, un chat, un cochon, diriger un furet? Orchestrer l’aléatoire et l’indomptable? Un animal connaît-il la représentation? Est-il l’acteur idéal, libéré de la conscience de soi paralysante?  À l’hiver 2016, le Nouveau Théâtre Expérimental en fera le pari avec la pièce «Animaux», dans l’espoir d’un véritable échange. Qui sait quelle poésie peut surgir d’un geste, d’un silence, d’un contact.

Cette nouvelle création du NTE pose la question : « mais alors, qu’est-ce qui fait de moi un être humain? ». Une question fondamentale, portée à un niveau inouï d’acuité par les grandes catastrophes du siècle dernier, et que les génocides et ethnocides en cours ne cessent de réanimer douloureusement.

Réservations: 514.521-4191
Achat en ligne


Un avant-goût de Collection printemps-été

Le 16 Mars 2015 - NTE


Entretien avec Christian Vézina

Le 5 Mars 2015 - NTE

Christian Vézina 1

Q : Christian Vézina, cela fait une trentaine d’années que vous faites entendre la poésie sur scène. Comment est née cette volonté de faire du théâtre poétique, un genre peu pratiqué?

CV : « Je suis vraiment un artiste de théâtre, mais je n’ai pas fait exprès (rires). Quand j’ai découvert la poésie, ça a été la grosse affaire dans ma vie. J’ai ensuite découvert qu’elle n’était plus appréciée et j’ai trouvé ça incompréhensible. Plus tard, je suis allé dans une soirée de poésie et, là, j’ai compris. Quand je lisais la poésie, je recevais le texte comme trois tonneaux à l’intérieur de moi et, dans les soirées de poésie, on la lisait comme si c’étaient des mots morts. Je pense que ce ton utilisé pour lire la poésie fait dire aux gens qu’ils ne l’aiment pas, alors que personne ne dit ne pas aimer le cinéma ou la musique. À partir de ce moment-là, j’ai donc choisi de travailler à rendre la vivacité et la spécificité de la poésie, à travailler sur l’interprétation du texte et j’ai développé des aptitudes d’acteur, puis de metteur en scène, par la force des choses. Je cherchais une façon de rendre la poésie vivante et, ce faisant, j’ai inventé le théâtre qui existait déjà. »

Q : Pourquoi ce choix de faire entendre la poésie féminine après avoir surtout travaillé à partir de poètes masculins (Jacques Prévert, Michel Garneau, Gaston Miron, Gérald Godin, Henri Michaux)?

CV : « Parce que j’aime la diversité! On m’a souvent demandé pourquoi je ne choisissais pas de poèmes de femmes, mais, jusqu’à maintenant, c’était presque toujours moi qui les disais. La poésie féminine est plus récente, les femmes ont été muselées pendant des siècles, ce qui fait que, dans la poésie féminine, le discours est souvent de l’ordre de la prise de parole. Dite par un homme, je trouvais ça un peu “paternaleux”, mais ça me travaillait. J’ai finalement proposé au NTE de faire entendre de la poésie féminine et j’ai trouvé cet angle du défilé de mode tout à fait pertinent pour mettre en scène la poésie féminine. »

Q : Comment vous est venue l’idée d’allier le défilé de mode et la poésie pour Collection printemps-été? On peut dire que c’est un mariage assez improbable?

 CV : « Étant improbable, la proposition devient immédiatement poétique, parce que c’est un renversement de perspective. Imaginer un défilé de mode pendant lequel les comédiennes remplacent les mannequins et font défiler des paroles de femmes au lieu des vêtements : voilà un beau et fécond retournement de sens! La demande que j’ai faite à tout le monde est de mettre en valeur la singularité de chacune de ces poétesses. Il faut que, dans sa façon de la vêtir, de l’éclairer, de la dire, on aille chercher cette singularité. Il y aura donc un soin sur les vêtements qui vont probablement être beaux, étonnants, mais ce n’est pas une parade de costumes. Il faut que cela participe au reste. »

Q : Pourquoi avez-vous retenu ces poétesses et ces poèmes en particulier dans leur répertoire?

CV : « Il y a en commun avec tout le reste de mon répertoire que ces poèmes sont avant tout des coups de cœur, mais je les ai aussi choisis pour leur potentiel scénique. J’ai cherché un équilibre entre leur potentiel pour le spectacle et les humeurs dont ils sont chargés. Je veux des poèmes qui ont une vérité qui me correspond. Je me rends compte aussi que je suis souvent allé puiser dans des recueils de début de carrière (pour Hélène Monette, Suzanne Jacob et Brigitte Fontaine). Dans les œuvres de maturité, il y a souvent un apaisement et un dépouillement qui peuvent être intéressants sur le plan poétique, mais moins évocateurs sur le plan théâtral que le bouillonnement du début. »

Q : Comment travaillez-vous comme metteur en scène avec le matériau particulier de la poésie? Ça doit être différent notamment pour les acteurs (trices), de jouer des poèmes?

CV : « Je suis quelqu’un qui prend des risques. Les acteurs se montrent parfois hésitants à prendre des risques dans l’interprétation des poèmes : ils veulent laisser parler le texte, par respect pour le poète. Mais pourquoi cette distance avec les poètes, alors que les acteurs n’ont aucun problème à s’approcher de Shakespeare, par exemple? En gardant une distance, ça devient un bel objet formel, sauf que, moi, je vise un public qui n’est pas forcément habitué à lire de la poésie et je n’ai pas le droit de l’ennuyer. J’ai pour mission de le séduire, dans le sens latin du terme de “conduire à soi”, sinon il ne se passera rien, alors je demande aux acteurs d’incarner les poètes qui parlent.

Certains acteurs pensent avoir besoin de détails biographiques pour entrer dans la peau de leurs personnages, mais je crois qu’à force d’incarner les mots de quelqu’un, tu le deviens. Je ne suis pas un acteur de formation, mais je me suis fait dire par la famille de Ferron que je lui ressemblais dans mon spectacle qui lui était consacré. Quand tu deviens le texte, tu deviens le poète. Je parle parfois d’une “personnalité textuelle”. Il y a un choix de mots et de rythme qui donne la personnalité de celui qui parle. C’est ce que je travaille avec les acteurs. »

Q: Comment s’est déroulé le travail avec vos interprètes : trois actrices (Salomé Corbo, Danielle Proulx, Elkahna Talbi) et une musicienne (Marie-Sophie Picard), toutes des femmes?

CV : « Il y a quelque chose dans la rencontre entre les actrices et les poétesses qui me nourrit. Parfois, certains passages que j’aime moins sont ceux que les actrices préfèrent et je découvre que ça les rejoint dans leur féminité. Le metteur en scène doit faire des choix, mais travaille avec du vivant. Les acteurs sont des créateurs. Je dois donner la direction pour qu’on serve tous la même chose, mais j’accueille leur réalité, leurs idées, je les découvre et je découvre les textes avec elles. Parfois, les interprètes veulent que je leur explique les poèmes. Je dois choisir un angle, un fil d’Ariane, pour que le public ne se perde pas, tout en laissant le sens ouvert. De façon générale, c’est bien de laisser une certaine réverbération sans chercher à l’expliquer. »

Q : En tant qu’amoureux et fervent défenseur du théâtre poétique, comment décririez-vous la relation entre le théâtre et la poésie?

CV : « D’emblée, je croyais que c’était le théâtre qui amenait beaucoup à la poésie, pour la découvrir et la voir telle qu’elle est, mais l’inverse est tout aussi vrai : la poésie apporte beaucoup au théâtre. À une époque où l’on peut faire tout ce qu’on veut sur le plan audiovisuel, le théâtre a avantage à s’appuyer sur cette parole puissante, vivante, sans quatrième mur, s’il ne souhaite pas avoir l’air d’un petit cinéma désargenté! Et il est faux de croire que la poésie a besoin d’un lieu intime pour être appréciée. On sous-estime la puissance du vers! Si le théâtre est le lieu de l’action, la poésie est une action en soi : une action sur la pensée, sur le langage, et, comme la commedia dell’arte, elle s’adresse directement au public. La poésie est la louve ancestrale, tandis que le théâtre est un super beau chien de traîneau. Il faut qu’ils s’accouplent pour donner un beau résultat.  

Q : Croyez-vous au pouvoir de la poésie? Quel est-il?

CV : « Une de mes définitions de la poésie la décrit comme le point de rencontre le plus précis, intense et sensible entre la liberté et le langage, deux facultés qui nous définissent comme être humain. C’est pour ça que je trouve insoutenable que la poésie ne soit pas présente dans la vie de tout le monde. Je crois qu’à chaque fois que je dis un poème, c’est un geste engagé, parce qu’on ne dit plus de poèmes. Le poème est politique par circonstance : on l’a tellement mis de côté que de rompre cet isolement-là, de le mettre sur la place publique, devient en soi un geste politique. »

Q : Quelle est votre relation avec le NTE? Votre démarche rejoint-elle la philosophie de la compagnie

CV : « J’aime beaucoup l’esprit de la compagnie. C’est le NTE, et plus précisément Jean-Pierre Ronfard, qui m’a ouvert la porte du théâtre, alors qu’on me refusait toujours l’accès à la scène parce que j’étais poète. J’avais un problème d’étiquette. Une année (en 1998), j’ai été contacté par Gilbert Rozon et Jean-Pierre Ronfard en même temps. Ils souhaitaient tous deux collaborer avec moi et, aimant me donner des défis, j’ai décidé de présenter le même concept aux deux et j’ai inventé Le poète fait du chapeau (performance théâtrale où le public était invité à piger dans un chapeau les poèmes que l’artiste interprétait. Après, j’ai fait un vrai spectacle de théâtre avec le NTE : Henri bricole (1999) : un atelier ouvert autour de l’univers poétique d’Henri Michaux. Collection printemps-été est donc ma troisième collaboration avec le NTE, quinze ans après Henri bricole. C’est agréable de travailler avec cette équipe. Elle fait les choses avec beaucoup de professionnalisme, respectant la discipline et le public, sans se prendre trop au sérieux. »

Q : Vous êtes souvent amené à créer hors des formats traditionnels du théâtre, en mêlant les genres, les disciplines. Est-ce une exigence pour vous de sortir des carcans imposés?

CV : « Je ne recherche pas l’originalité. J’aime la phrase de Baudelaire qui dit : “l’authenticité est mon moyen d’originalité”. Soit authentique. Pour moi, un artiste est celui qui fait ce qu’il a à faire. S’il cherche son créneau, l’originalité, son public cible, il s’écarte de l’essentiel. »

Q : Vous vous êtes donné comme mission de démocratiser la poésie. Est-ce important pour vous de rejoindre un large public avec le théâtre poétique? Pensez-vous que c’est possible?

CV : « La poésie donne de l’oxygène. L’art, à mon sens, est l’une des formes les plus humaines de la fécondité. L’incommunicabilité m’énerve. Je ne souhaite pas, quand je parle, que l’autre devienne moi. J’aspire plutôt à ce que l’échange soit fécond. La poésie est un art populaire, comme la musique. Il y a une mauvaise habitude, chez certains metteurs en scène ou interprètes, de prendre une œuvre bizarre et de se sentir obligés de démontrer qu’ils sont aussi bizarres que cette œuvre. Quand tu es le passeur de la poésie, il faut éviter que les gens ne se butent dans ce qui n’est pas important et il faut qu’ils retiennent ce qui l’est. C’est le mandat que je me suis donné depuis le début. »

 

  • Propos recueillis par Elsa Pépin pour le NTE

 


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Dans la boîte à souvenirs de Danielle Proulx

Le 23 Février 2015 - NTE

La comédienne Danielle Proulx est une fidèle complice du NTE depuis plusieurs années. Pour notre plus grand bonheur,

elle partage avec nous quelques souvenirs des productions auxquelles elle a participé.

*1981*

VIE ET MORT DU ROI BOITEUX épisode 1: la Naissance

Le début d’une saga incroyable! Ma toute première aventure avec le NTE et QUELLE GRANDE AVENTURE!!! Une véritable entreprise autogestionnaire où tous les acteurs avaient aussi un autre chapeau, assumaient d’autres tâches, que ce soit aux costumes, décors, publicité… etc. Moi je m’occupais des accessoires. Tout était nouveau; notre façon de répéter jusqu’ au fonctionnement général. Étant donné que nous jouions en extérieur dans les cours et le stationnement de l’École nationale de théâtre, on ne pouvait  travailler qu’après la fin des cours! Jean-Pierre avait donc imaginé de faire une maquette des lieux, à l’échelle, sur une table, autour de laquelle nous répétions en déplaçant un objet qui représentait notre personnage! Lorsqu’on ne répétait pas, on imaginait, inventait, empruntait, fabriquait les accessoires avec 3 bouts de ficelle et beaucoup d’enthousiasme…

Roi bo├«teux_├®pisode 1_La naissance
Cette photo, c’est la fin de la première pièce au moment où Catherine Ragone (Marthe Turgeon) s’apprête à accoucher de Richard (Robert Gravel). On la soulèvera à bout de bras pendant qu’à l’autre bout de la cour, on entend pilonner puis s’ouvrir les épaisses portes de bois pour permettre le passage au char du nouveau-né, l’infirme et boiteux Richard. Finale spectaculaire!


VIE ET MORT DU ROI BOITEUX
épisode 3: Le Printemps

Roi boiteux_├®pisode 3 La jeunesse
Une scène superbe que je jouais avec Marie Cardinal, laquelle interprétait Lou Birkanian. Le Roi Boiteux et nous, ses amis, entrions alors dans l’adolescence, l’appel des sens, les premiers émois sexuels et les grands questionnements existentiels…

Dans cette scène, Lou me racontait le rire des femmes de sa tribu… et sa nuit de noce!  Cette nuit là, son mari était tellement saoul qu’il s’était endormi au lit, la laissant seule. En bas, la foule attendait, selon la tradition, l’apparition du drap taché de sang, prouvant la virginité de la jeune mariée et la virilité de l’homme. C’est finalement « l’homme d’honneur » du mari qui, sachant que le marié serait inopérant, est allé discrètement frapper à la porte des épousés et a dépucelé Lou, alors que le nouveau marié ronflait tout à côté!! Ce récit était fabuleusement rendu par Marie Cardinal, et représentait un moment tout à fait suave dans la pièce!

*1983*

LA CALIFORNIE création collective

Il s’agit certainement du spectacle le plus étrange auquel il m’ait été donné de participer au NTE! Une création collective basée sur des associations d’images, d’impressions et d’idées, pour arriver à une sorte de structure de représentation. À bas le récit linéaire, logique, psychologique et dramatique, on se promène ici dans des zones impressionnistes, des flashs, des morceaux de rêves, sans liens et sans rapports les uns avec les autres, sauf un seul petit élément, visuel ou simplement analogique qui nous amène au segment suivant. Au final, une série de 84 tableaux de 30 secondes à 3 minutes, entrecoupés de “noir”… Sur la photo, ces 4 petites filles qui rigolent dans la nuit, donnaient l’impression d’un dortoir de couvent, à une époque où les interdits et les non-dits étaient légions, mais la vie, les sens en éveil eux ne dormaient pas, et rigolaient sous les couvertures…

La Californie-1
Quel plaisir nous avons eu à laisser aller nos imaginations et en même temps, une grande rigueur prévalait dans notre mode de fonctionnement, nous obligeant à être tous les huit unanimes dans le choix des tableaux!

*1996*

MATINES: SADE AU PETIT DÉJEUNER

 

Jouer à 7h30 le matin des extraits de «La philosophie dans le boudoir» de Sade… oh là là, une expérience vraiment unique, loufoque, fabuleuse! Un dépaysement total, autant pour les acteurs que pour les spectateurs, et quel concept extraordinaire!  Les gens venaient «petit-déjeuner» en nous écoutant baiser à la radio, puis échanger devant eux sur nos différentes histoires de découverte sexuelle et notre exploration des propos philosophiques et politiques plutôt brillants du coquin Marquis… À 8h30 du matin, le public sortait, mallette sous le bras pour aller travailler, l’œil vif, le cerveau en alerte, complètement allumé… et nous aussi, il va s’en dire!

Matines Sade au petit d├®jeuner
C’était aussi le dernier spectacle de Robert Gravel, il mourait brusquement à peine 3 mois plus tard.

*2012*


INVENTION DU CHAUFFAGE CENTRAL EN NOUVELLE-FRANCE

1ère pièce de la trilogie L’histoire révélée du Canada français, 1608-1998

Un autre incroyable périple! Alexis Martin réalise là un rêve qu’il avait avec Jean-Pierre Ronfard: écrire une pièce sur notre Histoire! Et il relève ce formidable défi en créant, avec Daniel Brière à la mise en scène, une trilogie qui visitera près de 400 ans de l’histoire du Québec à travers 3 thèmes bien précis: notre rapport au climat, les cours d’eaux et la nourriture. Moins ambitieuse en longueur que le Roi Boiteux dont le cycle total durait 15 heures, cette trilogie l’est tout autant par la profondeur, la densité et la diversité des styles, vu les quatre siècles qu’elle traverse!

Ce projet nous donnera à nous, les acteurs, la possibilité de rencontrer et d’interpréter une multitude de personnages réels ou inventés, de visiter et mélanger joyeusement les époques et de se colletailler à différentes langues, enfin de nous déployer dans des registres que l’on a rarement le loisir d’explorer en dehors du NTE.

Invention du chauffage central

Sur cette photo, je suis Eva Circé Côté, l’une des rares libres-penseuses du début du 20e siècle, qui coanime ici  avec Charles Couillard (Luc Guérin), le cercle historique du comité Action-Chômage de St- Rock. Une scène magnifique qui basculait dans un des moments les plus tragiques de notre Histoire: la rébellion des Patriotes de 1837 et le saccage que les Anglais ont perpétré dans le but de nous assujettir. Luc Guérin devenait alors Louis-Joseph Papineau et nous livrait un vibrant discours sur l’importance de reprendre notre destinée en main.

*2014*

LE PAIN ET LE VIN
3e pièce de la trilogie d’Alexis Martin et Daniel Brière

Le pain et le vin _ version trilogie

La seule des trois pièces qui se déroulera de façon chronologique, c’est-à-dire de 1608 à 1998. On est ici en 1837. Dans la scène, on saigne le cochon et chacune des parties de la bête sera utilisée… pas de gaspillage! C’était l’époque où tout le monde se serrait les coudes, payait sa dîme et rendait grâce. Dans cette dernière partie de la trilogie, l’auteur, dans une facture toujours joyeuse, tient des propos plus graves et son constat, bien que dramatique, se veut tout de même  porteur d’espoir. Il nous rappelle  les valeurs communautaires qui ont permis à notre peuple de traverser les siècles et nous invite à les retrouver un peu, car un avenir basé sur les valeurs individualistes qui prévalent en ce début de 21e siècle, est voué à l’échec, à notre disparition! J’ai eu l’honneur et le bonheur d’y jouer Mme Jehanne Benoît, une pionnière de notre cuisine nationale, une femme remarquable et méconnue de notre histoire, comme tant d’autres… Encore merci Alexis et Daniel!


Christian Vézina «Le poète en robe de chambre»

Le 9 Février 2015 - NTE

De février à avril 2015, c’est votre chance de découvrir le maître d’oeuvre de notre prochaine création Collection printemps-été, Christian Vézina.

Christian Vézina 1

La série de spectacle «Le poète en robe de chambre» sera l’occasion de découvrir le répertoire et les coups de cœur de l’artiste.
Voici les dates à retenir !

 Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie

Des poèmes dans sa guitaredimanche 8 février à 15 hrs
Artiste invité: Thomas Carbou, guitariste improvisateur

Tout Ferron en quelques contes, le dimanche 29 mars à 15 hrs

Cousin, cousine, le dimanche 12 avril à 15 hrs
En compagnie de Lorraine Pintal, Christian Vézina explore  parenté littéraire de St-Denys Garneau et Anne Hébert.

À la Maison Brignon-dit-Lapierre (Montréal-Nord)

Des poèmes dans sa guitare,  mercredi 11 février 19 hrs

Je voulais te lire quelque chose, mercredi 15 avril 19hrs Mon invitée est Maude Guérin
Artiste invitée: Maude Guérin

Rendez-vous sur le site d’Accès culture Montréal pour plus d’informations et billets.


Joyeux Noël quand même…

Le 17 Décembre 2014 - NTE


Vidéo « transcendantal » pour les 35 ans du NTE !

Le 4 Décembre 2014 - NTE


L’école Robert-Gravel

Le 2 Décembre 2014 - NTE

C’est en présence de la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel Bourdon, qu’a eu lieu, le 17 novembre 2014, le dévoilement du nouveau nom de l’école secondaire Saint-Louis qui s’appelle désormais l’école Robert-Gravel. La cérémonie s’est déroulée en présence de membres de la famille de Robert Gravel ainsi que des personnalités du monde du théâtre : Daniel Brière, Danielle Proulx, Alexis Martin et Guylaine Tremblay.

Robert-Gravel n’est pas une école comme les autres : elle est la seule école du Québec entièrement dédiée à un programme art/études en art dramatique. Elle offre deux profils, soit l’interprétation et la production.

Voici l’allocution prononcée par Daniel et Alexis lors de la cérémonie :

« Robert GRAVEL a eu plusieurs passions dans sa vie, ce fut une vie de passionné et une vie passionnante que la sienne!
Des passions qu’il a pratiquées avec rigueur et plaisir, deux termes qui ne sont pas antinomiques dans son cas, activités diverses qu’il a cultivées de nombreuses années avec cette exigence de fidélité qui le caractérisait avant tout : Robert Gravel, c’est l’homme qui était droit comme l’épée du Roi!

Le Théâtre, bien sûr, mais aussi le dessin, l’écriture, l’improvisation… il aimait beaucoup la vie et cet amour se traduisait par une curiosité insatiable : astronomie, botanique, archéologie, chansons, calligraphie.

Et puis, surtout, malgré tout, malgré eux, dirais-je, il aimait les êtres humains. »

« Oui : les êtres humains, et particulièrement ceux qui ont été ses élèves! Car Robert a été, pendant de nombreuses années, un superbe professeur d’improvisation à l’École nationale de théâtre. Plusieurs de ses élèves sont aujourd’hui des comédiens reconnus, et certains ont eu l’occasion de s’illustrer dans les pièces qu’il a écrites.
Sa passion pour le théâtre, son amour de l’enseignement en font le candidat tout désigné pour la renomination de cette école qui met l’accent sur l’art théâtral.

Je crois que nous pouvons dire, mon camarade et moi, sans l’ombre d’une hésitation, que cette école qui porte désormais le nom de Robert Gravel, porte le nom d’une promesse qui n’a pas fini d’essaimer et de donner des fruits. »


Recette des herbes salées du Bas-du-fleuve

Le 14 Octobre 2014 - NTE

Confectionnez dans le confort de votre foyer notre recette inédite d’herbes salées du Bas-du-fleuve

« Hacher très fin en quantités égales : ciboulette, sarriette, persil, carotte râpée, feuilles de céleri et queue d’oignons verts. Bien mélanger dans un cul-de-poule. Mettre dans des pots stérilisés en alternant des couches d’herbes de 2,5 cm avec des couches de gros sel. Ajouter 30 ml d’eau froide. Couvrir et laisser macérer quelques temps avant d’utiliser. »

Extrait du livre de Martin Fournier, Jardins et potagers en Nouvelle-France, Édition du Septentrion, Sillery, 2004.


Les Gigonis Brothers

Le 30 Septembre 2014 - NTE

Coup d’éclat lors de la soirée en hommage à Marthe Boulianne le 26 août dernier à Espace Libre, alors que les Gigonis Brothers ont offert une prestation électrisante devant un public en délire et complètement sous le choc de cette apparition surprise.


Voici un résumé de leur carrière, gracieuseté de Chansonpédia (2014) :

Les Gigonis Brothers, Tonio et Armano, sont nés et ont grandi dans le quartier italien de Roberval, au Lac St-Jean. Ils ont fait leurs premières apparitions lors de la série de cabarets qu’a donnée le NTE à Espace Libre au milieu des années 90. Ils y présentaient des créations originales, souvent inspirées par la chanson populaire du moment, sortes de récits poétiques et dansants, entrelardés de récitatifs lyriques. Ils nous ont aussi offert plusieurs sketchs, auxquels prenaient part certains de leurs bons amis, tels le Dr Rusty Staub ou encore le chanteur Francis Martin.

Après un passage mitigé au Festival Juste pour rire, ou manifestement le public et les organisateurs n’étaient prêts à accueillir leur poésie, ils ont peu à peu mis un frein à leurs activités.

On a quand même pu les voir lors d’une émission du Plaisir croit avec l’usage en hommage à Guylaine Tremblay, une de leur vraie fan.

Reviendront-ils sur scène ? Bien malin qui s’aventurerait à statuer là-dessus.

Quelques-uns de leurs titres : Tiens moi la branche, Un soir à Chicoutimi, Ce soir on fait l’amour à l’italienne, ou encore Bamboula.

———–

Et en exclusivité mondiale, voici les paroles de leur succès Le petit matin à l’hôtel :

Le petit matin à l’hôtel

Le petit matin lève un œil sur notre amour
Et nos deux corps sans sève se disent le bonjour
Danse…
Quelle veillée d’amour avons-nous passé là?
Près de ton carrefour mon corps tu l’enchaînas

Nos deux anatomies l’une à l’autre ont promis
Les trésors du couplage que permets ton ancrage

Refrain
Par des caresses des cochonneries
Par des promesses d’érotomanie
Par nos organes tressés dans la nuit
Et tous les astres qui disaient oui!
Danse…

Par ta chemise déclose
Une vallée offerte
Deux pentes qui s’adossent
Oh! La douce croisette!

Poème
Car tu le sais Hélène, les yeux pleins de sable et la berge dure sous nos pas,
Nous nous en sommes endormis d’un long rêve
Mais les lumières du chalet nous en chargerons de nous en éveiller

Danse…

Mais il faut se quitter
Déjà je sais c’est dur
C’est la fin de l’été
La clef dans la serrure

Refrain
Oh tu es si forte dans ta faiblesse
Oh tu es si tendre dans ta freignesse
Mais ce dernier mot il n’existe pas
Car je le forge juste pour toi
Solo

Je te laisse enceinte, tu iras chez ta mère
Qui calmera tes plaintes, moi je reprends la mer

Et un beau jour qui sait? Si ça adonne ben
Reviendrai enfourner Mon désir en le tien…
Refrain
Par des caresses, des cochonneries
Par des promesses d’érotomanie
Par nos organes fumés dans la nuit
Et tous les astres qui disaient Oui!


Inspiration pour l’écriture et la création de la trilogie

Le - NTE

Dans les dernières années de sa vie active, mon père, le journaliste Louis Martin, était l’un des rédacteurs du projet télévisuel de Radio-Canada : «Le Canada, une histoire populaire».
Je me souviens d’avoir parler souvent avec lui des prémisses de ce projet : notamment, mon père s’interrogeait sur la façon de traiter l’histoire du continent, mais sans passer par les canaux habituels, en évitant l’historiographie officielle, convenue. Mon père cherchait une façon de raconter de façon concrète l’histoire de cet immense territoire, une forme de récit qui pourrait toucher le public très large de Radio-Canada, tout en restant collée aux faits…

C’est alors qu’il m’a parlé, un soir glacé de novembre dans son bureau à l’étage, l’ancienne chambre qu’un de mes frères et moi avions partagé longtemps; je me souviens qu’il m’a parlé de raconter cette histoire du pays, mais en suivant le fil… des rivières. Il fallait raconter l’histoire du Canada à partir des rivières, disait-il; oui : leur occupation, leur aménagement, leur situation géopolitique. Tout devait pouvoir s’expliquer à travers les cours d’eau, ces voies royales de pénétration dans un pays neuf… du moins pour les Européens ! Plus tard arriveraient le chemin de fer et l’automobile, mais à cette étape, je compris qu’il envisageait une exploration géophysique, un récit inspiré par la géographie comme point de vue déterminant, principal, de l’œuvre.

C’est un peu cette optique que nous avons choisi, Daniel et moi, pour construire la trilogie de «L’histoire révélée du Canada français 1608-1998».
Le premier volet s’articule autour du chauffage (le climat) ; le deuxième comprend les rivières (les voies d’échanges) et le troisième l’alimentation (le corps et le sang). Bien sûr, il ne s’agit jamais d’inventaire ou de parcours exhaustif ; il s’agit au contraire de stimuler l’imagination et la pensée métaphorique, associative. Le spectateur n’est pas convié à une dégustation encyclopédique mais à une élucubration, une fabulation inspirée par un thème précis, où faits avérés, « historiques », et développements intempestifs se mêlent dans un ballet imprévisible !

Alexis MARTIN


Texte d’Alexis sur la fiction versus l’histoire

Le 16 Septembre 2014 - NTE

Lacunes, fiction, histoire

La nature lacunaire de l’histoire est la chance de la fiction : c’est dans les blancs de l’histoire, ses trous, que le roman du théâtre peut naître.  Je sais tout ce qu’il y a de grave à vouloir jouer avec cette portée explosive de l’histoire : on ne s’amuse pas impunément avec la « vérité historique » ! Encore faudrait-il la cerner, cette vérité historique! Je peux certes dire avec les historiens que telle bataille a bien eu lieu à Verdun, et que tel homme est bien né en 1964. Cependant, je doute qu’aucun d’eux ne puisse prétendre m’expliquer de façon exhaustive et définitive le pourquoi et le comment de ces événements. L’historien, comme l’écrivain de fiction, est condamné à l’intrigue : bâtir un récit parcellaire autour d’un fait, d’un geste, d’un nom; insérer ce récit dans une série de récits plus longue, qui le dépasse et l’inclut; désigner les suites qu’il promet. C’est ce qui arrive, du moins, quand l’auteur de théâtre choisit un fait ou un personnage historique; il brode lui aussi autour d’un fait avéré. Mais une différence apparaît rapidement : l’auteur de fiction brode avec un sans-gêne épouvantable, sans vergogne, tirant son récit vers la cause de l’art dramatique, parce que pour lui, c’est ce qui est dramatique qui est intéressant. Là où l’historien compose avec prudence, s’appuyant sur des sources, protestant sans cesse de sa neutralité, s’armant d’une variété de points de vue, se réclamant même d’une part de l’esprit scientifique, toutes excuses courantes dans ce domaine, l’auteur de théâtre, lui, avoue d’emblée sa faiblesse, sa maladie : la vérité qu’il cherche n’est pas la vérité historique, mais la vérité de sa propre interrogation (son drame! ).

Alexis Martin
Extrait de la postface de « Transit section 20 suivi de Hitler », Martin Alexis et Ronfard Jean-Pierre, Éditions Boréal, Montréal, 2002.


Bibliographie d’Alexis Martin pour l’écriture de la pièce « Le pain et le vin »

Le 3 Septembre 2014 - NTE


BIBLIOGRAPHIE
:

Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France, Bernard Audet , GID, Québec, 2001.
Menu quotidien en Nouvelle-France, Hélène-Andrée Bizier, Art Global, Montréal, 2005.
À table en Nouvelle-France : alimentation populaire et grastronomie, Yvon Desloges, Septentrion, Sillery, 2009
Jardins et potagers en Nouvelle-France, joie de vivre et patrimoine culinaire, Martin Fournier, Septentrion, Sillery, 2004
Histoire des peurs alimentaires, Madeleine de Ferrières, Seuil, Paris, 2002
Chroniques gastronomiques québécoises, Jean-Pierre Lemasson, Del Busso, Montréal, 2012 >
Totem et tabou, S. Freud
Le mangeur hypermoderne, François Ascher, Odile Jacob, Paris, 2005.
Nudités, Giorgio Agamben, Rivages, Paris, 2009.
La Souveraineté, Georges Bataille
Les Hurons-Wendats. Une civilisation méconnue, Presses de l’Université Laval, 1994.
Relations des Jésuites, 1647-1655, Éditions du Jour, Montréal 1972.
La Cuisine raisonnée, c.n.d., Fides, Anjou, 2008.
La jungle, Upton Sinclair, Éd. Gutenberg(352), 2008
L’encyclopédie de la cuisine de Jehane Benoit, Renouveau pédagogique (édition), Ville Saint-Laurent, 1991.
Martyrs du Canada, H. Fouqueray, s.j.
Blessures de mémoire, Michel Schneider. Gallimard, Paris, 1980.
Le rêve de Champlain, David Hackett Fischer, Boréal, Montréal, 2011.
L’Annedda ou l’arbre de vie, Jacques Mathieu, Septentrion, Sillery, 2009.
Dialogues avec un sauvage, Louis Lahontan, Lux, Montréal, 2010.
Histoire des patriotes, Gérard Filteau, Septentrion, Sillery, 2003.
Papineau, discours colligés par Y. Lamonde et C. Larin
Théorie de la signature des plantes, Michel Denizot,  Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, 2006.

 

 

 


La pub web “Le pain et le vin”

Le 27 Août 2014 - NTE


Entrez dans les coulisses de la trilogie

Le 9 Juin 2014 - NTE


La trilogie… aucun répit pendant les pauses !

Le 2 Juin 2014 - NTE


Une présence scénique incroyable… un magnétisme fou !

Le 21 Mai 2014 - NTE

Pour ses nombreux admirateurs, voici quelques secrets sur Shaddy, la chienne qui accompagne les acteurs de la trilogie depuis le tout premier volet.


Shaddy
est une Labrador/bracque âgée de 7-8 ans.
Pierre-Antoine Lasnier, comédien dans la trilogie, est son troisième maître à vie. On ignore ce que sont devenus ses deux premiers maîtres et l’on s’inquiète un peu pour Pierre-Antoine…  Blague à part, Shaddy est une grande pacifique. Plus joueuse que chasseuse, elle n’a jamais fait de mal à un chat, ni même à un écureuil.

L’hiver dernier, elle s’est perdue pendant toute une nuit près du Mont-Royal.D’aucuns l’auraient aperçu monter les marches de l’Oratoire… Elle a finalement été retrouvée, saine et sauve, sur le paillasson d’un 2e étage, chemin Queen Mary.

Ses parcs préférés : le Mont-Royal bien sûr, et le parc Lafontaine (sans laisse).
Son met favori : peau de saumon, bio ou pas, selon le portefeuille du maître.

Shaddy adore venir travailler au théâtre.
Au départ, elle a eu maille à partir avec Luc Guérin (male alpha?) lors des répétitions du spectacle « Invention du chauffage… ».  Par contre, elle s’est très rapidement entichée de Jacques L’Heureux, grand complice du NTE.  François Papineau peut aussi se targuer d’avoir un fort ascendant sur Shaddy, même si Alexis Martin la courtise continuellement. Quant à Steve Laplante, il est, parait-il, un peu blessé par l’indépendance de Shaddy. Domique Pétin, qui se méfiait des chiens depuis sa tendre enfance à cause d’une expérience traumatisante, est tombée sous le charme de Shaddy : « une chienne loyale, docile, sensible et intelligente, qui m’a donné envie d’adopter Baptiste, un Border Collie vif et brillant avec lequel je partage maintenant mon quotidien ».

Voilà pour la petite histoire.
Longue vie à Shaddy !


À propos de Marthe BOULIANNE

Le 13 Mai 2014 - NTE

Marthe Boulianne, notre chère codirectrice, a reçu le Prix Sentinelle Carrière du CQT le 27 mars dernier lors de la Journée Mondiale du Théâtre. Ce prix prestigieux vise à souligner la contribution exceptionnelle d’un travailleur culturel œuvrant dans le milieu théâtral. Voici l’hommage que Daniel Brière et Alexis Martin lui ont rendu lors de la remise du prix:

« À la fois, administratrice, gérante de chantier, cusinière de haut vol, cheerleader artistique, organistarice, lobbyiste, infirmière, comptable, Marthe BOULIANNE est l’exemplification même des ces infatigables travailleuses de la culture sans qui la scène culturelle et artistique québécoise n’existerait tout simplement pas. En trente ans de travail constant, parfois ingrat, souvent heureux, elle a présidé à la rénovation d’un théâtre, Espace libre, la consolidation et le développement d’une compagnie de création qui fête ses trente-cinq printemps cette année, l’animation d’innombrables soirées de première, la coordination d’une forme pionnière de partage des ressources entre plusieurs compagnies aux missions dissemblables…

Somme toute, elle a partagé avec nous et tous les spectateurs sa passion pour un art véritablement vivant, à la fois original et accessible, devenant elle-même le prototype du spectateur engagé, ce spectateur qui veut à tout prix que l’œuvre advienne, naisse, dans les meilleurs conditions possibles, et ce pour son plus grand plaisir. Une spectatrice avertie des écueils et des forces qui troublent ou propulsent la création dans une culture minoritaire, trop souvent en butte à l’incompréhension des pouvoirs publics, mais qui refuse de mourir, qui clame avec acharnement son droit à dire, sa foi dans le destin artistique de tout homme et de toute femme, car le philosphe nous le dit : c’est en poète que l’homme habite la terre; c’est-à-dire : notre destinée est de faire apparaître ce qui est occulté, donner à voir, pro-duire, conduire à la lumière, et c’est le sens du mot : [τεάτρ].»

Alexis Martin et Daniel Brière


Entretien avec Gilles Dostaler, co-auteur de «Capitalisme et pulsion de mort»

Le 13 Novembre 2013 - NTE

Capitalisme et pulsion de mort.
Un entretien avec Gilles Dostaler, co-auteur, avec Bernard Maris, de «Capitalisme et pulsion de mort», un livre qui a fortement inspiré les créateurs de «Viande à chien».

Le 5 mars 2009, Pierre Lefebvre et Robert Richard de la revue Liberté ont rencontré Gilles Dostaler, grand spécialiste de Keynes, qui a bien voulu répondre à leurs questions.
Accédez à l’article ici

Avec l’aimable autorisation de la revue

Extrait de la Revue Liberté Vol. 51, n° 2, (284) 2009, p. 121-138.

www.revueliberte.ca

 

 


Une bande dessinée en amont du spectacle !

Le - NTE


Une visite chez Pierre Grignon dans les ”pays d’en haut”

Le 23 Octobre 2013 - NTE


Pour la nouvelle brochure d’Espace Libre, le bédéiste Bruno Rouyère a illustré notre prochain spectacle.

Le 10 Septembre 2013 - NTE


Vidéo: L’escapade estivale de Daniel et Alexis

Le - NTE


Histoire: un théâtre de l’oubli et de la mémoire

Le 26 Mars 2013 - NTE

Dans tout récit national, Mémoire et Oubli entretiennent une relation complexe, qui varie au fil des ans, des générations et des événements : des faits tombent dans l’oubli, d’autres sont rappelés à la conscience, dans un ballet incessant, trouble et difficile à décrypter. L’on sait bien que l’histoire nationale est instrumentalisée chaque jour, à la veille de chaque décision importante, rappelée cavalièrement ou discrètement ignorée, que l’on y trouve des exemples inspirants ou encore des dettes impayées, des crimes occultés et des espoirs déçus. Chez nous, au Québec, notre rapport à l’histoire semble marqué par une forme de nonchalance, pour ne pas dire d’indifférence, de sorte que le théâtre québécois a, sauf exception, peu traité de sujets qui puisent leur matière dans le matériau historique national. Prophylaxie involontaire de la part d’un peuple vaincu une fois de trop?

Le philosophe allemand F. Nietzsche nous dit bien, dans sa Seconde Considération inactuelle, que l’oubli est essentiel à la santé, celle d’un individu comme celle d’un peuple : en effet, quel intolérable régime serait celui de vivre dans une espèce d’hypermnésie, incapable de dormir, de respirer, de s’affranchir du poids du passé; de sorte qu’en effet, le passé peut, d’une certaine façon, devenir le « fossoyeur du présent », s’il contamine toutes les sphères de notre conscience et de notre identité. On a vu tant de guerres récentes où une mémoire exacerbée, furieuse, sans repos, peut devenir un terrible instrument entre les mains de fanatiques. Pour reprendre la belle formule du philosophe Héraclite et qui recoupe notre thème de ce soir (les cours d’eau), il y a danger de « perdre pied dans la rivière de l’histoire ».

Pourtant, le diagnostic se complexifie toujours chez Nietzsche : en effet, un oubli inconsidéré, aliénant, sans nuance, n’est pas, non plus, la Santé! Un peuple doit se souvenir de ses bonnes comme de ses moins bonnes aventures; en fait, le philosophe nous dit qu’il faut apprendre à voir le passé et ses événements sous l’angle historique, c’est-à-dire, si je ne m’abuse, comprendre en quoi certains événements ont été décisifs dans la formation de la conscience ou du caractère d’un groupe donné. Mais quel est donc le critère fondateur d’une telle recherche?

Notre interprétation du passé, notre réitération dans les forêts denses des choses enfuies, sur quel impératif doit-elle se fonder pour ne pas devenir vaine interrogation ou même instrumentalisation mesquine en vue de glorifier un parti ou l’autre, un groupe ou un autre? Ici, le philosophe nous donne une réponse à la fois lumineuse et lourde de sens :
« C’est seulement quand il peut utiliser l’histoire et le passé au service de la Vie, que l’homme devient homme. »
Non seulement l’histoire et son interprétation doivent-elles mener à l’amour de la Vie, mais de surcroît l’accomplissement de ce qu’il y a de plus humain en nous serait lié à notre rapport au passé… Ouf! Lourd programme! Essayons ensemble, ce soir, de ne pas décevoir Monsieur Nietzsche, et de comprendre un peu mieux ce qu’il veut nous dire et ce vers quoi il fait signe.

Alexis MARTIN
(texte publié dans le programme de la pièce “Les chemins qui marchent”)

Photo du spectacle: Gilbert Duclos


Extraits du spectacle « Les chemins qui marchent »

Le 5 Mars 2013 - NTE


Vidéo “Les chemins qui marchent”

Le 14 Février 2013 - NTE


Meilleurs vœux du NTE

Le 17 Décembre 2012 - NTE


Papiers perdus… retrouvés

Le 11 Décembre 2012 - NTE

Voici une collection de feuilles volantes, qui sont le reposoir de notes, pensées, lubies de l’écrivain au cours de son travail d’élaboration de la trilogie sur l’histoire du Canada français. Des notes adressées à lui-même, comme si l’Autre qui est l’œuvre, tendait l’oreille et exigeait des éclaircissements

Alexis Martin

 


Daniel Brière nous parle de “LEO”

Le 24 Octobre 2012 - NTE

Au fil de mon parcours comme comédien et comme metteur en scène, j’ai toujours réfléchi à la notion d’écriture scénique, et aux différents matériaux (littéraires ou autres) qui peuvent construire une dramaturgie.
J’ai ressenti une très forte parenté d’esprit avec un certain théâtre contemporain allemand, que j’ai découvert au début des années 2000. La force et la radicalité de l’écriture scénique de spectacles allemands ont ainsi réaffirmé mon désir d’envisager la mise en scène comme une écriture à part entière, écriture qui n’est pas toujours, pas forcément, au service d’un texte dramatique.

C’est au moment des répétitions du Plan américain (création du Nouveau théâtre expérimental, 2008), que la compagnie allemande Circle of eleven m’a approché en m’offrant d’être metteur en scène invité pour créer un spectacle. Alors que la tradition de cette compagnie était plutôt la création de spectacles circassiens, son directeur a manifesté le désir de développer un objet théâtral plus pointu, en explorant les possibilités de créer un spectacle hybride entre le théâtre, la danse et le cirque.

Le défi était de taille, puisqu’il s’agissait de développer un spectacle d’environ une heure, avec un seul interprète, Tobias Wegner, à partir d’un segment de cinq minutes. Ce segment était une idée originale de l’interprète, et c’est dans une grande intimité que nous avons travaillé ensemble à partir de cette idée. Cette invitation était absolument en phase avec mes réflexions sur ma pratique et sur le travail de mise en scène puisque, pour la première fois, le point de départ n’était pas un texte, mais plutôt une gestuelle, ainsi qu’une technologie interrogeant la perception. Jouer ainsi avec la duperie et l’illusion m’a semblé un territoire d’exploration formidable !

Les résidences de création ont eu lieu en alternance à Berlin et à Montréal. La période de travail au Nouveau théâtre expérimental m’a permis, en quelque sorte, d’arrimer ce qui constituait une nouvelle expérience à mon parcours entamé au NTE depuis plusieurs années. Bien avant que je devienne co-directeur, le Nouveau théâtre expérimental a soutenu ma démarche de metteur en scène. Jean-Pierre Ronfard m’a ouvert les portes du NTE comme comédien, mais, rapidement, il m’a encouragé à mettre en scène des ateliers ou des spectacles. Depuis que je partage la direction avec Alexis Martin, j’ai le privilège de pouvoir, comme metteur en scène, explorer régulièrement ma pratique dans la plus grande liberté. Je crois que Léo est un spectacle qui ressemble à ma façon de voir le théâtre et surtout à ma perpétuelle remise en question des définitions et des contours de ma pratique. Il est donc non seulement cohérent mais important que le fruit de cette aventure à l’étranger soit présenté entre les murs du Nouveau théâtre expérimental.

DRAMATURGIE SILENCIEUSE

Léo est un spectacle difficile à nommer, à catégoriser, car il est précisément né d’une démarche inclassable. Il s’agit d’un spectacle où aucun mot n’est prononcé, et pourtant il existe bien une courbe dramatique, des enjeux, une quête, et un personnage qui évolue et se transforme. J’aurais pu dire « dramaturgie de plateau », « partition scénique », ou toute expression nous rapprochant d’un théâtre qui ne repose pas sur un texte. C’est un objet qui, à mes yeux, appartient véritablement au théâtre, car il s’agit d’une écriture dont la précision est équivalente à la précision de la langue d’un dramaturge. Chaque temps, chaque suspension, chaque geste, chaque expression du visage de l’interprète, tout a été choisi comme l’écrivain choisit ses mots.

Si la prouesse physique et technique de l’interprète Tobias Wegner procure au spectateur une sorte de jubilation propre  l’art du cirque, j’ai cherché à ce que cet aspect demeure subtil. La théâtralité de la proposition réside donc dans le mariage entre le spectaculaire et le non spectaculaire, entre la réalité et le fantasme, entre la nature et le rêve, entre la vie soumise aux lois de cette nature (la gravité) et la projection d’un soi dégagé de sa condition.

L’HUMOUR

L’humour de Léo repose principalement sur la transparence d’un procédé créant une illusion. Le spectateur trompé choisit délibérément d’être trompé. Il participe volontiers, en quelque sorte, à sa propre duperie. Il est un « manipulé consentant », et s’en amuse. À mes yeux, le spectacle atteint sa pleine force quand le spectateur est surpris par l’émotion qui peut le gagner malgré l’apparente légèreté de cette proposition ludique. Par instants, la solitude et le désarroi du personnage sont plus forts que « l’ingénieuse magie » qui fait rire ou sourire. La poésie du spectacle réside, entre autres, en ce personnage qui transcende sa réalité, qui, en quelque sorte, déplace, désoriente, défamiliarise le spectateur : l’ordinaire est ainsi désaxé, et nous sommes en situation de poésie.

Daniel Brière


Alexis Martin partage sa bibliographie pour “Les Chemins qui marchent”

Le 23 Octobre 2012 - NTE

Pour écrire ce deuxième volet de l’Histoire révélée du Canada français, Les Chemins qui marchent, j’ai eu recours à une multitude de sources historiographiques.  J’aimerais, comme je le fis pour la pièce précédente, Invention du chauffage central en Nouvelle France, vous tracer une liste des titres importants qui ont meublé ma recherche :

Je ne saurais dire à quel point la maison d’édition Septentrion, a été une source profuse d’informations, oui, il y a là un trésor de mémoire dont tous les Québécois(es) devraient être fier(e)s !

L’on verra en consultant cette liste partielle des ouvrages consultés pour la confection de la pièce Les Chemins qui marchent, qu’il y a, à la fois un fil, (ténu par moment c’est vrai man !…), et une grande tentation centripète, comme si le dramaturge engagé dans son travail de synthèse historique était lui-même happé par l’extraordinaire variété de lumières et de tons qui s’offrent à lui en parcourant la matière hétérogène de l’Histoire. Cette tension entre le centre de gravité et la prolixité de cette même histoire, le fait qu’elle soit la même et jamais semblable, cette liste bibliographique en donne un aperçu ! Un jeu de saute-mouton mental incroyable, super trippant, et comme dit le philosophe, la tâche de la pensée, (et du dramaturge !), n’est-elle pas de relier des singularités apparemment sans lien, et de créer un nouvel aspect du monde et les attachant l’une à l’autre ?

– Alexis Martin

Liste des ouvrages :

Empire et métissages, Gilles Havard, Septentrion, Sillery 2003.

Relations des Jésuites 1611-1636, Tome 1, Éditions du Jour, Montréal 1972.

Les Voyageurs d’autrefois sur la Côte-du-Sud, Gaston Deschênes, Septentrion, Sillery 2001.

Le Saint-Laurent, Jean-Claude Lasserre, Hurtubise, Montréal 1980.

Croyances et rituels chez les Innus 1603-1650, Jean-Louis Fontaine, GID, Québec 2006.

La forêt vive, Rémi Savard, Boréal, Montréal 2004.

Carcajou et le sens du monde, Rémi Savard, BNQ, Montréal 1971.

Les transformations du paysage et de la société au Québec sous le régime seigneurial, Colin M. Coates, Septentrion, Sillery 2003.

Maisonneuve, Pierre Benoît, Éditions Mame, Tours 1960.

Critique et Clinique, Gilles Deleuze, Éditions de Minuit, Paris, 1993.

Frontenac, W.J. Eccles, HMH, Montréal, 1962.

Champlain’s dream, D.H. Fischer, Vintage Canada, Toronto, 2008.

La civilisation de la Nouvelle-France 1713-1744, Guy Frégault, Fides, Montréal 1969.

Écrits en Huronie, Jean de Brébeuf, Leméac, Montréal, 1993.

La paix de la foi, Nicolas de Cues, Téqui éd., Paris 2008.

Au secours de l’Amérique française, S. de Champlain, Septentrion, Sillery 2011.

Voyages en Nouvelle-France, S. de Champlain, Cosmopole, Paris 2001.

Louis Jolliet, Véronique Larin, XYZ, Montréal, 2002.

Chronologie du Québec, Jean Provencher, Boreéal éditeurs, Montréal, 2008.

Voyages du père Marquette

Iroquoisie, T. III et IV, Léo-Paul Desrosiers, Septentrion, Sillery.

L’Eau et les Rêves, Gaston Bachelard, José Corti, Paris 1942.

Les Innus et le territoire, Jean-Paul Lacasse, Septentrion, Sillery 2004.

Jugement du Juge Albert H. Malouf dans la cause des Cris contre le gouvernement du Québec, Cour supérieure du Québec, Montréal 1973.

Les Rébellions de 1837-1838, Jean-Paul Bernard, Boréal, Montréal 1983.

Les Réformistes, Éric Bédard, Boréal, Montréal 200…

Confessions d’un mangeur d’opium anglais, Thomas de Quincey, Gallimard, Paris 1990.

Anthologie de la poésie chinoise classique, NRF, Gallimard, sous la direction de Paul Demiéville, Paris, 1962.

Histoires extraordinaires, E. A. Poe, traduction C. Baudelaire, Gallimard, Paris, 1973.

Strangers devour our land, Boyce Richardson, MacMillan Canada, 1975.

Histoire sociale des idées au Québec, Yvan Lamonde, Fides, Montréal, 2000.

Commission royale d’enquête chargée d’enquêter sur les événements qui se sont produits à Arvida, P.Q. en juillet 1941, Imprimeur du roi, Ottawa, 1941.

Le trust de l’aluminium et Arvida, par Burton Ledoux, traduit de l’anglais, L’Action nationale, Montréal, 1943.

Epigenetics, How environment shapes our genes, R. C. Francis, Norton, new York, 2011.

Communauté et société, F. Tönnies, PUF, Paris, 2010.

L.-J. Papineau, un demi siècle de combats, choix de textes Yvan Lamonde et Claude Larin, Fides, Montréal, 1998.

Henri Bourassa, Robert Rumilly, éditions Chanteclerc, Montréal, 1953.

Deux voyages sur le St Maurice, Napoléon Caron, Septentrion, Sillery, 2000.

William Price, Louise Dechêne, Université Laval, Québec, 1964

*Photo Alexis Martin  ©Michel Ostaszewski


Les chemins qui marchent: la bande-annonce

Le 17 Octobre 2012 - NTE


LEO, la bande-annonce

Le 19 Septembre 2012 - NTE


Lancement saison 2012-2013 d’Espace Libre

Le 22 Août 2012 - NTE

photo Sylvain Majeauphoto Sylvain MajeauPhoto Sylvain Majeau


LEO vu par Daniel Brière

Le 22 Mai 2012 - NTE


De la grande visite au NTE !

Le 13 Avril 2012 - NTE


Espace Libre fait revivre les années folles !

Le 13 Mars 2012 - NTE

Ne manquez pas La balade des années folles au chic music-hall Espace Libre !
Le lundi 16 avril 2012 à 19 heures

Une soirée-bénéfice qui réunit pour une première fois sous une même bannière les trois entités qui logent à la Caserne 19: Espace Libre, le NTE et Omnibus .
Cette soirée festive, sous la présidence d’honneur de Madame Guylaine Tremblay, se tiendra le lundi 16 avril 2012 à 19 h, à Espace Libre, 1945, rue Fullum. Elle prendra la forme d’une folle promenade dans l’ensemble de notre théâtre, dénudé pour vous en cette occasion. Célébrités, artistes, comédiens et autres gens libres vous accompagneront dans ce parcours inédit proposant une dégustation artistique savoureusement concoctée par nos trois entités résidentes.

Pas de prohibition chez nous, que la fête ! Piano-man, films muets, jazz et Charleston, tout ça et bien plus ! Les Moulins rouges et autres Crazy Horses peuvent aller se rhabiller. Le 16 avril, la fête se passe dans notre music-hall ! C’est l’âge d’or du boa, des chapeaux cloches et des hauts de formes, de la coquinerie et du porte-cigarette. Mesdames, messieurs, costumez-vous, soyez chics, sensuels, inspirez-vous du noir et blanc du cinéma muet et des complets
d’Al Capone ! La guerre est finie, le monde nous appartient. Ce sont les années folles!

Le mouvement dadaïsme proclamait : « Rien pour demain, rien pour hier, tout pour aujourd’hui ! » Venez célébrer avant la prochaine crise économique, venez vivre et repousser la grande dépression !

Bien que cette soirée place sous la même adresse Espace Libre, Omnibus et le NTE, les fonds recueillis grâce à vous iront spécifiquement au NTE, nous donnant les moyens de poursuivre notre mission avec encore plus de vigueur et de continuer à offrir au public des productions audacieuses dans les meilleures conditions.

Nous serions très honorés de votre soutien et de votre présence à cet événement.

Procurez-vous vos billets au coût de 200 $ chacun pour lesquels un reçu aux fins d’impôt de 150 $ vous sera émis.
Réservez avant le 2 avril 2012 (17 h) auprès de Marthe Boulianne, codirectrice du NTE :
Téléphone : 514-521-4199
Courriel : donateur.nte@gmail.com


ICCNF en photos

Le 21 Février 2012 - NTE


“The Order of Good Cheer” (L’Ordre de Bon-Temps), illustration de Charles-William Jefferys, 1925.

Le 20 Février 2012 - NTE

Champlain: “Nous nous efforcerons à la bonne humeur en dévorant les proies du jour ; nul esprit chagrin ne sera toléré parmi nous ! Ainsi le cruel hiver sera tenu en rade !”
Extrait de la scène de la fondation de l’Ordre de Bon-Temps à Port-Royal en Acadie, “Invention du chauffage central en Nouvelle-France”, Alexis Martin.


NRE- épisode 2

Le 2 Février 2012 - NTE


Bibliographie géographique et commentée de la pièce “Invention du chauffage central en Nouvelle-France”

Le 16 Janvier 2012 - NTE

 


Alexis Martin, auteur d’Invention du chauffage central en Nouvelle-France, nous livre une bibliographie géographique et commentée. Une multitude d’ouvrages, tous plus fascinants les uns que les autres, et dénichés dans une foule d’endroits ; de Québec à Sherbrooke, en passant par Ogunquit !

À Montréal

Bibliothèque de mon père

« Les Relations des Jésuites » : un trésor inestimable de ces missionnaires qui jouent aux anthropologues avant même que cette discipline existe, avec tous les a priori de la posture évangélique, évidemment, mais aussi avec un sens du détail extraordinaire, ce qui nous donne des documents exceptionnels pour comprendre le choc des civilisations, de première main !

Un ouvrage phare du grand mouvement de la décolonisation : le « Portrait du colonisé » d’Albert Memmi. À lire absolument, pour reconnaître certains traits qui ne sont pas loin de ceux que nous renvoie notre miroir collectif… quand il se décide à réfléchir.

« L’homme rapaillé » de Gaston Miron, aux presses de l’UdM. Un livre qui fonde une sorte de modernité poétique québécoise, mais qui aussi, expose à vif le nerf identitaire trop longtemps confiné sous les manchettes en taffetas noirs des prêtres. Un livre incontournable bien sûr, non seulement pour la communauté poétique internationale, mais pour n’importe quel Canadien français qui se cherche, veut se connaître, comprendre ceux qui l’ont précédé, mais encore, ce qu’il est advenu de lui-même.

« Louis-Joseph Papineau : un demi-siècle de combats : interventions publiques »

Choix de texte et présentation Yvan Lamonde et Claude Larin, éditions FIDES, Montréal, 1998. Toujours dans les rayonnages familiaux.

Un livre riche, qui nous colle directement à la pensée en acte de Papineau, à ses oraisons, sans ambages, sans préambule, on est dans l’oralité et la pensée de Papineau, un tribun et un penseur important, précurseur certainement de ce qu’on a appelé la Révolution tranquille, qui est une révolution … préparée de longue date ! La roue tourne lentement au Québec ! L’essieu est gelé…

« Henri Bourassa, la vie publique d’un grand canadien », de Robert Rumilly. éditions Chantecler, Montréal.

Le livre biographique de Robert Rumilly sur Henri Bourassa, héritier célèbre de Papineau, et pas seulement le nom d’un boulevard laid au nord de Montréal… Rumilly, un drôle de zigue qui a cartographié de façon ultra méthodique l’histoire du Canada français, sans cacher ses lourds penchants catholique, duplessiste et royaliste ! Un monsieur qui devait sûrement écrire cinquante pages par jour en moyenne. Un scribe infatigable, chroniqueur d’un peuple qui lui était étranger de prime abord, mais qui permet, à travers sa prose abondante, de retrouver le fil de l’histoire de façon précise, même si elle est fortement teintée d’a priori catholicards. Un livre tout défait, que j’ai fait relier de nouveau, qui appartenait à mon père ; livre qu’il a consulté souvent je crois, tout en prenant des précautions prophylactiques intellectuelles.

D’autres ouvrages dénichés dans les rayonnages familiaux…

Pierre Desffontaines, « L’homme et l’hiver au Canada » ; Guy Laflèche,  « Le Missionnaire, l’Apostat et le Sorcier »PUM, 1973 ; « L’hiver en Nouvelle-France », Cahiers du Québec, HMH ; Marcel Trudel, « Histoire de la Nouvelle France », Fides, 1963.

Livres trouvés à la librairie Le Chercheur de Trésor sur la rue Ontario à Montréal : les « Cahiers des Dix » à 5 piasses le numéro… Un livre sur Nelligan et un autre sur Louis Riel. Curieusement, les deux ont été traités pour des troubles mentaux dans le Québec du XIXe siècle mais ils n’étaient pas fous !

Bibliothèque et archives nationales du Québec : un lieu d’une grande beauté, au cœur de la ville, une sorte de poumon encagé dans les tièdes chambres de bois de l’édifice de la rue Berri. La Grande bibliothèque est un oasis rêvé : j’y ai trouvé un nombre incalculable de documents : «Louis Riel » par Maggie Siggins, une biographie exhaustive de ce personnage plus grand que nature, véritable prophète d’une nation métisse qui braque le gouvernement canadien naissant. S’ensuit un véritable génocide guerrier et culturel : la dépossession d’un peuple pour laisser place aux spéculateurs et aux blancs de l’Est ; le gouvernement canadien donne la mesure de sa politique concernant les autochtones. Si vous ne trouvez pas ça d’actualité, n’oubliez pas qu’il y a seulement quelques années que ce même gouvernement a présenté ses excuses aux Inuits pour avoir embrigadé de force les enfants dans les écoles résidentielles religieuses… Vous vous demandez peut-être en quoi le peuple métis de la Rivière Rouge est lié au projet Invention du chauffage central en Nouvelle-France ? C’est la métaphore de l’hiver qui descend sur un peuple, une culture pour l’anesthésier : c’est le processus lent et sournois de l’assimilation, qui gèle en sous-main les forces vives d’une nation, et jette les peuples dans l’abjecte demi-mesure, la moitié d’appartenance, la haine de soi et la culpabilité obscure des vaincus.

Aussi trouvé à la BanQ : « Pierre Esprit Radisson », de Martin Fournier, au Septentrion. Radisson qui n’est pas seulement une chaîne hôtelière, mais d’abord un explorateur intrépide, transfuge qui passa d’un roi à l’autre et qui est à l’origine avec son mentor Desgroseillers de la fondation de la Compagnie de la baie d’Hudson, certainement le plus grand empire commercial qui « régna » sur le Canada pendant des siècles.

À Québec 

« Le chauffage domestique au Canada » de Marcel Moussette, aux presses de l’U. Laval – trouvé à la librairie du Musée de la civilisation en 2009. Un livre fascinant sur les modes de chauffage en Amérique du Nord. Pleins de détails, et d’une précision folle. On comprend, à parcourir cet ouvrage, à quel point la vie dépendait de choses apparemment triviales : un bois sec, une bonne évacuation des fumées, une isolation suffisante… nous sommes peu de choses !

« Chronologie du Québec », de Jean Provencher, Ed. Boréal : un survol intelligent des événements marquants de la colonie française et de la société franco-canadienne, en regard  avec les événements mondiaux. Trouvé à la libraire de la Pyramide à Ste-Foy.

À la librairie de Mme Vaugeois à Sillery, rue Maguire: « Les premiers juifs d’Amérique – Americana – L’indien généreux », aux éditions du Septentrion.

Voilà certes la collection de livres sur l’histoire du Québec et de l’Amérique française la plus documentée et la plus passionnante qui soit ! C’est une véritable deuxième mémoire que cette maison d’édition redonne aux Québécois. C’est du travail solide, sérieux, bien fait, bien écrit. À surveiller : chaque parution !

À Sherbrooke, chez un brocanteur : « Martyrs du Canada », éditions Pierre Téqui, Paris, 1932. Le monsieur brocanteur était un retraité qui se passionnait pour les livres. Son garage en était tellement ventru, qu’il a ouvert une librairie au lieu de faire une vente de garage. Dans ce livre, on trouve entre autre l’invraisemblable destin du père Brébeuf, qui mourût littéralement mangé par ses bourreaux iroquois. Hmmmmm, un bon jarret de missionnaire…

« Champlain’s Dream », acheté en Nouvelle-Angleterre, à Ogunquit, Xyz Bookstore en 2009.

La biographie la plus achevée paraît-il du Sieur de Champlain. Un témoignage extraordinaire sur un homme plus grand que nature, à la mesure peut-être de cette nature démesurée de la vallée du Saint Laurent et des pays de l’Ouest. Un homme déterminé à établir des contacts durables et sains avec les Amérindiens, mais qui n’était pas dénué cependant de prosélytisme religieux, avec toutes les distorsions que cela peut amener. Il parcourt, arpente et mesure le continent avec une précision inouïe pour l’époque, étant donné la précarité des instruments qu’il a avec lui dans ses pérégrinations. Champlain aussi avait un rêve…

Et d’autres encore… :

« Eva Circé Côté » – Lux Éditeur – Une magnifique monographie sur la personne de LJ

Le livre de témoignages des Inuits qui ont vécu les affres des écoles religieuses, pour lesquels le Gouvernement canadien a présenté des excuses officielles, un document extraordinaire trouvé à AVATAQ, l’institut culturel inuit : « We were so far away, the inuit experience of residential
schools »
, Legacy of Hope Fundation, Ottawa, 2010.

« Le dictionnaire des expressions québécoises » de Pierre DesRuisseaux dans Bibliothèque Québécoise, 2003 – Un dico intéressant et complet où l’on apprend entre autre, que la Tête à Papineau devint  l’expression choisie pour désigner un homme très intelligent, ou qui prétend l’être… Un livre que j’ai acheté à sa sortie (2003) à la librairie Garneau de Québec, rue Saint Jean, et disponible dans les vraies librairies.

Les volumes de l’histoire du Canada de François-Xavier Garneau trouvés pour pas cher dans une librairie d’occase de la rue St-Denis à Montréal. Anciennement la Ville de Saint Louis… Une histoire ancienne comme il se doit, mais tout de même passionnante, collée sur le cœur vivant du Canada français.

« Encyclopédie du Canada français : les Canadiens français de 1760 à nos jours », par Mason Wade, Macmillan, 1955. Ça se trouve à bon marché dans toutes les bonnes librairies de livres oubliés et c’est la vision étonnante d’un Américain du New Hampshire sur nous autres ; et c’est vraiment intéressant.

Il ouvre son livre sur le fameux « Je me souviens », et nous décrète le peuple le plus historicisant d’Amérique… quelque chose s’est perdu en chemin ? Pour lui le « Je me souviens » se relate essentiellement au régime de la Nouvelle-France. Vraiment passionnant (en trois tomes, la somme !)

Acheté aux Jardins du Précambrien à Val-David chez le sculpteur René Derouin : « L’Art comme engagement », chez Fides, Montréal, 2009.

« L’Algonquin Tessouat et la fondation de Montréal », de Rémi Savard : un livre prêté par Gérald Mackenzie de Recherches amérindiennes, alors qu’on atterrissait d’un voyage dans le grand nord. Il me l’avait promis dans un avion qui survolait alors La Grande, Baie James.

« Denis Vanier, Œuvres poétiques complètes tome 1 », VLB éditeur/Parti pris 1980 : une tonne de briques, une œuvre inclassable, dérangeante, sournoise, qui déclare que sont « Absolues vos pâtes herbeuses/ noyées aux poussières du limon », ça me ramène aux vieilles filles Plourde, qui habitaient une minuscule antre sur la côte du cap à Saint-André, que ma mère m’obligeait à fréquenter tous les étés : ces vieilles sorcières catholiques et leur réserves d’herbes salées, j’avais peur, j’ai encore peur. Le Canada français est grevé de mystères et de mystagogues, je vous le dis : mon enfance laïque est bardée de crucifix et de murmures inopportuns…


NRE-épisode 1

Le 10 Janvier 2012 - NTE


Invention du chauffage central en Nouvelle-France: notes de mise en scène

Le 12 Décembre 2011 - NTE

Invention du chauffage central en Nouvelle France
(premier volet de L’histoire révélée du Canada français: 1608-1998)

Mise en scène
Introduction :
Comment mettre en scène cette Invention du chauffage en Nouvelle-France, par quel bout commencer? Comment mettre en scène une grande trilogie qui se déroule de 1608 à 1998? Ce n’est pas évident de vous décrire la mise en scène d’un spectacle avant même d’avoir débuté les répétitions. Beaucoup de désirs, d’intuitions, d’impressions qui vont naître, grandir, se transformer, pour parfois être abandonnées. Elles prendront forme au fil des rencontres et des sessions de travail. Nous sommes dans un processus de création et je tiens à garder la porte ouverte …

Choisir des acteurs et des actrices, généreux, inspirés et inspirants. Rassembler une équipe de concepteurs expérimentés, des collaborateurs de longue date qui connaissent bien notre univers, notre façon de concevoir des spectacles au NTE, qui connaissent aussi mon travail de metteur en scène et ma façon de travailler.

À l’heure qu’il est, il serait donc prématuré de vous décrire une mise en scène qui n’est qu’à l’étape d’intuitions et de désirs. Pourtant, depuis des semaines, au fil des différentes versions du texte d’Alexis, au fil de mes lectures et de mes rêveries, j’ai pris des notes qui orienteront ma mise en scène, ses grandes lignes, ses inspirations et je les partage avec vous ici :

Le BLANC sera la couleur du premier volet de notre trilogie.
La texture du premier spectacle et ses grands traits seront inspirés du froid et du blanc de l’hiver; la neige, la glace, la tempête, le vent, la poudrerie. Je souhaite une radicalité, un perpétuel contraste entre le froid et le chaud, entre la glace et le feu, l’extérieur et l’intérieur.

Au centre de l’espace, une cabane avec un poêle à bois. C’est le lieu principal de toute l’action. Précaire, poétique, essentielle, la cabane est l’image du refuge par excellence. Elle est le lieu du rêve et de la protection, du repli sur soi et de l’échappée imaginaire. Un monde clos qui verra défiler des hommes et des femmes, ceux qui forgeront, en autant d’histoires, notre saga.

Des images seront projetées : la vastitude du territoire glacé, des impressions tantôt hostiles, tantôt accueillantes, les mots de Gaston Miron. Je souhaiterais privilégier des apparitions image par image, plutôt que de la projection vidéo conventionnelle. Des œuvres comme celle de René Derouin, extraites de la « suite nordique » et de la « suite hiver ». Parfois réalistes, plus souvent impressionnistes, ces projections viendront envelopper les acteurs, alors cernés par l’hiver.

Les spectateurs seront assis tout autour de la cabane, ils viendront envelopper cet univers. Rassemblement comme autour d’un feu de camp. Rituel. Les acteurs et les spectateurs dans le même rituel. Ensemble.

Une mise en scène radicale et épurée.
Nous ne suivrons pas une chronologie, les époques se mêleront, ponctuées par les tempêtes, les rafales, la poudrerie et les redoux. Pas de multiplication de lieux, de surcharge d’accessoires : des acteurs qui composent suffisent à nous faire voyager dans le temps et l’espace. Le corps, la voix, le texte : la source même du jeu d’acteur. Une sorte d’archaïsme du jeu, dans un environnement éminemment moderne.

Les costumes se résumeront à un ensemble de manteaux. Uniquement des manteaux, un défilé de styles, d’époques, comme autant de protection et de moyens d’affronter les intempéries, les écarts de température, l’aridité du climat. Beaucoup de fourrure, des polars, des redingotes.

La musique : inspirée du vent. Le vent obsédant, pénétrant, incessant. Cet élément inséparable de l’hiver est présent même quand il se tait, même quand il n’est qu’au loin. La musique serait-elle donc une manière « d’organiser » le vent? De le transformer en chœur, de le contrôler, de le dompter? Quelle sera la mélodie? Peut-on faire d’un élément furieux une mélodie?

La neige : faire neiger au théâtre. Où faire neiger? Dans la cabane, bien sûr :
Transposition de la fureur des éléments : les tempêtes hivernales ont un impact qui traverse toute forme d’abri; soudain l’hiver pénètre la cabane, la brouille. La cabane devient boule de neige. La cabane ne protège plus de l’hiver; la cabane contient l’hiver.

Daniel Brière, metteur en scène.


Invention du chauffage central en Nouvelle-France

Le 1 Décembre 2011 - NTE


Photos Zoo 2011 de Michel Ostaszewski

Le 26 Octobre 2011 - NTE



En guise de préambule à ZOO 2011

Le 6 Octobre 2011 - NTE


Souvenirs de Zoo 1977 : entretien avec Alice Ronfard

Le 29 Septembre 2011 - NTE


Entrevue avec Yvon Leduc, co-fondateur de la LNI et participant de la première mouture de Zoo

Le - NTE


Le spectateur émancipé

Le 21 Septembre 2011 - NTE

Le spectateur émancipé, Jacques Rancière, éditions La fabrique, Paris 2008 

«Il faut un théâtre sans spectateurs, où les assistants apprennent au lieu d’être séduits par des images, où ils deviennent des participants actifs au lieu d’être des voyeurs passifs» p.10

«Le spectateur aussi agit comme l’élève ou le savant.  Il observe, il sélectionne, il compare, il interprète.  Il lie ce qu’il voit à bien d’autres choses qu’il a vues sur d’autres scènes, en d’autres sortes de lieux.  Il compose son propre poème avec des éléments du poème en face de lui. (…)  C’est là un point essentiel : les spectateurs voient, ressentent et comprennent quelque chose pour autant qu’il compose leur propre poème, comme le font à leur manière acteurs ou dramatuges, metteurs en scène, danseurs ou performeurs.» p.19

«la performance n’est pas la transmission du savoir, du souffle de l’artiste au spectateur.  Elle est cette troisième chose dont aucun n’est propriétaire, dont aucun ne possède le sens, qui se tient entre eux, écartant toute transmission à l’identique, toute identité de la cause et de l’effet.» p.21


Libres-penseurs et matière à réflexion

Le 14 Septembre 2011 - NTE

Au coeur de Zoo 2011, on trouve non pas des individus, mais des pratiques: pratiques hétérogènes, singulières, divergentes; pratiques de subsistance, de résistance, de mise en consistance.

Chacun à leur manière, Isabelle Stengers et Matthew B. Crawford nous rappellent la vive irréductibilité des pratiques.

Éloge du carburateur. Essai sur la valeur et le sens du travail, Éditions Logique, Montréal, 2010.

“La génération actuelle de révolutionnaires de la gestion s’emploie à inculquer de force la versatilité et la flexibilité aux salariés, et considère l’ethos artisanal comme un obstacle à éliminer. Le savoir-faire artisanal signifie en effet la capacité de consacrer beaucoup de temps à une tâche spécifique et de s’y impliquer profondément dans le but d’obtenir un résultat satisfaisant. Dans la novlangue de la gestion, c’est là un symptôme d’introversion opérationnelle excessive (being ingrown). On lui préfère de loin l’exemple du consultant en gestion, qui ne cesse de vibrionner d’une tâche à l’autre et se fait un point d’honneur de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Songez seulement au plombier accroupi sous l’évier, la raie des fesses à l’air.” p. 29

La sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La découverte, Paris, 2007.

“Les sorcières néopaïennes ont appris que la technique, ou l’art, le craft qu’elles nomment magie n’est pas d’abord ce qu’il s’agit de retrouver, au sens du secret authentique. (…) Elles ont (ré)appris la nécessité de tracer le cercle, de créer l’espace clos où puissent être convoquées les forces dont elles ont un besoin vital.” (p.187)


Souvenirs de Zoo 1977

Le 2 Août 2011 - NTE

Yvon Leduc, co-fondateur de la LNI, collaborateur de longue date du NTE  et surtout participant à la première mouture de Zoo, partage ses souvenirs.

Nous remercions Claire Beaugrand-Champagne pour le partage des photos.


Le trottoir devant la Maison de Beaujeu au 320 Notre-Dame Est à Montréal. Robert “Bobby” Breton, clown émérite, annonçait notre spectacle Zoo, comme l’indique la pancarte, notre seul instrument de marketing. (Les budgets de l’époque n’étaient pas plus importants qu’aujourd’hui. ) Le prix d’entrée était plutôt raisonnable et même moins cher que n’importe quel véritable zoo.


 

L’incomparable Robert Gravel, qui jouait le gardien et le guide du Zoo, attendant avec patience les premiers spectateurs sous les cris : « Tiens, voilà du boudin » des participants qui se plaçaient en situation à leurs places respectives.


 

La femme accidentée jouée par Anne-Marie Provencher qui a su courageusement se maquiller de Ketchup par ces soirées chaudes de juillet.


Le couple nu,  une femme et un homme , les plus connus que nous ayons eu comme participants. Vous aurez reconnu l’auteure Marie Cardinal et son mari Jean-Pierre Ronfard, qui a un petit air Jean-Paul Sartre. Dans ce coin cuisine, le couple s’engueulait en écoutant la radio.


Jean-Pierre Gravel (aucun lien de parenté avec Robert) déguisé soi-disant en ours polaire des changements climatiques à venir. Il accueillait les spectateurs à la sortie.


Yvon Leduc en homme-grenouille sous l’aquarium abritant poissons rouges, carpes et autres barbottes. On leur faisait face en pénétrant dans l’allée des “zombies divers”.


Face à ” La femme accidentée “, notre porcherie avec nos trois petits cochons : Roger, Gaetane et Rachel, entraînés par Benoît.


L’équipe de Zoo 1977


Extraits d’un texte sur Zoo 1977

Le 27 Juin 2011 - NTE

Extraits d’un texte écrit par Robert Gravel et publié dans la revue TRAC

« Il serait intéressant un jour, dis-je, de faire un jardin zoologique dans notre théâtre, un jardin où l’on ferait alterner des animaux vivants et des êtres humains dans des cages, avec des spectateurs qui déambuleraient à travers comme dans un véritable zoo… » 

Il fut décidé durant le mois d’avril ’77 que j’allais me charger de mener à bien le projet…Une première échéance fut fixée au 24 juin, date qui semblait idéale pour ouvrir une ménagerie. Pour faire le zoo, c’est-à-dire le penser et le construire, je demandai d’abord à Yvon Leduc et Benoît Ronfard de se joindre à moi…Je connaissais leur ardeur au travail de même que leur esprit d’initiative…Tous les trois nous mîmes sur papier un aperçu de ce que devait à peu près contenir les cages.

Ce fut sur la terrasse du restaurant de la Maison de Beaujeu (qui regarde le marché Bonsecours), par un soit tiède de la fin du mois de mai, que nous décidâmes d’un plan d’attaque qui allait nous permettre, dans la mesure du possible, de trouver tout le matériel  nécessaire sans débourser d’argent…(déjà quelques mannes folichonnes volaient en désordre autour des lumières de la terrasse…) Une solution s’offrait immédiatement à nous : trouver tout le matériel dans les « dompes » ou si vous préférez dans des dépotoirs…Nous décidâmes de prendre deux fins de semaine pour trouver tout le matériel…Nous allions faire quatre sorties, quatre battues dans les environs de Montréal à la recherche de dompes… La première date choisie fut le samedi 4 juin. Dès cette première journée, nos recherches nous amenèrent jusqu’en Ontario et c’est là, sur la route Montréal-Ottawa, avant d’arriver à L’Orignal, que nous trouvâmes une des dompes les plus accueillantes qu’il me fut donné de visiter….S’y côtoyaient d’intéressants détritus ménagers et des déchets industriels des plus originaux…Ce jour-là, le samedi 4 juin, le soleil éclairait vivement cette dompe magnifique et faisait ressortir les mille et un tons de brun…Nous étions gais!

Ainsi chaque soir nous revenions joyeux, les deux véhicules chargés à ras bord de marde fraîche que nous dompions derrière le restau de Beaujeu…Puis le lendemain, nous repartions de plus belle vers de nouvelles aventures! Ici je me dois de donner une mauvaise mention à la dompe de Sainte-Julie car c’est là que nous fûmes le plus mal accueillis. Dès notre arrivée là-bas nous vîmes des morceaux qui excitèrent notre imagination… À peine avions-nous commencé à les embarquer dans les camions qu’une grosse Cadillac ’63 verte arriva brusquement dans un nuage de poussière… Au volant était une grosse femme d’une laideur excessive qui n’a pas été gentille du tout… Elle a dit que c’était à elle la dompe pis qu’on faisait mieux de s’en aller au plus vite parce qu’elle irait chercher son mari pis ses gars… ( À quelle sorte de Hillbellys aurions-nous eu à faire? C’était Délivrance!) Je m’avançais prudemment. « Madame, nous ne savions pas que vous étiez propriétaire de cette dompe…nous regrettons… mais nous sommes prêts à payer les morceaux que nous prendrons…c’est pour un spectacle de théâtre… nous sommes des artistes… » Ses deux petits yeux sournois s’éclairèrent une fraction de seconde (sans doute pensait-elle à Rue des pignons, son émission favorite…) mais redevinrent aussitôt méchants… Elle s’était engagée trop loin dans sa colère « Allez-vous-en bande de tabarnak! » meugla-t-elle! Nous DÉGUERPITES!… 

À 7h. (a.m.) le lundi 13 juin, nous commençâmes à charrier le matériel de l’arrière du restaurant à l’intérieur de théâtre… C’était énorme. Il y avait des tonnes de planches délavées, des tonnes de pitounes, des mille de broches, des bouts de clôture à neige, des grilles, du grillage, du screen, un vieux puit de lumière, des pièces d’auto, des morceaux de canoës, des cèdres, du plastique sous toute les formes, un aquarium à ménés, des vieux stores vénitiens, de la brique rouge, des portes de grange au complet, des animaux empaillés, de la paille, du sable, des outils et des clous! Dans l’après-midi de ce même 13 juin, nous élaborâmes sur papier un vague plan du zoo… L’idée en gros était d’établir une première partie à l’allure « saine » avec du grand air et de la verdure, le dôme géodésique devant être l’élément principal de cette section… puis, une deuxième partie devenant de plus en plus étroite et étouffante avec l’apparition des cages à humains… C’était le plan en gros, le reste allait être improvisé…

Le zoo prenait forme… sans idéologie (apparente) … sans l’idée de choquer… ou d’amuser… il prenait forme… that’s all! Le 24 juin approchait… Dans ma tête, trois problèmes se posaient : premièrement, les risques d’incendies… maintenant, la sortie de secours allait être atteignable qu’après être passé par l’étroit couloir des zombies… Or, une seule personne pouvait s’y glisser de front… et tout ce bois employé qui devenait de plus en plus sec à mesure que nous avancions dans les travaux… nous allions ignifuger bien sûr… mais si le gros inspecteur des incendies retontissait et, cherchant la sotie de secours, déchirait son costume dans l’étroit couloir? Deuxièmement : j’avais énormément de difficulté à imaginer que des animaux vivants allaient entrer dans ce local, au-dessus d’un restaurant!… J’imaginais toute la marde à ramasser, les soins à apporter aux animaux qui ne manqueraient pas d’être malades… et les problèmes possibles avec les gens de la santé et de l’hygiène… je pensais aux mouches et aussi aux rats qui allaient peut-être infester la Maison de Beaujeu! Troisièmement : le problème de recruter des comédiens me hantait…il fallait trouver 15 comédiens au minimum ( un zoo ne connaissait jamais de maximum) qui allaient accepter d’habiter les cages quatre heures d’affilée et ce durant 30 jours au moins!

Un coup que l’environnement fut installé, il fallut l’habiter! Les cailles, les pigeons et les lapins furent achetés sur la rue Saint-Laurent dans les divers marchés…les poissons rouges, les rats et les souris blanches furent achetés dans les pet-shops…les poules et les cochons furent achetés à la campagne à Saint-Théodore d’Acton… leur nourriture également…Les cochons furent dûment vaccinés et furent affectueusement appelés Gaëtane, Roger et Rachel… Durant toute son existence, le zoo ne reçu qu’un seul don : un petit suisse… Les comédiens furent recrutés parmi nos amis et parmi les amis de nos amis… Je fis une grosse réunion où j’exposais mon idée de ce que devait être le travail des comédiens dans les différentes cages… Certains comédiens désiraient garder la même cage pendant toute la durée du zoo, d’autres voulaient changer pour expérimenter diverses situations, d’autres enfin voulaient habiter une cage pour un soir seulement… pour le kik! Il allait donc être impossible de lever une équipe stable… Nous décidâmes d’y aller au jour le jour… demain Dieu pourvoirait ou enfin…quelque chose du genre! Une équipe fut recrutée pour le soir de la première qui tomba le 25 juin avec un jour de retard… Durant cet été ’77, un miracle se produisit :il y eut au moins 15 comédiens tous les soirs pendant 30 soirs… chapeau à ceux qui habitèrent les cages!

La plus belle aventure du zoo fut sans conteste la fois où nous n’étions que 14 comédiens au moment de l’ouverture… Arriva un jeune homme- premier spectateur… « Veux-tu être dans une cage? » lui demandâmes-nous! « Pourquoi pas! » dit-il… et ce jeune homme se maquilla, se mit des guenilles sur le dos et fit un zombie pendant quatre heure… il ne vit jamais le zoo mais joua dedans et nous ne le revîmes jamais!

Robert Gravel

 


Une structure dramatique en forme de flocon de neige

Le 23 Juin 2011 - NTE

Pour l’écriture d’Invention du chauffage central en Nouvelle-France, Alexis Martin a opté pour une structure dramatique inspirée de la forme des cristaux de neige. Les explications savantes du principal intéressé :

«  Le premier volet de la trilogie sur l’histoire du Canada français comporte six branches qui constituent chacune un séquencier dont la temporalité est réversible. Cette structure dramatique, de type « hexagonale diachronique », évoque la forme d’un cristal de neige. Ainsi, six séquences d’évènements qui représentent les scènes, convergent toutes vers un centre qui constitue le géométral, c’est-à-dire l’espace temps ordonnant la structure générale de la trilogie. Ce géométral, toujours situé en 1998, est le lieu neutre qui permet les passages d’une époque à l’autre et d’un thème à l’autre.  »



Le Brigadier de Gosley en images

Le 2 Juin 2011 - NTE

Une permission spéciale du NTE donnée à Luc Senay et Stéphan Allard.



Extrait de la lettre #1 aux acteurs de Ronfard nu devant son miroir

Le 1 Avril 2011 - NTE

Chers vous tous,

D’une manière que nous souhaitons régulière, nous allons mettre sur papier les réflexions qui orienteront notre travail lors des répétitions.

EXTRAIT DE LA LETTRE  #1 aux acteurs

LES CORPS

Rapidement, nous vous inviterons à vous lancer dans des improvisations dirigées, afin que nous développions ensemble cette idée du jeu « non normal », à côté du naturalisme.

Ce jeu est basé sur l’élaboration d’un code au niveau du mouvement et de la gestuelle, code qui exploite l’exagération, la distorsion, la multiplication, la poétisation, etc., de gestes quotidiens ou de postures naturelles.

Ultimement, il nous plairait de nous rapprocher, d’une manière inattendue et non conventionnelle, du cœur du sens. Ou bien, délibérément, isoler et mettre en lumière tel ou tel aspect de l’humain, de la situation, des enjeux.

Nous nommons aussi régulièrement les pièges que nous voulons absolument éviter : être sentencieux, être timide avec une proposition molle, être dans le compromis en voulant être compris par tous, être obscurs en voulant n’être compris par personne, avoir peur.

 Étrangeté, non normalité, étonnement, sont des termes qui reviennent souvent dans nos échanges autour du spectacle.

 En souhaitant votre plus grand bonheur de création,

 Amicalement,

Daniel et Evelyne


Ronfard nu devant son miroir mars

Le 22 Mars 2011 - NTE


Des lectures qui accompagnent la pièce Ronfard nu devant son miroir

Le 9 Mars 2011 - NTE

LTI, la langue du Troisième Reich, Victor Klemperer

Cousins par alliance, Béatrice Durand

Les Pieds Noirs, Marie Cardinal

Oedipe à Colone, Sophocle, traduction de Marie Cardinal

Entretiens avec Jean-Pierre Ronfard, Robert Lévesque

Théâtre I II et III de Jean-Pierre Ronfard


Ronfard nu devant son miroir février

Le 8 Mars 2011 - NTE

Le septième film laisse entendre, pour la première fois, une partie du message de Jean-Pierre Ronfard. Les images évoquent, mystérieusement, l’urgence, le travail, l’instinct, l’animalité, et la disparition imminente


Les voyages forment la jeunesse…

Le 4 Mars 2011 - NTE

Depuis quelques années déjà, nous avons été appelés à participer à des événements et des festivals de théâtre qui nous ont permis de voir et d’apprécier ce qui se faisait à l’étranger.

Festival Mexico, Coyacan, Le festival Première de Saarbrucken en Allemagne, Le « Fringe » à Édimbourg en écosse, le festival « Under the radar à New-York », La Salla Becket à Barcelone, les Francophonies en Limousin, Londres.

 Parmi ces voyages, la découverte de Berlin a été déterminante. Cette ville a été une grande source d’inspiration pour la création de Ronfard nu devant son miroir. Les musées, les expos, les galeries, la musique et le théâtre sont présents aux quatre coins de la ville, jour et nuit. Au cours des deux dernières années, nous avons séjourné à Berlin quelques fois pour y travailler et rencontrer des artistes dont certains sont devenus des amis.

Les spectacles de la Volksbuhne, la Schaubühne sont toujours d’un grand intérêt. La Sophiensaele également, où nous avons vu de nombreux spectacles de musique, de danse et de théâtre. Le Berliner, le Deutsches, Le Radial System et la compagnie de danse de Sacha Waltz. .Berlin est actuellement une des villes les plus dynamiques et audacieuses qui soit en création.

Daniel Brière et Evelyne de la Chenelière


Ronfard nu devant son miroir janvier

Le 25 Février 2011 - NTE

Avec le sixième film, nous nous sommes amusés à faire un faux documentaire sur la nouvelle vie secrète de Jean-Pierre Ronfard. Jean-Pierre : toujours vivant.


Les Graffitis

Le - NTE

Nous avons immédiatement voulu être incorrectes dans notre démarche de travail. Nous avons donc acheté du spray paint et avons graffité le titre de notre spectacle sur des murs de la ville.


La recherche/ Ronfard nu devant son miroir

Le - NTE

Articles, essais et entretiens :

Nous n’avons pas tenu l’inventaire des articles et des essais qui ont nourri nos recherches.

Nous nous sommes intéressés aux différents mouvements artistiques et politiques en rupture avec le pouvoir en place, et ce depuis le Romantisme.

Nous avons fait des recherches sur la guerre d’Algérie et le lien entre cette lutte et le désir d’un Québec souverain.

Nous avons fait des recherches sur le sentiment nationaliste et le sport.

Sur le stade (ou la phase) du miroir selon Freud et Lacan.

Sur la notion de l’aveu en littérature et en politique.

Sur l’histoire du quartier St-Michel à Montréal.

Sur le mouvement punk. Sur les différents manifestes artistiques et politiques de l’Histoire.

Etc. etc. etc.



Le titre

Le 23 Février 2011 - NTE

C’est un tableau de la période de l’expressionnisme allemand de la Die Brücke (Le Pont), qui nous a inspiré le titre du spectacle, Ronfard nu devant son miroir.

Il s’agit d’une toile du peintre allemand Kirchner, qui a pour titre « Liegender Akt vor Spiegel », « Nu couché devant un miroir. » 1909/10


Ronfard nu devant son miroir décembre

Le 22 Février 2011 - NTE

Le cinquième film est un conte de Noël qui traite l’idée de la transmission et du legs. Les parents y sont d’abord des amants, et leurs enfants se sentent privés d’héritage.


Des films

Le 18 Février 2011 - NTE

Des films qui inspirent les créateurs de Ronfard nu devant son miroir

Les enfants du refus global, Manon Barbeau

The Weather Underground, Sam Green et Bill Siegel

Jean-Pierre Ronfard : Sujet expérimental, Annie St-Pierre

L’allée du soleil, Leander Haussmann

Échelon, le pouvoir secret, David Korn-Brzoza




Vous avez un nouveau message…

Le 16 Février 2011 - NTE

Le point de départ du spectacle Ronfard nu devant son miroir, notre inspiration première, a été un message téléphonique laissé par Jean-Pierre Ronfard au mois d’août 2003.

Il s’adressait à Marthe Boulianne,Codirectrice générale du NTE.

Jean-Pierre Ronfard l’avait laissé sur sa boîte vocale à Montréal,  alors qu’il était dans le sud de la France.

Six semaines plus tard, il nous quittait.

 


Ronfard nu devant son miroir novembre

Le 15 Février 2011 - NTE

Le quatrième film est un traitement poétique de l’art dans la cité. Il est nourri d’une réflexion autour de l’industrie culturelle dominée par le divertissement et les lois du marché, et dont l’emblème est le Cirque du soleil.


Ronfard nu devant son miroir octobre

Le 9 Février 2011 - NTE

Le troisième est un tableau ironique de la bourgeoisie, une fête innocente qui sied mal à un discours révolutionnaire.


Ronfard nu devant son miroir: septembre

Le 2 Février 2011 - NTE

Le second est une réflexion autour des manifestes, parfois devenus des slogans vidés de leur sens, et qui pourtant témoignent d’une volonté réelle de bouleversement, tant artistique que politique.


Films expérimentaux: la démarche artistique de Ronfard nu devant son miroir

Le 26 Janvier 2011 - NTE

les films expérimentaux
Notre recherche nous a menés, tout en élaborant notre création théâtrale, à nous commettre en réalisant de courts films. Ces films n’ont pas été conçus dans l’esprit d’en faire des « teasers » ou des outils de promotion de notre spectacle. Ils sont plutôt des points d’orgue jalonnant notre recherche, des objets d’art nous forçant à faire l’exercice du bilan à même notre démarche, et à préciser notre pensée en cours d’écriture. Nous nous sommes donc obligés à réaliser un film par mois depuis le mois d’août.

Le premier film est une réflexion autour de la provocation, qui semble être le moteur de l’art contemporain dans une société revenue de tout.

Abonnez-vous à la chaîne Ronfard nu devant son miroir et soyez les premiers à visisonner les films expérimentaux!


Naissances: Le programme

Le 30 Novembre 2010 - NTE


Naissances / 5 microthéâtres

Le 25 Novembre 2010 - NTE


Catherine Vidal s’inspire de Joseph Cornell

Le 8 Novembre 2010 - NTE

Pour son projet dans le spectacle Catherine Vidal s’est beaucoup inspirée de l’artiste new-yorkais Joseph Cornell. Ce sculpteur réalisait des collages dans des petites boîtes de bois à partir d’objets trouvés. Pour en savoir plus, visitez ces deux sites :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Cornell

http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/cornell/


Alexis Martin rencontre Francine Alepin pour le projet Naissances

Le 1 Novembre 2010 - NTE


Naissances

Le 8 Octobre 2010 - NTE

Naissances, cinq essais de microthéâtre présenté à Espace Libre du 30 novembre au 18 décembre 2010.


Rêvez, Montagnes !: La bande-annonce

Le - NTE


L’homme hot-dog!

Le 7 Octobre 2010 - master


Cet homme transporte un attirail complet pour préparer des hot dogs sur place. Dans son dos, se trouve la bombonne de gaz, la grille est devant lui, le parapluie au-dessus de sa tête et les condiments sur le côté. Nous avons demandé aux 5 artistes de Naissances de créer un projet qui pourrait être transporté n’importe où, d’être autonome, de manipuler les effets eux-mêmes et donc d’être un peu à l’image de cet homme…


Naissances: Un album photos

Le 6 Octobre 2010 - NTE



Cinéma Bollyplex

Le 5 Octobre 2010 - master

Yves Labelle, notre concepteur vidéo, a crée, pour les spectateurs de Rêvez, Montagnes! qui attendent le début du spectacle, une ambiance digne des meilleures salles de cinéma bollywoodien!


Lac des Castors

Le - master

Jasmine Catudal, notre scénographe, a pris cette belle photo du Lac des Castors sur le Mont-Royal pour illustrer la fin de la pièce Rêvez, Montagnes!


Le numéro 70 de la revue Esse

Le - master

Le numéro 70 de la revue Esse, sorti en septembre dernier, s’intéresse au minuscule, aumodèle et à la miniature dans l’art actuel.
C’est très inspirant pour les artistes des cinq essais de microthéâtre de Naissances.

http://www.esse.ca/revue/miniature


Lettre aux participants Naissances

Le - master

Voici la lettre envoyée par Alexis et Daniel expliquant le projet de Naissances aux cinq artistes du spectacle au mois de juin dernier.

Thème la NAISSANCE – ou NATIVITÉ
Aborder le thème dans sa plus large extension : naissance d’un enfant, mais aussi d’une ville ou d’une civilisation ; naissance d’un sentiment ou d’un amour ; naissance dans sa pluralité.

Un comité maïeutique
Daniel et Alexis sont les accoucheurs des projets de chaque UMT (Unité MicroThéâtrale).À la façon socratique, ils questionnent le proposant de l’UMT afin de l’aider à concrétiser, épaissir, spécifier sa vision. Ils sont aussi présents dans les représentations.Ils dirigent le trafic public, servent de majordomes, de barmen et de communicateur.

Les UMT
Unité Micro Théâtrale : il y a cinq mini représentations de théâtre. Le spectateur évolue en bande de 23 spectateurs d’une UMT à l’autre. L’UMT est constituée par un animateur principal à qui sont dévolues les tâches suivantes : écrire le texte ; jouer le texte ; mettre en scène le texte. (On entend par texte une partition, muette ou non, impliquant des marionnettes, des objets ou des effigies ou encore des parties du corps humain, ou encore la personne dans son entièreté).

L’animateur peut faire appel à une bande sonore, à de la micro projection, de l’éclairage.
Mais il doit pouvoir opérer la machinerie scénique lui-même.

L’aide scénographique et technique : le personnel de soutien
Un scénographe qui supervise la division de l’espace entre les cinq UMT et qui est à la disposition de tous pour fabriquer le micro décor AVEC l’acteur/écrivain.Un concepteur d’éclairage à la disposition des cinq UMT. Un concepteur et technicien de son à la disposition des cinq UMT.Un directeur technique qui supervise la division de l’espace entre les cinq UMT et la réalisation technique des UMT. Un régisseur général. Un devis technique qui impose et spécifie des normes équivalentes à tous, au niveau del’espace disponible, du budget limité, la durée de la représentation.

Mais L’UMT doit être autonome et contrôler son propre appareillage technique.

La durée des représentations de chaque UMT
De 10 à 15 minutes. (5 X 12 min. en moyenne : une heure.)

La circulation dans l’espace
Daniel et Alexis vont proposer et dessiner la déambulation générale du public entre les différentes UMT.
Suggestion : les cinq UMT sont réparties dans cinq lieux différents du théâtre : salle de répétition du NTE, les toilettes du sous-sol, le hall de la billetterie, les loges ou la cuisine.

Chaque groupe de 23 spectateurs est guidé par la même personne (bénévole) tout au long de la soirée. Les spectateurs sont en général debout devant les micro théâtres d’UMT, hormis cinq ou six chaises dans chaque lieu sont mises à la disposition des gens qui voudraient s’asseoir.

Ces groupes auront été constitués au préalable avec le concours de Daniel et Alexis à l’accueil initial du public dans la grande salle. (Séparation du public en cinq groupes).

Les participants
Simon Boulerice
Gary Boudreault
Catherine Vidal
Francine Alepin
Stéphane Demers

La construction des micro décors
Le scénographe a une enveloppe globale pour les cinq UMT couvrant les coûts de fabrication.
Si une UMT génère des coûts de 5 dollars, il en sera ainsi. Si sa voisine demande des investissements plus grands, qu’il en soit ainsi. Mais tout doit se réaliser à l’intérieur de l’enveloppe globale.
Cette enveloppe globale peut aussi couvrir des coûts liés aux costumes ou au maquillage des parties du corps exposé.
Notre choix : Michel Ostazewski

Éclairage
Un budget global est prévu pour couvrir des frais afférents aux appareils de lux de l’ensemble des UMT.
Notre choix : Erwann Bernard

Son
Un budget global est prévu pour couvrir des frais afférents au sonde l’ensemble des UMT.
Notre choix : Benoît Durand-Jodoin