Carnet de bord

Cette section du site est dédiée à l'expérimentation. Nous partagerons avec vous les différents éléments de recherche qui inspirent nos spectacles. Cette page, en constante évolution, sera nourrie régulièrement. Revenez-y souvent!


Meilleurs vœux du NTE

Le 17 Décembre 2012 - NTE


Papiers perdus… retrouvés

Le 11 Décembre 2012 - NTE

Voici une collection de feuilles volantes, qui sont le reposoir de notes, pensées, lubies de l’écrivain au cours de son travail d’élaboration de la trilogie sur l’histoire du Canada français. Des notes adressées à lui-même, comme si l’Autre qui est l’œuvre, tendait l’oreille et exigeait des éclaircissements

Alexis Martin

 


Daniel Brière nous parle de “LEO”

Le 24 Octobre 2012 - NTE

Au fil de mon parcours comme comédien et comme metteur en scène, j’ai toujours réfléchi à la notion d’écriture scénique, et aux différents matériaux (littéraires ou autres) qui peuvent construire une dramaturgie.
J’ai ressenti une très forte parenté d’esprit avec un certain théâtre contemporain allemand, que j’ai découvert au début des années 2000. La force et la radicalité de l’écriture scénique de spectacles allemands ont ainsi réaffirmé mon désir d’envisager la mise en scène comme une écriture à part entière, écriture qui n’est pas toujours, pas forcément, au service d’un texte dramatique.

C’est au moment des répétitions du Plan américain (création du Nouveau théâtre expérimental, 2008), que la compagnie allemande Circle of eleven m’a approché en m’offrant d’être metteur en scène invité pour créer un spectacle. Alors que la tradition de cette compagnie était plutôt la création de spectacles circassiens, son directeur a manifesté le désir de développer un objet théâtral plus pointu, en explorant les possibilités de créer un spectacle hybride entre le théâtre, la danse et le cirque.

Le défi était de taille, puisqu’il s’agissait de développer un spectacle d’environ une heure, avec un seul interprète, Tobias Wegner, à partir d’un segment de cinq minutes. Ce segment était une idée originale de l’interprète, et c’est dans une grande intimité que nous avons travaillé ensemble à partir de cette idée. Cette invitation était absolument en phase avec mes réflexions sur ma pratique et sur le travail de mise en scène puisque, pour la première fois, le point de départ n’était pas un texte, mais plutôt une gestuelle, ainsi qu’une technologie interrogeant la perception. Jouer ainsi avec la duperie et l’illusion m’a semblé un territoire d’exploration formidable !

Les résidences de création ont eu lieu en alternance à Berlin et à Montréal. La période de travail au Nouveau théâtre expérimental m’a permis, en quelque sorte, d’arrimer ce qui constituait une nouvelle expérience à mon parcours entamé au NTE depuis plusieurs années. Bien avant que je devienne co-directeur, le Nouveau théâtre expérimental a soutenu ma démarche de metteur en scène. Jean-Pierre Ronfard m’a ouvert les portes du NTE comme comédien, mais, rapidement, il m’a encouragé à mettre en scène des ateliers ou des spectacles. Depuis que je partage la direction avec Alexis Martin, j’ai le privilège de pouvoir, comme metteur en scène, explorer régulièrement ma pratique dans la plus grande liberté. Je crois que Léo est un spectacle qui ressemble à ma façon de voir le théâtre et surtout à ma perpétuelle remise en question des définitions et des contours de ma pratique. Il est donc non seulement cohérent mais important que le fruit de cette aventure à l’étranger soit présenté entre les murs du Nouveau théâtre expérimental.

DRAMATURGIE SILENCIEUSE

Léo est un spectacle difficile à nommer, à catégoriser, car il est précisément né d’une démarche inclassable. Il s’agit d’un spectacle où aucun mot n’est prononcé, et pourtant il existe bien une courbe dramatique, des enjeux, une quête, et un personnage qui évolue et se transforme. J’aurais pu dire « dramaturgie de plateau », « partition scénique », ou toute expression nous rapprochant d’un théâtre qui ne repose pas sur un texte. C’est un objet qui, à mes yeux, appartient véritablement au théâtre, car il s’agit d’une écriture dont la précision est équivalente à la précision de la langue d’un dramaturge. Chaque temps, chaque suspension, chaque geste, chaque expression du visage de l’interprète, tout a été choisi comme l’écrivain choisit ses mots.

Si la prouesse physique et technique de l’interprète Tobias Wegner procure au spectateur une sorte de jubilation propre  l’art du cirque, j’ai cherché à ce que cet aspect demeure subtil. La théâtralité de la proposition réside donc dans le mariage entre le spectaculaire et le non spectaculaire, entre la réalité et le fantasme, entre la nature et le rêve, entre la vie soumise aux lois de cette nature (la gravité) et la projection d’un soi dégagé de sa condition.

L’HUMOUR

L’humour de Léo repose principalement sur la transparence d’un procédé créant une illusion. Le spectateur trompé choisit délibérément d’être trompé. Il participe volontiers, en quelque sorte, à sa propre duperie. Il est un « manipulé consentant », et s’en amuse. À mes yeux, le spectacle atteint sa pleine force quand le spectateur est surpris par l’émotion qui peut le gagner malgré l’apparente légèreté de cette proposition ludique. Par instants, la solitude et le désarroi du personnage sont plus forts que « l’ingénieuse magie » qui fait rire ou sourire. La poésie du spectacle réside, entre autres, en ce personnage qui transcende sa réalité, qui, en quelque sorte, déplace, désoriente, défamiliarise le spectateur : l’ordinaire est ainsi désaxé, et nous sommes en situation de poésie.

Daniel Brière


Alexis Martin partage sa bibliographie pour “Les Chemins qui marchent”

Le 23 Octobre 2012 - NTE

Pour écrire ce deuxième volet de l’Histoire révélée du Canada français, Les Chemins qui marchent, j’ai eu recours à une multitude de sources historiographiques.  J’aimerais, comme je le fis pour la pièce précédente, Invention du chauffage central en Nouvelle France, vous tracer une liste des titres importants qui ont meublé ma recherche :

Je ne saurais dire à quel point la maison d’édition Septentrion, a été une source profuse d’informations, oui, il y a là un trésor de mémoire dont tous les Québécois(es) devraient être fier(e)s !

L’on verra en consultant cette liste partielle des ouvrages consultés pour la confection de la pièce Les Chemins qui marchent, qu’il y a, à la fois un fil, (ténu par moment c’est vrai man !…), et une grande tentation centripète, comme si le dramaturge engagé dans son travail de synthèse historique était lui-même happé par l’extraordinaire variété de lumières et de tons qui s’offrent à lui en parcourant la matière hétérogène de l’Histoire. Cette tension entre le centre de gravité et la prolixité de cette même histoire, le fait qu’elle soit la même et jamais semblable, cette liste bibliographique en donne un aperçu ! Un jeu de saute-mouton mental incroyable, super trippant, et comme dit le philosophe, la tâche de la pensée, (et du dramaturge !), n’est-elle pas de relier des singularités apparemment sans lien, et de créer un nouvel aspect du monde et les attachant l’une à l’autre ?

– Alexis Martin

Liste des ouvrages :

Empire et métissages, Gilles Havard, Septentrion, Sillery 2003.

Relations des Jésuites 1611-1636, Tome 1, Éditions du Jour, Montréal 1972.

Les Voyageurs d’autrefois sur la Côte-du-Sud, Gaston Deschênes, Septentrion, Sillery 2001.

Le Saint-Laurent, Jean-Claude Lasserre, Hurtubise, Montréal 1980.

Croyances et rituels chez les Innus 1603-1650, Jean-Louis Fontaine, GID, Québec 2006.

La forêt vive, Rémi Savard, Boréal, Montréal 2004.

Carcajou et le sens du monde, Rémi Savard, BNQ, Montréal 1971.

Les transformations du paysage et de la société au Québec sous le régime seigneurial, Colin M. Coates, Septentrion, Sillery 2003.

Maisonneuve, Pierre Benoît, Éditions Mame, Tours 1960.

Critique et Clinique, Gilles Deleuze, Éditions de Minuit, Paris, 1993.

Frontenac, W.J. Eccles, HMH, Montréal, 1962.

Champlain’s dream, D.H. Fischer, Vintage Canada, Toronto, 2008.

La civilisation de la Nouvelle-France 1713-1744, Guy Frégault, Fides, Montréal 1969.

Écrits en Huronie, Jean de Brébeuf, Leméac, Montréal, 1993.

La paix de la foi, Nicolas de Cues, Téqui éd., Paris 2008.

Au secours de l’Amérique française, S. de Champlain, Septentrion, Sillery 2011.

Voyages en Nouvelle-France, S. de Champlain, Cosmopole, Paris 2001.

Louis Jolliet, Véronique Larin, XYZ, Montréal, 2002.

Chronologie du Québec, Jean Provencher, Boreéal éditeurs, Montréal, 2008.

Voyages du père Marquette

Iroquoisie, T. III et IV, Léo-Paul Desrosiers, Septentrion, Sillery.

L’Eau et les Rêves, Gaston Bachelard, José Corti, Paris 1942.

Les Innus et le territoire, Jean-Paul Lacasse, Septentrion, Sillery 2004.

Jugement du Juge Albert H. Malouf dans la cause des Cris contre le gouvernement du Québec, Cour supérieure du Québec, Montréal 1973.

Les Rébellions de 1837-1838, Jean-Paul Bernard, Boréal, Montréal 1983.

Les Réformistes, Éric Bédard, Boréal, Montréal 200…

Confessions d’un mangeur d’opium anglais, Thomas de Quincey, Gallimard, Paris 1990.

Anthologie de la poésie chinoise classique, NRF, Gallimard, sous la direction de Paul Demiéville, Paris, 1962.

Histoires extraordinaires, E. A. Poe, traduction C. Baudelaire, Gallimard, Paris, 1973.

Strangers devour our land, Boyce Richardson, MacMillan Canada, 1975.

Histoire sociale des idées au Québec, Yvan Lamonde, Fides, Montréal, 2000.

Commission royale d’enquête chargée d’enquêter sur les événements qui se sont produits à Arvida, P.Q. en juillet 1941, Imprimeur du roi, Ottawa, 1941.

Le trust de l’aluminium et Arvida, par Burton Ledoux, traduit de l’anglais, L’Action nationale, Montréal, 1943.

Epigenetics, How environment shapes our genes, R. C. Francis, Norton, new York, 2011.

Communauté et société, F. Tönnies, PUF, Paris, 2010.

L.-J. Papineau, un demi siècle de combats, choix de textes Yvan Lamonde et Claude Larin, Fides, Montréal, 1998.

Henri Bourassa, Robert Rumilly, éditions Chanteclerc, Montréal, 1953.

Deux voyages sur le St Maurice, Napoléon Caron, Septentrion, Sillery, 2000.

William Price, Louise Dechêne, Université Laval, Québec, 1964

*Photo Alexis Martin  ©Michel Ostaszewski


Les chemins qui marchent: la bande-annonce

Le 17 Octobre 2012 - NTE


LEO, la bande-annonce

Le 19 Septembre 2012 - NTE


Lancement saison 2012-2013 d’Espace Libre

Le 22 Août 2012 - NTE

photo Sylvain Majeauphoto Sylvain MajeauPhoto Sylvain Majeau


LEO vu par Daniel Brière

Le 22 Mai 2012 - NTE


De la grande visite au NTE !

Le 13 Avril 2012 - NTE


Espace Libre fait revivre les années folles !

Le 13 Mars 2012 - NTE

Ne manquez pas La balade des années folles au chic music-hall Espace Libre !
Le lundi 16 avril 2012 à 19 heures

Une soirée-bénéfice qui réunit pour une première fois sous une même bannière les trois entités qui logent à la Caserne 19: Espace Libre, le NTE et Omnibus .
Cette soirée festive, sous la présidence d’honneur de Madame Guylaine Tremblay, se tiendra le lundi 16 avril 2012 à 19 h, à Espace Libre, 1945, rue Fullum. Elle prendra la forme d’une folle promenade dans l’ensemble de notre théâtre, dénudé pour vous en cette occasion. Célébrités, artistes, comédiens et autres gens libres vous accompagneront dans ce parcours inédit proposant une dégustation artistique savoureusement concoctée par nos trois entités résidentes.

Pas de prohibition chez nous, que la fête ! Piano-man, films muets, jazz et Charleston, tout ça et bien plus ! Les Moulins rouges et autres Crazy Horses peuvent aller se rhabiller. Le 16 avril, la fête se passe dans notre music-hall ! C’est l’âge d’or du boa, des chapeaux cloches et des hauts de formes, de la coquinerie et du porte-cigarette. Mesdames, messieurs, costumez-vous, soyez chics, sensuels, inspirez-vous du noir et blanc du cinéma muet et des complets
d’Al Capone ! La guerre est finie, le monde nous appartient. Ce sont les années folles!

Le mouvement dadaïsme proclamait : « Rien pour demain, rien pour hier, tout pour aujourd’hui ! » Venez célébrer avant la prochaine crise économique, venez vivre et repousser la grande dépression !

Bien que cette soirée place sous la même adresse Espace Libre, Omnibus et le NTE, les fonds recueillis grâce à vous iront spécifiquement au NTE, nous donnant les moyens de poursuivre notre mission avec encore plus de vigueur et de continuer à offrir au public des productions audacieuses dans les meilleures conditions.

Nous serions très honorés de votre soutien et de votre présence à cet événement.

Procurez-vous vos billets au coût de 200 $ chacun pour lesquels un reçu aux fins d’impôt de 150 $ vous sera émis.
Réservez avant le 2 avril 2012 (17 h) auprès de Marthe Boulianne, codirectrice du NTE :
Téléphone : 514-521-4199
Courriel : donateur.nte@gmail.com


ICCNF en photos

Le 21 Février 2012 - NTE


“The Order of Good Cheer” (L’Ordre de Bon-Temps), illustration de Charles-William Jefferys, 1925.

Le 20 Février 2012 - NTE

Champlain: “Nous nous efforcerons à la bonne humeur en dévorant les proies du jour ; nul esprit chagrin ne sera toléré parmi nous ! Ainsi le cruel hiver sera tenu en rade !”
Extrait de la scène de la fondation de l’Ordre de Bon-Temps à Port-Royal en Acadie, “Invention du chauffage central en Nouvelle-France”, Alexis Martin.


NRE- épisode 2

Le 2 Février 2012 - NTE


Bibliographie géographique et commentée de la pièce “Invention du chauffage central en Nouvelle-France”

Le 16 Janvier 2012 - NTE

 


Alexis Martin, auteur d’Invention du chauffage central en Nouvelle-France, nous livre une bibliographie géographique et commentée. Une multitude d’ouvrages, tous plus fascinants les uns que les autres, et dénichés dans une foule d’endroits ; de Québec à Sherbrooke, en passant par Ogunquit !

À Montréal

Bibliothèque de mon père

« Les Relations des Jésuites » : un trésor inestimable de ces missionnaires qui jouent aux anthropologues avant même que cette discipline existe, avec tous les a priori de la posture évangélique, évidemment, mais aussi avec un sens du détail extraordinaire, ce qui nous donne des documents exceptionnels pour comprendre le choc des civilisations, de première main !

Un ouvrage phare du grand mouvement de la décolonisation : le « Portrait du colonisé » d’Albert Memmi. À lire absolument, pour reconnaître certains traits qui ne sont pas loin de ceux que nous renvoie notre miroir collectif… quand il se décide à réfléchir.

« L’homme rapaillé » de Gaston Miron, aux presses de l’UdM. Un livre qui fonde une sorte de modernité poétique québécoise, mais qui aussi, expose à vif le nerf identitaire trop longtemps confiné sous les manchettes en taffetas noirs des prêtres. Un livre incontournable bien sûr, non seulement pour la communauté poétique internationale, mais pour n’importe quel Canadien français qui se cherche, veut se connaître, comprendre ceux qui l’ont précédé, mais encore, ce qu’il est advenu de lui-même.

« Louis-Joseph Papineau : un demi-siècle de combats : interventions publiques »

Choix de texte et présentation Yvan Lamonde et Claude Larin, éditions FIDES, Montréal, 1998. Toujours dans les rayonnages familiaux.

Un livre riche, qui nous colle directement à la pensée en acte de Papineau, à ses oraisons, sans ambages, sans préambule, on est dans l’oralité et la pensée de Papineau, un tribun et un penseur important, précurseur certainement de ce qu’on a appelé la Révolution tranquille, qui est une révolution … préparée de longue date ! La roue tourne lentement au Québec ! L’essieu est gelé…

« Henri Bourassa, la vie publique d’un grand canadien », de Robert Rumilly. éditions Chantecler, Montréal.

Le livre biographique de Robert Rumilly sur Henri Bourassa, héritier célèbre de Papineau, et pas seulement le nom d’un boulevard laid au nord de Montréal… Rumilly, un drôle de zigue qui a cartographié de façon ultra méthodique l’histoire du Canada français, sans cacher ses lourds penchants catholique, duplessiste et royaliste ! Un monsieur qui devait sûrement écrire cinquante pages par jour en moyenne. Un scribe infatigable, chroniqueur d’un peuple qui lui était étranger de prime abord, mais qui permet, à travers sa prose abondante, de retrouver le fil de l’histoire de façon précise, même si elle est fortement teintée d’a priori catholicards. Un livre tout défait, que j’ai fait relier de nouveau, qui appartenait à mon père ; livre qu’il a consulté souvent je crois, tout en prenant des précautions prophylactiques intellectuelles.

D’autres ouvrages dénichés dans les rayonnages familiaux…

Pierre Desffontaines, « L’homme et l’hiver au Canada » ; Guy Laflèche,  « Le Missionnaire, l’Apostat et le Sorcier »PUM, 1973 ; « L’hiver en Nouvelle-France », Cahiers du Québec, HMH ; Marcel Trudel, « Histoire de la Nouvelle France », Fides, 1963.

Livres trouvés à la librairie Le Chercheur de Trésor sur la rue Ontario à Montréal : les « Cahiers des Dix » à 5 piasses le numéro… Un livre sur Nelligan et un autre sur Louis Riel. Curieusement, les deux ont été traités pour des troubles mentaux dans le Québec du XIXe siècle mais ils n’étaient pas fous !

Bibliothèque et archives nationales du Québec : un lieu d’une grande beauté, au cœur de la ville, une sorte de poumon encagé dans les tièdes chambres de bois de l’édifice de la rue Berri. La Grande bibliothèque est un oasis rêvé : j’y ai trouvé un nombre incalculable de documents : «Louis Riel » par Maggie Siggins, une biographie exhaustive de ce personnage plus grand que nature, véritable prophète d’une nation métisse qui braque le gouvernement canadien naissant. S’ensuit un véritable génocide guerrier et culturel : la dépossession d’un peuple pour laisser place aux spéculateurs et aux blancs de l’Est ; le gouvernement canadien donne la mesure de sa politique concernant les autochtones. Si vous ne trouvez pas ça d’actualité, n’oubliez pas qu’il y a seulement quelques années que ce même gouvernement a présenté ses excuses aux Inuits pour avoir embrigadé de force les enfants dans les écoles résidentielles religieuses… Vous vous demandez peut-être en quoi le peuple métis de la Rivière Rouge est lié au projet Invention du chauffage central en Nouvelle-France ? C’est la métaphore de l’hiver qui descend sur un peuple, une culture pour l’anesthésier : c’est le processus lent et sournois de l’assimilation, qui gèle en sous-main les forces vives d’une nation, et jette les peuples dans l’abjecte demi-mesure, la moitié d’appartenance, la haine de soi et la culpabilité obscure des vaincus.

Aussi trouvé à la BanQ : « Pierre Esprit Radisson », de Martin Fournier, au Septentrion. Radisson qui n’est pas seulement une chaîne hôtelière, mais d’abord un explorateur intrépide, transfuge qui passa d’un roi à l’autre et qui est à l’origine avec son mentor Desgroseillers de la fondation de la Compagnie de la baie d’Hudson, certainement le plus grand empire commercial qui « régna » sur le Canada pendant des siècles.

À Québec 

« Le chauffage domestique au Canada » de Marcel Moussette, aux presses de l’U. Laval – trouvé à la librairie du Musée de la civilisation en 2009. Un livre fascinant sur les modes de chauffage en Amérique du Nord. Pleins de détails, et d’une précision folle. On comprend, à parcourir cet ouvrage, à quel point la vie dépendait de choses apparemment triviales : un bois sec, une bonne évacuation des fumées, une isolation suffisante… nous sommes peu de choses !

« Chronologie du Québec », de Jean Provencher, Ed. Boréal : un survol intelligent des événements marquants de la colonie française et de la société franco-canadienne, en regard  avec les événements mondiaux. Trouvé à la libraire de la Pyramide à Ste-Foy.

À la librairie de Mme Vaugeois à Sillery, rue Maguire: « Les premiers juifs d’Amérique – Americana – L’indien généreux », aux éditions du Septentrion.

Voilà certes la collection de livres sur l’histoire du Québec et de l’Amérique française la plus documentée et la plus passionnante qui soit ! C’est une véritable deuxième mémoire que cette maison d’édition redonne aux Québécois. C’est du travail solide, sérieux, bien fait, bien écrit. À surveiller : chaque parution !

À Sherbrooke, chez un brocanteur : « Martyrs du Canada », éditions Pierre Téqui, Paris, 1932. Le monsieur brocanteur était un retraité qui se passionnait pour les livres. Son garage en était tellement ventru, qu’il a ouvert une librairie au lieu de faire une vente de garage. Dans ce livre, on trouve entre autre l’invraisemblable destin du père Brébeuf, qui mourût littéralement mangé par ses bourreaux iroquois. Hmmmmm, un bon jarret de missionnaire…

« Champlain’s Dream », acheté en Nouvelle-Angleterre, à Ogunquit, Xyz Bookstore en 2009.

La biographie la plus achevée paraît-il du Sieur de Champlain. Un témoignage extraordinaire sur un homme plus grand que nature, à la mesure peut-être de cette nature démesurée de la vallée du Saint Laurent et des pays de l’Ouest. Un homme déterminé à établir des contacts durables et sains avec les Amérindiens, mais qui n’était pas dénué cependant de prosélytisme religieux, avec toutes les distorsions que cela peut amener. Il parcourt, arpente et mesure le continent avec une précision inouïe pour l’époque, étant donné la précarité des instruments qu’il a avec lui dans ses pérégrinations. Champlain aussi avait un rêve…

Et d’autres encore… :

« Eva Circé Côté » – Lux Éditeur – Une magnifique monographie sur la personne de LJ

Le livre de témoignages des Inuits qui ont vécu les affres des écoles religieuses, pour lesquels le Gouvernement canadien a présenté des excuses officielles, un document extraordinaire trouvé à AVATAQ, l’institut culturel inuit : « We were so far away, the inuit experience of residential
schools »
, Legacy of Hope Fundation, Ottawa, 2010.

« Le dictionnaire des expressions québécoises » de Pierre DesRuisseaux dans Bibliothèque Québécoise, 2003 – Un dico intéressant et complet où l’on apprend entre autre, que la Tête à Papineau devint  l’expression choisie pour désigner un homme très intelligent, ou qui prétend l’être… Un livre que j’ai acheté à sa sortie (2003) à la librairie Garneau de Québec, rue Saint Jean, et disponible dans les vraies librairies.

Les volumes de l’histoire du Canada de François-Xavier Garneau trouvés pour pas cher dans une librairie d’occase de la rue St-Denis à Montréal. Anciennement la Ville de Saint Louis… Une histoire ancienne comme il se doit, mais tout de même passionnante, collée sur le cœur vivant du Canada français.

« Encyclopédie du Canada français : les Canadiens français de 1760 à nos jours », par Mason Wade, Macmillan, 1955. Ça se trouve à bon marché dans toutes les bonnes librairies de livres oubliés et c’est la vision étonnante d’un Américain du New Hampshire sur nous autres ; et c’est vraiment intéressant.

Il ouvre son livre sur le fameux « Je me souviens », et nous décrète le peuple le plus historicisant d’Amérique… quelque chose s’est perdu en chemin ? Pour lui le « Je me souviens » se relate essentiellement au régime de la Nouvelle-France. Vraiment passionnant (en trois tomes, la somme !)

Acheté aux Jardins du Précambrien à Val-David chez le sculpteur René Derouin : « L’Art comme engagement », chez Fides, Montréal, 2009.

« L’Algonquin Tessouat et la fondation de Montréal », de Rémi Savard : un livre prêté par Gérald Mackenzie de Recherches amérindiennes, alors qu’on atterrissait d’un voyage dans le grand nord. Il me l’avait promis dans un avion qui survolait alors La Grande, Baie James.

« Denis Vanier, Œuvres poétiques complètes tome 1 », VLB éditeur/Parti pris 1980 : une tonne de briques, une œuvre inclassable, dérangeante, sournoise, qui déclare que sont « Absolues vos pâtes herbeuses/ noyées aux poussières du limon », ça me ramène aux vieilles filles Plourde, qui habitaient une minuscule antre sur la côte du cap à Saint-André, que ma mère m’obligeait à fréquenter tous les étés : ces vieilles sorcières catholiques et leur réserves d’herbes salées, j’avais peur, j’ai encore peur. Le Canada français est grevé de mystères et de mystagogues, je vous le dis : mon enfance laïque est bardée de crucifix et de murmures inopportuns…


NRE-épisode 1

Le 10 Janvier 2012 - NTE